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Histoire. L’histoire de ce peuple offreune suite de révolutions, que nous allonsparcourir rapidement. Hérodote nous ditque les premiers habitants de file fu-rent des Phéniciens qui la nommèrentCollifia , & qu’au bout de huit généra-tions ils furent accrus par une colonie deLace'démoniens, fous la conduite de The-ras, d’où elle prit le nom de Thera.Herod. h b. IV. 147 , 148. Dans la fuitefile prit le nom de Cyrnos , du nombrede fes promontoires, líìdor. Origin. lib.XIII. c. 6. L’origine du nom de Corsaqu’elle porta ensuite est fort incertaine.Les Carthaginois en firent ensuite la con-quête. Elle paílâ fous la domination desRomains, vainqueurs de Carthage , en-viron Pan 193 de Rome. Tit. Liv. lib.XVII. Plusieurs fois ces peuples fe sou-levèrent contre leurs maîtres , & furentréprimés, mais jamais les Romains n’yfurent possesseurs tranquilles.
A l’irruption des barbares, les Gothsi’emparerent de la Corse, & y établirentle gouvernement féodal , auííì barbarequ’eux. Procop. de bello Goth. III. 24.Dès-lors , & pendant plusieurs siécles,cette île fut le théâtre obscur, mais san-glant , de divisions cruelles , dont il nereste aucune histoire.
Enfin , les Sarrasins devenus puissants ,s’en emparèrent, environ le VIII e siecle ,& la défendirent long-temps. Il est appa-rent quec’est eux.qui lui donnerent le titrede royaume.
Bientôt les papes formerent le desseind’annexer ce royaume à leur territoire.Grégoire VII publia enfin un bref, en1079 , qui le déclarait un domaine de lamouvance du saint siégé. D’autres pré-tendent qu’un Roi de France en fit ladonation au pape.
Les Génois fe prévalant de I’état agité& incertain de cette île , établirent en1193 , une colonie à Bonifacio : & dès8 16, Hugues Colonna vint en Corse, avecdes troupes du pape qui remporteront degrands avantages fur les Sarrasins infi-dèles.
Cependant Pétat de Pile étoit tou-jours flottant ; mais en 1091 , Urbainïí en disposa en faveur de Pévêché de.
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Pise , par un bref, avec des réserves pourle saint siégé.
Les Génois , toujours occupés de leurprojet fur le royaume de Corse , rivaux desPifans, gagneront fur ceux-ci la bataillede Malora , devinrent les maîtres de Pise,& fe mirent en état de l’étre de la Corse ,vers le milieu du xive siecle.
Cependant Boniface VIII, pour assurerau saint íiege le fief de ce royaume tantdisputé , Pavoit donné fous ce titre,par une bulle, en 1297, à Jacques II,roi d’Aragon , avec la Sardaigne , & celui-ci en fit hommage en 1305 ; & en 1325,le pape Jean XXII exigea le renouvel-lement du même hommage. Alphonse suc-cesseur de Jacques, fit folemnellementun pareil acte , en 1433 , à Benoit XII ;& Pon voit encore un bref d’Eugene IV,de Pan 1446 , par lequel il établissoitPévêque de Ferrare gouverneur de laCorse.
Gênes s’occupoit toujours des moyensde former des établilfemens dans cette île,dont elle vouloir être souveraine , tandi»qu’elle reconnoissoit la mouvance de sonpropre territoire envers Pempire , dontelle donna des témoignages formels, dansles années 1396 & 1438 , lorfqu’elle femit sous la protection de la France, aveccette réserve expresse , sauf les droits deVempereur & de Vempire.
Mais les Génois, dont la souverainetésur la Corse n’étoit point reconnue alorsdes autres puissances, faisoient de conti-nuels efforts pour la maintenir fur cespeuples avec lesquels ils avoient de per-pétuels démêlés. Enfin, toujours incer-taine dans cette possession, la républiquefe détermina en 1463 , de céder fes droitsà François Sforce , duc de Milan , à laréserve des deux places de Bonifacio &de Calvi, qu’elle garda pour avoir toujoursun pié dans ce royaume, l’objet de ionambition qui lui a coûté plus d’argentqu’elle 11’en a tiré , malgré la dureté queles Corses lui ont si souvent reprochée.
On voit qu’en 1478 le fils de ce ducde Milan établit encore un gouverneur enCorse. Mais en 1481 , Louis-Marie Sforcealiéna cette île en faveur de Thomafiusde Campo Frégoso.