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Tome neuvième.
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Mais le noir n’est pas la feule couleurque les Corroyeurs donnent aux peaux ; ilsEn fabriquent en jaune, rouge, verd &blanc. Voici la maniéré dont la prépara-tion en est décrite dans le dictionnaire deCommerce. Nous ne répondons pas deleur succès , les ouvriers étant vraisem-blablement auíïi cachés, lorsque M. 8a-vari faisoit son ouvrage , qu’ils le font au-jourd’hui. Le jaune se compose de graine■d’Avignon & d’alun , demi-livre de cha-cun sur trois pintes d’eau , qu’on réduitau tiers. Le rouge', de bois de Brélil ,deux livres fur quatre seaux d’eau : réduisezle tout à moitié par l’ébullition ; tirez auclair , remettez sur le Brésil mème quan-tité d’eau que la premiere fois , réduisezencore à moitié par une ébullition de sixheures ; rejettez la premiere teinture furcette seconde , & laisièz - les toutesdeux environ deux heures fur le Brésil,& fur le feu. Le verd, de gaude ; mettezune botte de gaude fur six seaux d’eau ;laistèz bouillir le tout pendant quatre heu-res à petit feu ; ajoutez ensuite quatrelivres de verd-de-gris. Le blanc ne de-mande aucune préparation particulière ;c’est la couleur même du cuir passé enhuile ; couleur qui est d’autant plus belle,que le jaunâtre en est plus éclatant. Pourpasser ces peaux en blanc , on les com-mence comme pour les autres couleurs ;ensuite on les passe en huile , ou au dé-grais des Chamoiseurs. Voye ç Cha-MOISEURS. Quand elles font seches ,on les refoule à sec , on les corrompt ,on les rebrouíle des quatre quartiers ,on les réparé à la lunette ; on les re-foule à sec encore une fois , on lesponce , on les corrompt derechef & re-brousse de quatre quartiers ; & pour lesredresser de grain , on les corrompt detravers , & de queue en tête. On n’ap-prête ainsi que des vaches & des veaux ,qu’on appelle façon d’Angleterre.

La différence des teintures n’en apportepoint aux travaux. II faut seulement ob-server que celles qu’on destine à êtrepassées en jaune, ne se passent point enalun , parce qu’il en entre dans leur tein-ture. Voye\ P article ChAMOISEUR , furla maniéré de paster les peaux en couleurTome IX.

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jaune. Voici donc le travail qu’il faut don-ner aux peaux qu’on veut teindre. Oncommence par les brosser du côté de lafleur avec des broíìès ni molles ni rudes ;on les trempe dans l’eau , on les fouledans l’eau, on les défonce au sortir deseau ; on les d raye , boute ou éboure ,selon leur qualité ; on les seche , on lesremet au bain pour peu de temps ;on les refoule dans ce bain, on les écouleà l’étire , on leur donne une huile légeredu côté de chair seulement, on les metà eílorer ; on les retient avec une étirede cuivre , on les seche entièrement ;on les humecte avec le gipon d’une eaud’alun, faite d’une livre de cet ingré-dient fur trois pintes d’eau , on les metessorer ; on les défonce , au moins pen-dant deux à trois heures ' r on continue letravail , crépissant des quatre quartiers ,rebroussant de travers , & séchant entiè-rement jusqu’au moment où il faut lesteindre : alors on leur donne de fleur lacouleur qu’on souhaite, d’abord de queueen tête , puis de travers. On les metsécher, on leur donne la seconde cou-leur quand elles font toutes seches , o mles rebrousse , & on les finit comme lesvaches retournées. Cela fait, on les dé-crasse au couteau de revers fur le che-valet ' on les ponce , on les retire desquatre quartiers & de travers ; on leurdonne leur lustre , avec le blanc d’œufbattu dans une pinte de la couleur ; onles seche entièrement , ou on les essoreseulement ; on a une lisse de verre , & onla passe sur toute la peau. La lisse desCorroyeurs n’est pas différente , ni pourla matière , ni pour la forme de celledes 1 ingérés ; elle est seulement plus pesan-te & plus forte.

Travail des vaches e'tirées. Aprèsqu’elles ont été mouillées, on les rebrousseavec une pomelle à larges dents , fans lesavoir foulées ni défoncées ; on les drayeau chevalet, on les rebrousse des quatrequartiers & de queue en tête; on les mouil-le de fleur & de chair, avec un giponde serge, mais le mouillage est léger dechair ; on les étend fur la table , on lesretient avec l’étire de cuivre , puis on lespreste à demi-seches entre deux tables.

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