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Tome neuvième.
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,, que dans l’esprit qui les apperçoit, il,) s’ensuit que nous n’avons aucune raison,1 de supposer l’existence de la matière. >,Id. ibid. p. II5. 119. Voye\ Qu ALITÉ ,Existence.

Voilà en substance les raisons du doc-teur Berckley. Leibnitz ajoute que quandnous examinons les propriétés des corps ,telles que nous les concevons , ces pro-priétés paraissent renfermer contradiction.De quoi les corps sont-ils composés, peut-«n se demander ? Qu’on cherche tantqu’on voudra une réponse à cette ques-tion , on n’en trouvera point d’autre,linon que les corps sont eux - mêmescomposés , & on redemandera ce quiforme les corps composants. II semblequ’il en faille venir à quelque chose quine soit point corps , & qui cependant for-me les corps que nous voyons. Mais com-ment cela est—il postîble ? On peut fairela même objection fur la cause de ladureté , qui tient de près à celle del’impénétrabilité. Ces deux propriétés ,ainsi que le mouvement & la diviíibilitéde la matière , font sujettes à des difficul-tés très-fortes. Cependant le penchant quenous avons à croire f existence des corps,fur le rapport de nos sensations, estsi grand,qu’il seroit fou de ne s’y pas livrer , &c’est peut-être le plus grand argument parlequel on puisse prouver que ce penchantnous vient de Dieu même : auíli per-sonne n’a-t-il jamais révoqué vraiment endoute l’existence des corps. Au reste cetteopinion de Berckley est encore exposéedans un ouvrage intitulé Dialogues entreHilas & Philoiioiis ( ami de l’esprit ). 11a été traduit depuis quelques années enfrançois par un homme d’esprit, métaphy-sicien subtil & profond. On voit à la têted’un de ces dialogues, une vignette dutraducteur extrêmement ingénieuse. Unenfant voit son image dans un miroir,& court pour la saisir , croyant voirun être réel ; un philosophe qui est der-rière lui , paroît rire de la méprise del’enfant ; & au bas de la vignette onlit ces mots adressés au philosophe : Qui drides ? fabula de te narratur.

Le principal argument du docteur Ber-ckley j, & proprement, le seul sur lequel

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roule tout l’ouvrage dont nous parlons,est encore celui-ci: " Notre ame étant» spirituelle , & les idées que nous nous" formons des objets , n’ayant rien de" commun ni d’analogue avec ces objets» mêmes, il s’eníuit que ces idées ne» peuvent être produites par ces objets.» L’objet d’une idée ne peut être qu’unen autre idée , & ne sauroit être une» chose matérielle ; ainsi l’objet de l’idée» que nous avons des corps , c’est l’i-» dée même que Dieu a des corps : idée» qui ne ressemble en rien aux corps, &» ne sauroit leur ressembler. >, Voilà ,comme l’on voit , le Malebranchismetout pur , ou du moins à peu de choseprés. L’auteur fait tous ses efforts pourprouver que son sentiment différé beau-coup du système du P. Malebranche ; maisla différence est si subtile , qu’il fautêtre métaphysicien bien déterminé pourl’appercevoir. Le P. Malebranche intime-ment persuadé de son système des idées& de l’étendue intelligible , étoit ferme-ment convaincu que nous n’avons pointde démonstration de l’existence des corps ;il emploie un grand chapitre de son ou-vrage à le prouver. II est vrai qu’il estun peu embarrassé de l’objection tirée dela réalité de la révélation, & il faut avouerqu’on le seroit à moins ; car s’il n’eft pasdémontré qu’il y ait des corps , il neTest pas que J. C. soit venu, qu’il aitfait des miracles, £?<;. auíli le PereMalebranche a-t-il de la peine à se tirerde cette difficulté. L’imagination de cephilosophe, souvent malheureuse dansles principes qu’elle lui faisoit adopter,mais astèz conséquente dans les conclu-sions qu’il en tiroit, le menoit beaucoupplus loin qu’il n’auroit voulu lui-même;les principes de la religion dont il étoitpénétré, pins forts & plus solides que tontefa philosophie , le retenoient alors fur-ie bord du précipice. Les vérités de la re-ligion sont donc une barnere pour lesphilosophes. : ceux qui les ayant consul-tées ne vont pas au-delà des bornes qu’ellesleur prescrivent , ne risquent pas des’égarer.

Berckley se propose une autre difficultéqui n’est pas moins grande que celle de