C 0 T
rouets que M. de Montaran a fait venirde la Chine ; par leur méchanique ils fontsemblables à ceux du Levant , & ils n’endisse, ent que par la grandeur. Les fileufess’y étant exercées , on a trouvé que lafilature étoit la meilleure qu’on pouvoitfaire ; c’eít pourquoi le conseil ayant étéinformé que cette façon cíe filer & d’ar-conner étoit très-bonne, a donné un arrêtíe 21 décembre 1756 , par lequel SaMajesté autorise le sieur Flachat , direc-teur des établissemens Levantins & de lamanufacture de S. Chamond , â continuerJ es opérations d’arçonnage , filature &teinture qu’il a commencées dans fa ma-nufacture , lui permet en conséquence d’ypréparer & teindre suivant les procédésusités dans le Levant, tant pour son usageque pour celui du public , toutes fortesde cotons, foies, poils de chevre , fils,& autres matières premieres, dérogeantà cet effet à tous privilèges à ce con-traires ; ordonne auífi Sa Majesté que lesouvriers dudit Flachat , tant Grecs qu’au-tres étrangers , après trois ans consécutifsde travail dans ladite manufacture , joui-ront du droit de naturalisé & de l’exemp-tion de toute imposition & charge pu-blique pendant leur vie ; que six de ses.principaux ouvriers seront exempts de lamilice ; fait très-expresses inhibitions &d fenses à toutes personnes de le troublerdans ^exploitation de ladite manufacture, àpeine de tous dépens, dommages & intérêts.
Le filage du coton se fait sur les rouetsà filer le fil, mais dont la roue est beau-coup moins grande , pour en rendre lemouvement moins fort. On file le cotonen le tirant à mesure de dessus la carde.
L’écheveau pèse depuis 20 jusqu’à 30grains, selon l’adresse de la fileuse ; aureste, il est à propos de savoir qu’un éche-veau de coton contient toujours 200 aunesde fil, & que le numéro qu’il porte estle poids de ces 200 aunes, d’où l’on voltque plus le poids de l’écheveau est petit,la longueur du fil demeurant la même ,plus il faut que le fil ait été filé fin.
Les ouvrages faits ave le coton préparéde la maniéré que nous venons d’expliquer,font mousseux, parce que les bouts desfilamens du coton paroissênt fur les toi-
C O T 6iA
les qui en font faites. C’est cette efpece demousse qui fait donner le nom de moufl'e-line à toutes les toiles de coton fines quinous viennent des Indes, & qui en effetont toutes ce duvet. Pour réformer ce défautqui est très-considérable dans les mousseli-nes très-fines , il faut séparer du coton tousles filamens courts qui 11e peuvent être prisen long dans le tors du fil ; c’est ce qu’onappelle étouper.
Pour étouper, on choisit les plus bellesgousses dont le coton soit fin & long ; onle charpit, on le démêle sur les cardes,on l’enleve avec les doigts , & on le metfur quelque objet rembruni qui donne lafacilité de le voir, de l’arranger & detirer celui qui est le plus long, que l’onpeigne derechef. Par ce moyen , on ob-tient les brins le plus longs, qui fontpropres à faire des fils très-fins.
Lorsqu’on veut donner encore plus deperfection au coton & le lustrer, on prendcelui que l’on tire des cardes , on en faitdes petits flocons gros comme une plume ,ayant foin de rassembler les filamens lon-gitudinalement ; on les tord, & en lesdétordant, on voit que le coton s’eílalongé, & qu’il a pris du lustre commede la foie. Le fil de coton ainsi préparésert à faire des toiles très-fines; les ou-vrages qu’on en fabrique font ras & lustréscomme de la foie.
On mêle quelquefois ensemble plusieursqualités de coton ; cette opération fessaitlorsque le fil est encore en flocons. Onmet fur la carde un nombre de floconsd’une telle qualité , & une certaine quan-tité d’une autre, suivant Fusage qu’on enveut faire. Les indiens ne connoiílentpoint ces mélanges : la diversité des efpe-ces de cotons que la nature leur fournitles met en état de satisfaire à toutesles fantaisies de Fart.
Si l’on faifoit usage du fil de coton ausortir du rouet, il auroit le défaut dese friser comme les cheveux d’une perru-que ; il manqueroit de force ; il seroitcassait. Pour y remédier, on fait bouillirles fuseaux tels qui sortent de desius lerouet, dans de 1 eau commune, l’eípace d’uneminute : c’est pour résister à ce débouilliqu’on fait les fuseaux d’ivoire ; ceux de