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la révélation : c’est la création , dont le •premier chapitre de la Genese nous faitl’histoire. S’il n’y a point de corps , qu’est-ce donc que cette terre , ce soleil , cesanimaux que Dieu a créés ? Berckleyíe tire de cette difficulté avec bien dela peine & avec fort peu de succès , &voilà le fruit de toute la spéculation mé-taphysique , c’est de contredire ou d’ébran-ler les vérités fondamentales. Il est fortétrange que des gens qui avoient tant d’ef-prit, en aient abusé à ce point ; carcomment peut-on mettre sérieusement enquestion s’il y a des corps ? Les sensa-tions que nous en éprouvons ont autantde force que st ces corps existoient réel-lement : donc les corps existent ; careorumdem effechium ecedem funt causce.Mais nous ne concevons pas, dit-on ,l’eííence des corps , ni comment ils peu-vent être la cause de nos sensations. Etconcever-vous mieux l’effence de votreame , la création , l’éternité, l’accord dela liberté de l’homme & de la sciencede Dieu , de sa justice & du péché origi-nel , & mille autres vérités dont il nevous est pourtant pas permis de dou-ter, parce qu’elles font appuyées, fur desarguments incontestables ? Taisez-vousdonc , & ne cherchez pas à diminuer pardes fophifmes subtils, le nombre de vosconnoislànces les plus claires & les pluscertaines , comme st vous en aviez déjatrop.
Nous avons exposé , quoique fort enabrégé , dans le Discours préliminaire del'Encyclopédie , p. ij. comment nos sen-sations nous prouvent qu’il y a des corps.Ces preuves font principalement fondéesfur l’accord de ces sensations , fur leurnombre , fur les esters involontairesqu’elles produisent en nous , comparésavec nos réflexions volontaires fur cesmêmes sensations. Mais comment notreame s’élance-t-elle , pour ainsi dire , horsd’elle-même , pour arriver aux corps ?Comment expliquer ce pastage ? Hocepus , hic labor efi.
Nous avancerons donc dans cet articlecomme un principe inébranlable , malgréles jeux d’efprit des philosophes , quenos sens nous apprennent qu’il y a des
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corps hors de nous. Dès que ces corpsse présentent à nos sens, dit M. Muss-chenbroeck, notre ame en reçoit ous’en forme des idées qui représentent cequ’il y a en eux. Tout ce qui se ren-contre dans un corps , ce qui est capabled’aíFecler d’une certaine maniéré quelqu’unde nos sens, de forte que nous puissionsnous en former une idée , nous íe nom-mons propriété de ce corps. Lorsquenous rassemblons tout ce que nous avonsainsi remarqué dans les corps , noustrouvons qu’il y a certaines propriétés quisont communes à tous les corps ' &qu’il y en a d’autres encore qui font par-ticulières , & qui ne conviennent qu’àtels ou tels corps. Nous donnons aux pre-mières le nom de propriétés communes ;& quant à celles de la seconde sorte ,nous les appelions simplement propriétés.
Parmi les propriétés communes il y ena quelques-unes qui se rencontrent entout temps dans tous les corps naturels,& qui sont toujours les mêmes ; il y ena d’autres encore qui, quoiqu’elles soienttoujours dans les corps , ont pourtantdes degrés d’augmentation ou de diminu-tion. Celles de la premiere classe fontl’étendue, l’impénétrabilité , la force d’i-nertie, la mobilité , la possibilité d’être enrepos, la figurabilité , &c. Celles de laseconde classe sont la gravité ou pesan-teur , & la force d’attraction.
II ne s’est trouvé jufqu’à présent ,selon M. Musschenbroeck , aucun corps ,soit grand ou petit, solide ou liquide ,qui ne renfermât en lui-même ces pro-priétés. II n’a même jamais été possibled’óter ou de faire disparaître par quel-que art que ce soit, aucune de ces pro-priétés , que nous appelions pour cetteraison propriétés communes. Plusieurs phy-siciens excluent pourtant la derniere.
Voye^ Attraction.
Les antres propriétés des corps sontla transparence, l'opacité, la fluidité,la solidité , la colorabilité , la chaleur ,la froideur, la saveur , l’insipidité , l’o-deur, le son, la dureté, l’élasticité , lamollesse , l’âpreté , la douceur , &c. Cespropriétés ne se remarquent que dans, certains corps ; & on ne les trouve pa&