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Bientôt après les Génois se trouvèrent lesseuls maîtres de cette île. La France feuleréclama quelquefois ses droits , qui, aprèsla perte de la bataille de Pavie, parurentensevelis ; tandis que les Corses , toujoursj.doux de leur liberté , se plaignoient sou-vent du gouvernement Génois. Plus d’uneibis ils prirent les armes, mais n’ayantpas de chefs capables de les conduire , ilscroient bientôt accablés, & peut-êtretrop sévèrement punis.
Henri II, roi de France, en recom-mençant la guerre contre Charles-Quint,entreprit une expédition contre la Corse.De Thou. ïliiì- L XII. c. i. II avoirlieu dette mécontent des Génois quiavoient embrassé le parti- de P empereur.Une flotte débarqua en 1553 des troupesen Corse, fous le commandement de Paulde Thermes , accompagné de Sampierrod’Qrnano, noble Corse , & de Jourdaindes U ríìns. L’adminiitration de l’ile avoiralors été remise à la banque de S. Geor-ges de Gênes. André Doria , quoiqu âgéde 87 ans , à la tète de la jeunesse Gé-noise, & d’un secours fourni par l’empe-reur , s’embarque. Les Corses s’unissentavec les François , & il se fit de part &d’autre des prodiges de valeur. Enfin onconclut un traité avantageux aux insulai-res , fous la garantie de la France. Henriétant mort, les rigueurs des Génois re-commencèrent , & les plaintes des Corsescontinuèrent: Sampierro d’Ornano repassaen Corse , soutint encore les mécontents ;mais il fut assassiné en 1567 ; les uns disentque ce fut par la perfidie des Génois,d’autres le nient. De Thon. Hifl. XLI.31. II est certain que les Génois fe ven-gèrent trop sévèrement des insulaires, quin’en devinrent pas plus fideles. 11 n’étoitplus permis aux Corses d’exporter leursproductions, qu’ils étoient forcés de ven-dre , fans concurrence, aux Génois, maî-tres du prix. Tous les deux ans , 011 en-voyoit un Génois comme gouverneur,qui ne pensoit, à ce que disent les Corses ,qu’à s’enrichir ; & fi l’on portoit des plain-tes au sénat, le crédit étouffoit le cri deía justice. Les commissaires inférieurs & leslieutenants suivoient le même exemple ,avec une pareille impunité.
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Ce fut au milieu de tant de méeonten-temens, que la république recueillit &envoya en 1677 une colonie de Grecs dela Morée en Corse , au nombre de milleâmes. Elle devoir jouir dans ce pays toutcatholique , du libre exercice de la reli-gion grecque : nouveaux sujets de mécon-temens, & sujets perpétuels de divisions& de guerres.
Après une fuite de mouvemens , plusou moins violents , & plus ou moins vîteréprimés, les Corses s’ameuterent de nou-veau en 17Z9 , par l’imprudence d’uncollecteur de l’impôt Génois , qui voulut,pour être p yé , saisir les effets d’une pau-vre femme. Ils Ce choisirent deux chefsqui s’emparerent de la capitale. Gê-nes , après bien des efforts , eut recours àl’empereur Charles VI, qui envoya d’aborddes troupes insuffisantes. Leur mauvaissuccès détermina la cour de Vienne à yenvoyer une plus forte armée. Les Corsesfe prêterent alors à un accommodement,dont Fempereur fut le garant , & qui futsigné en 1733.
Dès l’année suivante les Corses repri-rent les armes , soutenant que les Génoisavoient violé le traité. Ce furent des com-bats continuels jusqu’à l’apparitiondu baronThéodore de Neuhoff , du comté de laMarck en Vestphalie , qui fut proclaméroi de Corse en 1736. II ne finit pas Pannéefur son trône , & fugitif de lieu en lieu ,arrêté à Londres pour dettes, il dut faliberté au bénéfice de Pacte d’insolvabilité.Depuis M. Horace Walpoole fit remplirune souscription qui l’aida à subsister. IImourut à Londres en 1736.
Cependant Gênes ne pouvant réduireles rebelles eut recours à la France , quienvoya en 1738 , des troupes pour soute-nir fa médiation & pour combattre lesCorses. Après plusieurs combats & beau-coup d’exécutions séveres, les Corses furentc ont aints de rendre les armes à la fin de1739 , & en 1740 ,• route Pile fut soumiseà la France ; à la fin de 1741 , les trou-pes Françoises remirent file aux Génois6 c fe retirerent.
A peine furent-ils parfis, que les trou-bles recommencèrent. Dans la fuite F An-gleterre & le roi de Sardaigne parurent