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Tome neuvième.
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6io COT

bois se gonflent & changent de forme

dans seau.

Le fil de coton ne s’emploie facilementqu’autant qu’il est bien file , & qu’on nel’a point fatigué par trop de travail. IIest donc à propos de le manier le moinsqu’il est possible ; c’est pourquoi les In-diens , qui ont senti cet inconvénient,ourdirent leur toile avec le fuseau mêmesur lequel le fil a été filé.

Ourdir le coton , c’est lui donner leslongueurs nécessaires pour en faire latrame & la chaîne , & l'arranger de ma-niéré qu’on puisse le teindre fans le mê-ler. Pour y parvenir , on fait passer le filíur l’ourdistòir , qui consiste en des che-villes placées par couple dans une mu-raille , à la distance d’un pié les unes desautres , toutes fur une même ligne ; deforte que fur une longueur de trente-quatre aunes, il fe trouve cent vingt cou-ples de chevilles. C’est le long de ceschevilles que l’on place le fil , en lecroisant de cheville en cheville, & en leramenant ensuite au premier point donton est parti, & en réitérant de la sorte.On nomme ces croisures des encroix ; on enfait jufqu’à vingt qui font ensemble le nom-bre de quarante fils, qu’on nomme une por-tée. L’on marque ces portées en les atta-chant par la tête avec du gros fil, en forteque tout le coton de la fileuse étant portéà l’ourdiíïòir , il se trouve partagé parpetits paquets de quarante fils chacun ,fur une longueur de trente-quatre aunes.

Un des principaux avantages de cetourdissage est de pouvoir comparer uneportée de quarante fils, dont le poids estinconnu , avec une pareille portée dontle poids est connu , & juger dans l’inf-tant, par le volume de l’une & de l’autre ,de la fineíïb du fil de la fileuse, & ,par la langueur de P ourdissoir , de laquantité du fil. Cette méthode intéressela fileuse à faire son fil le plus fin qu’illui est possible , parce que la finesse luiest plus payée que la longueur. On jugeen même temps de Légalité du fil, car l’i-negalité des portées en poids avertira del’inégalité du fil en grostèur.

Le fil de coton ainsi placé fur l’our-dissoir, a Pair d’une véritable chaîne,

COT

dont tous les maillons font représentés paíautant d’échevaux qui ont chacun deuxcentaines. Un avantage de cette chaîneainsi disposée, c’est de pouvoir donnertoutes sortes d’apprêts à ce coton, le teindre& même le blanchir, fans craindre dePendommager , de le mêler , ou d’enperdre pendant ces différents travaux.

Le fabricant pourvu de nombre de ceschaînes provenant de diverses fileuses,en dispose pour les opérations de sonmétier ; il destine pour trame celui quiest le moins parfait, & les assortit sui-vant leurs qualités & finestês. Les cotonsétant teints ou blanchis , on déplie leschaînes & on les étend aux chevilles del’ourdistòir, pour les dresser, les alonger& les mettre au même état qu’eliesétoient avant ces différentes opérations.

Outre la nécessité d’ourdir les chaînesde coton à cause de leur délicatesse , onsent qu’il y a beaucoup d’économie. Com-bien ne faudroit - il pas de temps pourdévider le coton ? Mêlé, crépi par lateinture , il seroit sûrement haché , s’iln’étoit soutenu par les encroix ; & ledéchet occasionné fur un fil aussi fin ,après tant d’opérations deviendroit très-considérable.

L’ourdissoir du fabricant ne différéen rien de celui de la fileuse ; il est demême longueur & du même nombre defils ; & si Pouvrier fe borne à fabriquerdes toiles blanches ou toutes d’une mêmecouleur, il ne lui faut qu’un seul rangde chevilles ; mais s’il s’agit d’ourdir destoiles mêlées de couleurs différentes , ilfaut mettre à l’ourdissoir autant de rangsdifférents de chevilles qu’il entre dediverses couleurs dans le dessein de latoile , & un rang de plus pour rece-voir toutes les couleurs mises en ordre pourfournir les rayures de la chaîne.

Lorsque la chaîne blanche ou de cou-leur mêlée est complette , on paíîe delongues baguettes au lieu & place deschevilles de Pourdiíïòir, pour la mettreen état de recevoir les apprêts. Ces ba-guettes doivent être plus longues que latoile ne doit être large , rondes , d’urabois qui ne communique point de cou-leur au coton, unies, légèrement cirées,