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Tome neuvième.
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d’occuper le pays qui s’étend delà jusqu’àKiovie. II augmenta aussi leur territoire al’orient du Dnieper , d’un quartier de paysde vingt milles d’étendue.

Terechtemirow devint la capitale desCosaques , au lieu de Tíchirkaski , quil’avoit été' jusqu’alors. Elle fut la résidencede I’hetmann ou de celui qui en íàisoitles fonctions. On y confervoit les titres& les franchises de la nation. C’étoit laplace d’armes & le rende/-vous des trou-pes quand elles vouloient entrer en cam-pagne. Les Cosaques dévoient fe fournireux-mêmes d’armes & -de munitions, &faire la guerre à leurs dépens, à moinsqu’on ne veuille donner le nom de paie àquelques préfens que le roi saisoit annuel-lement à chaque soldat, & qui consis-toient en une peau de bœuf, un ducat& une peliílè. Un certain nombre d’en-tr’eux restoit constamment auprès du chef,il étoit permis aux autres d’habiter dansles villages. Par cet arrangement, on avoirpourvu à la culture du pays en même tempsqu’à fa défense.

Cette bonne intelligence entre le roi& les Cosaques dura peu de temps. Sigis-mond III, successeur d’Etienne , ne sentitpas tout l’avantage qui en revenoit auroyaume : il vouloir les gêner dans leursexpéditions, retrancher quelques-uns deleurs privilèges, donner aux Polonois lespremieres dignités, faire dépendre le het-mann des Cosaques du général de la cou-ronne. Pluíieurs nobles Polonois bâtirentdans leur pays des bourgs & des villa-ges , & après y avoir attiré des habitantsà force de promesses , ils prétendirent lestraiter en esclaves. Le clergé romain s’yintroduisit : on plaça à Kiovie un évêquecatholique romain , à côté du métropo-litain Russe ; on chercha à réunir P églisegrecque de ce pays au siégé de Rome , &dans un efpece de concile , tenu à Preste,en Lithuanie, en 1595 , on persuada auclergé de la petite Russie de renoncer àl’obédience du patriarche Grec de Cons-tantinople , pour reconnoître la supré-matie du pape.

Toutes ces vexations émurent ce peu-ple qui crut enstn devoir soutenir sa reli-gion & les droits de fa patrie par la force.

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II en résulta une guerre qui dura troisregnes avec une alternative de bons &de mauvais succès. Enfin Bogdan Chmel-nizki, homme actif & très - intelligent,que les Cosaques avoient choisi pour leurhetmann , finit ces troubles. II avoit re-marqué que les Polonois piomettoientbeaucoup , quand le besoin de leurs affai-res le demandoit , & qu’ils tendent

peu quand elles avoient changé de face. IIcrut que fa nation ne pouvoit rien fairede mieux que de se réunir à celle dontses ancêtres avoient fait partie , en se sou-mettant aux czars de Moscovie, dontles prédécesseurs avoient eu droit fur lapetite Russe que les Polonois retendentinjustement.

Le traité se conclut le 6 Janvier 16Ç4,à Peréastawl, ensuite de quoi les villes& les habitants du côté oriental du Dnie-per , ainsi que la capitale de la provincede Kiovie , suivirent l’exemple des Cosa-ques ; Chmelnizki avoit porté les forcesmilitaires des Cosaques à quarante millehommes, & les avoit partagés en quinzecorps, dont la plus grande partie avoitfa demeure à l'occident du Dnieper &portoit le nom des villes qu’ils habitoienf,comme de Tschigirin , Tschirkaski, &c.dès-lors ce nombre fut porté à soixantemille hommes, & divisés en dix corps quiétablirent leur demeure à l’orient du fie ri-ve , & prirent les noms des villes princi-pales de ce quartier de pays.

Pendant que la guerre duroit entre lesPolonois & les Cosaques , plusieurs fa-milles quittoient journellement la riveoccidentale du Dnieper pour s’établir ducôté opposé. Enfin l’ancien pays qu’ilsoccupoient , ne se trouva plus suffisantpour l’entretien de tous, ils furent con-traints de s’étendre toujours plus versl’orient, du côté de Belgorod , fur lesfrontières de la Crimée , pays alors inha-bité , mais très-fusceptible par sa naturede bonifications. Là fe formeront les cinqrégimens Slobodiens, connus fous les nomsde Achtirka , de Sumi , de Charkow -,Slsum & de Rybna ou Oflrogoschk.L’établissement de ces colonies commençaen 1651 : elles se trouvèrent tellement aularge, qu’elles purent en 1659 , recevoir