c o s
îe'tude fait mes délices. Par M. le Cheva-lier DE jAUCOtFRT.
COSA , ( Geog. moi. ) petite riviered’Italìe dans la campagne romaine , quise jette dans le Carigliano.
COSAQUES ( les }, Ge'ogr. HUIC’est le nom qu’on donne à un peupleguerrier, qui habite les parties les plusméridionales de la Moscovie , & sur-toutce qu’on appelle la petite Ri/jJIe n lan-gue Moscovite , molaia Rojjía. 11 y atoute apparence qu’ils sont Rustes d’ori-gíne. Quoiqu’il y ait une grande ressem-blance entre la langue Polonoise & laMoscovite , celle des Cosaques a cepen-dant plus d’aísinité a-vec cette derniere.Leur religion est la même ; ils suivent lerit Grec , ils y sont même fort atta-chés : & s’ils n’ont pas apporté cette re-ligion de leur premiere patrie , où elleest généralement suivie , on ne sauroitdire en quel temps ou à quelle occasionils l’ont embrassée.
II seroit intéressant de savoir commentils se sont séparés du gros de la nationpour faire un peuple à part, pour vivrefous des loix toutes différentes , & pourétablir entr’eux une forme de gouverne-ment toute militaire , & qui n’a rien decommun avec celui de la nation dont ilsfont descendus. Un habile homme a donnélà dessus certains détails curieux , que lecélébré Busching a transcrits dans son ou-vrage ; nous allons en donner le précis.
Les anciens Moscovites peu reíièm-blants à ceux de nos jours, qui se mon-trent si bien lorfqu’il s’agit d’attaquer unennemi ou d’en repouíìer les asiàuts ,étoient en quelque façon le jouet de cesmêmes Tartares que les Russes dans laderniere guerre , ont si facilement sub-jugués , malgré la protection de í’empe-reur des Turcs. Ces peuples faisoient au-trefois d es courses fréquentes dans la Russe,ils en ont quelquefois même traité les sou-verains avec la derniere indignité : lesprovinces les plus voisines de leur payseurent le plus à souffrir de leurs ravages. Cequ’on nomme aujourd'hui la petite Russe ,ou l ’Ukraine , étoit la principale provincede ce vaste pays. Les souverains y ontfait leur résidence dès le temps du grand
C O S ;8r
duc Igor , jusqu’à celui d’André Jurge-witsch Bogolubskoy, qui en l’année 1157,transféra le siégé de la souveraineté deKiovie à Wolodimer : dès-lors il y eutdans cette ville des princes indépendants.En 1240 , les Tartares , fous la conduitede leur chan Bâti , fe rendirent maîtresde Kiovie & dévastèrent le pays ; ils yabusèrent étrangement de leur pouvoir :ils établiílòient & déposoient à leur gréles princes des Russes dans le district decette derniere ville & ailleurs. L’an 1320,Gedimin , grand duc de Lithuanie , mitune fin à la domination des Tartares : ilvainquit Stanillau , prince de Kiovie , quidescendoit des anciens grands ducs deRusse , & s’étant rendu maître de la ville ,il y établit un gouverneur.
C’est vraisemblablement de cette épo-que qu’il faut dater le commencementdes Cosaques. La haine d’une dominationétrangère obligea plusieurs des ancienshabitants à s’expatrier , & à chercher uneretraite aux environs de T embouchure duBoristhene , qu’on nomme aujourd’hui leDnieper.
Ce fleuve , avant que d’entrer dans lamer Noire , forme une efpece de lacd’aííèz grande étendue , & un grand nom-bre de petite îles : plus haut on trouvetreize cataractes ou chûtes d’eau qu’onnomme communément les trei\e porovisdu Boriflhene. Une situation commecelle là , étoit propre à fe défendre , &les attaques fréquentes que ces fugitifsavoient à effiiyer de la part des Tarta-res , des Lithuaniens & des Tolonois, &Pobligation de repousser tant d’ennemis,les mit dans la nécessité d’établir parmieux un gouvernement militaire , très-différent de celui fous lequel ils avoientvécu jusqu’alors. On ne peut guere en fixerle commencement avant cette époque.
Des établissemens de cette nature ne fefont pas tout d’un coup. Une seconde irrup-tion que les Tartares firent en 1415 , danslaquelle ils fe rendirent encore maîtres deKiovie , augmenta vraisemblablement lenombre des fugitifs. Une troisième causeput y contribuer : Casimir , fils de Jagel-Ìon , roi de Pologne , entreprit d’unir àla Pologne la principauté de Kiovie. It