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Tome neuvième.
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c o s

imagination & leur oisiveté. Newton ,sans s’épaiser en raisonnemens fur le sys-tème d’un autre univers, a fait plus dedécouvertes qu’aucun autre philosophe dansle système de celui que nous habitons. Necherchons point ce que les corps pour-roient être dans un monde imaginaire ;contentons - nous d’ignorer ce qu’ils fontdans celui-ci. (O)

COSMOGONIE, s. f. ( Phyfiq. ) estla science de l’Univers. Ce mot est for-mé de deux mots grecs, x.óíf/.of , monde ,y il vouai , je nais. La Cosmogonie différéde la Cosmographie , en ce que celle-ciest la science des parties de l’Univers,supposé tout formé, & tel que nous levoyons ; & elle différé de la Cosmologie ,en ce que celle-ci raisonne sur l’état actuel& permanent du Monde tout formé ; aulieu que la Cosmogonie raisonne sur l’étatvariable du Monde dans le temps de faformation. Voye\ COSMOLOGIE.

De quelque maniéré qu’on imagine laformation du Monde , on ne doit jamaiss’écarterde deux grands principes: i u . ce-lui de la création ; car il est clair quela matière ne pouvant se donner l’exis-tence à elle-mème , il faut qu’elîe l’aitreçue : 2 °. celui d’une intelligence su-prême qui a présidé non-seulement à lacréation , mais encore à l’arrangement desparties de la matière en vertu duquel ceMonde s’est formé. Ces deux principes unefois posés , on peut donner carrière auxconjectures philosophiques, avec cette at-tention pourtant de ne point s’écarterdans le système qu’on suivra de celui quela Genèse nous indique que Dieu a suividans la formation des différentes partiesdu Monde.

Ainsi un chrétien doit rejetter toutsystème de Cosmogonie , par exemple,où les postions fer oient existants avantle soleil ; parce que Moyse nous apprendque le soleil fut fait le quatrième jour ,& les poiffòns le cinquième. Mais onauroit tort de taxer d’impiété un physi-cien qui penserait que les poissons onthabité le globe avant l'hcàme, puisqu’ilest écrit que l’homme ne fut créé quele dernier. Ainsi sauteur d’une gazettepériodique a sottement accusé l’illustre

C O S tfçt

secrétaire de l’académie des sciences d’avoirdit que le s poissons ent été les premiershabitants du globe ; car cela est très-con-forme au récit de Moyse.

C’est encore une chose qu’il est très-permis de soutenir , suivant le récitmême de Moyse , que le chaos a existéavant la séparation que Dieu a faite deses différentes parties. Voyez l’articleChaos.

II doit être très-permis de dire avecDescartes, que les planètes , & la terreen particulier , ont commencé par êtredes soleils qui se sont ensuite encroûtés,parce que le récit de Moyse n’a rien decontraire à cette supposition. La Physiquepeut la réprouver ; mais la religion l’aban-donne à nos disputes. 11 doit être permisde dire que la formation de ce Monden’a dépendu que du mouvement & de lamatière différemment combinés ; parce queDieu auteur seul de la matière & du mou-vement n’a employé certainement que cesdeux principes pour l’arrangement duMonde ; mais les a employés avec uneintelligence dont lui seul est capable , &qui seule est une preuve de son existence.On doit donc être extrêmement réservéà taxer d’irréligion les philosophes quiproposent un système de Cosmogonie ,lorsque ce système peut s’accorder avecle récit de Moyse ; & il ne faut pas crain-dre qu’on leur donne par-là trop d’avan-tage. Dans le système de Newton , parexemple, l’impulíion une fois donnée auxplanètes, & l’attraction supposée, le sys-tème du Mónde doit subsister en vertudes seules loix du mouvement. 11 sembled’abord que ce système favori!e l’Athéis-me, en ce qu’il ne suppose autre chosequ’un premier mouvement imprimé, donttout le reste est une suite, & qu’il , n’apas recours à faction continue de 1 Etresuprême. Mais qui a pu donner ce premiermouvement, & qui a établi les loix envertu desquelles il se conserve ? Ne fera-ce pas toujours l’être suprême ? 11 en estainsi des autres. La philosophie de Dé-mocrite qui attribuoit tout au hasard &au concours fortuit des atomes , étoitimpie ; mais une physique , qisi, en ré-duisant tout au mouvement différemment