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Tome neuvième.
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5)1 COR

Cette façon se donne seulement defleur : on fe sert pour cela du suc del’épine-vinette , qn’on a laisse macérer &fermenter pendant vingt-quatre heures,après lavoir écrasée. On lustre le côté defleur seulement, avec ce suc.

Quand la peau est lustrée , il ne resteplus qu’à lui donner le grain : on entendpar le grain , ces especes de gerçures qu’onapperçoit à la peau. Pour les commencer,on a plié la peau la fleur en dedans, &on Pa pressée á Petite en plusieurs sens ,comme nous Pavons dit plus haut. Etpour l’achever , on la dresse ou plie lafleur en dedans , après son premier lus-tre ; i c . de quatre faux quartiers , c’est-à-dire , des quatre coins , mais un peude biais ; 2 9 . de travers, c’est-à-dire , enlong , œil contre œil ; 3 9 . en large oude queue en tête : on fixe le grain enpressant fortement la peau avec l’étire ,fleur en dedans, dans tous ses sens. Puison passe la peau au second lustre , qui secompose de biere , d’ail, de vinaigre.,de gomme arabique , & de colle deFlandre , le tout bouilli ensemble, maisappliqué à froid. Ce lustre appliqué, onla plie & on la pend la fleur en dedans ,en faisant passer la cheville dans les deuxyeux.

Travail des veaux noirs à chair grasse.On les mouille d’abord, puis on les boutefur le chevalet jufqu’à la tête : le bou-toir est un couteau à deux manches, droit,peu tranchant ; c’est pourquoi on Rappelleausti couteau sourd. Après avoir bouté lapartie de la peau qui doit l’étre , on tra-vaille la tête avec la drayoire , ce quis’appelle dégorger. La chair étant un peuplus épaisse à la tête qu’ailleurs , on fel'ert du couteau à revers ou de la drayoirepour cette partie , & du couteau sourdpour le reste. Ces deux opérations nettoientla peau de la chair que le tanneur peut yavoir laissée. Après cela on la fait sécherentièrement, & on la ponce , c’est-à-dire , qu’on passe une petite pieire forte& dure fur-tout le côté de la chair , afind’achever de le nettoyer. Ce travail estsuivi de la manœuvre par laquelle on cor-rompt ; on corromps la peau de quatrequartiers, on la rebrousse de queue en tête,

C OR

on la met en suif, & on l’acheve commela vache.

Travail des moutons noirs. On commen-ce par les ébourrerà l’étire : ce travail lesnettoie du tan qui y reste attaché ; on lesmouille , on les foule & roule fur la claie ;on leur donne l’huile du côté de la fleurseu-lement ; on les met au bain d’eau fraîche,on en fait sortir seau à l’étire , ce quis’appelle écouler ; on leur donne le noir;on les repasse , on les retient ; on lesfeche entièrement ; on les corrompt ; onles rebrousse , & on les pare à la lunette.Le paroir est un chevalet qui n’est pasplus difficile á concevoir que celui du tra-vail des vaches noires , quoiqu’il soitfort différent. La peau est fixée à la par-tie supérieure sur un rouleau , ou sur unecorde au défaut de rouleau ; l’ouvrierpassé autour de lui la liíìere qui corres-pond aux deux branches de sa tenaille :cette lìsiere descend en bas de ses fessesqui la tirent suffisamment pour que la te-naille morde ferme l’extrêmité de la peau,l’approche de lui, & la tende ; la peaului présente la chair. Sa lunette est uninstrument de fer , semblable à un palet,d’un pié de diamètre ou environ , percédans le milieu , & tranchant fur toutefa circonférence ; les bords du trou fontgarnis de peau. L’ouvrier passe la maindans cette ouverture qui a six ou septpouces de diamètre , & conduit le tran-chant de la lunette fur toute la surfacede la peau , pour en enlever le peu dechair qui a pu échapper à l’étire. Le restedu travail s’expédie comme à la vachenoire.

Travail du cuir lissé. II n’y en a quede bœufs & de vaches. On les mouille,on les foule , on les tire á la pomelle,on les rebrousse , on les boute ; on encontinue le travail comme aux vachesnoires, jusqu’au suif qu’on donne très—fort, & à plusieurs reprises de fleur &de chair. On les met au bain à seaufraîche ; on continue, comme nous savonsprescrit pour la vache retournée, jusqu’ausecond lustre , après lequel on les meten presse entre deux tables pour les apçplattir. Pendant tout ce travail , on n’a nicorrompu ni dressé,