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fe voient dons les vallées entre les hautesmontagnes ; on comprendra que cettedisposition n’est point ausii uniforme quele suppose le célébré Linné. On íe con-vaincra même que l’on ne sauroit admet-tre aucune réglé d’uniformité dans cettestratification. Combien de fois ne trou-ve-t-on pas sous une couche de terre ,un lit de pierre arénacée , qui porte furun lit d’argiile ou de marne ? Celui-cifera suivi d’une couche de pierre calcaireou de marbre : quelquefois cette pierrecalcaire forme la croûte extérieure , oùl’on trouve des coquillages pétrifiés. D'au-tres fois ces corps marins reposent à lasurface dans un lit de fable, ou dansune couche de marne ; on les trouvemême quelquefois ensevelis & pétrifiésdans la couche supérieure d’une rochemêlée. En un mot, par-tout j’ai observéune stratification , dans les montagnesde la Suisse, le Jura & les Alpes , furles Appennins , fur les Crapacs , fur lesmontâmes de la Silésie, de la Saxe &de la Bohême ; mais je n’ai su apperce-voir nulle part ces bandes uniformes &étendues, ni ces couches arrangées selondes réglés constantes, que tant de voya-geurs & de favans ont supposées & décri-tes. Très-íouvent, à la surface même,j’ai observé , à une assez grande profon-deur , un mélange de terres , de pierresaikalines , de gypseufes, de vkrefcibles& d’argiîleuíes confondues avec des reliesde végétaux ou d’animaux ; images d’unbouleversement considérable ; & quelque-fois j’ai vu les veíliges de ce boulever-sement , sous une ou deux couches , quiparoiííòient régulières & entieres. Le désird’expîiquer cette structure & {'origine deces couches a enfanté les hypothèses ;& l’hypothefe adoptée , on n’a recueilliou vu que les faits & les phénomènesqui s’y adaptoient.
Si l’on avoir bien considéré que nousconnoissons à peine la premiere croûtede notre terre , & que les mines les plusprofondes , encore très - rares fur notreglobe, ne vont pas á la huit-miliiemepartie de son diamètre, on an roi t com-pris que nous étions bien éloignés depouvoir composer les élémens d’une géo-
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graphie souterraine , & encore plus d'ex-pliquer la‘ formation de ces couches. Lesefforts que M. Buache a tentés poureíïàyer de décrire la charpente de notreglobe, & la liaison des chaînes de mon-tagnes & de leurs couches , ne font pascependant inutiles , pourvu que l’on nes’imagine pas d’en savoir afíèz pour éta-blir une explication. Mém. de l’Acad ,de Paris, 1752. On pourroit proposer,fans contredit, bien des doutes ou desexceptions contre les conclusions tropgénérales de M. Guettard qu’il a expo-sées dans fa Cane mine'ralogique , furla structure & la situation des terrainsqui traversent la France & l’Angleterre.Mém. de l’Acad. de Paris, 1746. Riende plus utile que de rassembler ainsi desfaits &: des observations ; mais il fau-drait ne pas tirer trop tôt des conséquencesgénérales, & jamais ne bâtir d’hypotlie-íes. Deux mille ans d’obfervations nesuffiront peut-être pas pour mettre leshommes en état d’expliquer ce cu’ils préten-dent déja aujourd’hui de si bien savoir.O.i peut voir dans l ’lïijloire du charbonde terre & de ses mines , par M. Morand ,.plusieurs descriptions assez détaillées desdiverses couches terrestres, observées endifférents pays, dans les excavactions en-treprises pour tirer ce minéral. Quepouvons-nous conclure de ces différentstableaux ? qu’il y a une grande variétédans ces couches , dans leur position , leurmatière , leur stratification ; qu’elles 11eparaissent pas toutes avoir la même origine ,ni la même dare ; que quelques-unessemblent rangées selon certaines réglés ;que d’aqtres présentent l’image d’une con-fusion , d’un désordre , d’un bouleverse-ment ; que les unes offrent l’idée dedépôts successifs des mers , tandis que• d'antres semblent toujours avoir apparte-nu à la terre , ou à un continent, ouavoir été altérées par une conflagration ;que dans cette variété on voit toujoursun but général & des desseins sages , quimontrent que cette structure n’est pointl’elFet de causes aveugles, mais l’ouvra—ge d’un être intelligent. Voilà tout ceque j’ai appris, après avoir beaucoup vuéc beaucoup observé. J’ai conclu enfin