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Tome neuvième.
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Buffon y le P. ScherfFer jésuite , & pro-fesseur de Physique à Vienne en Autriche,& les conjectures plausibles que cet ha-bile jésuite a exposées fur la nature &fur les causes des couleurs accidentelles ,dans un écrit Allemand imprimé en 1765.Nous sommes persuadés d’ailleurs , quece que nous avons dit d’après le Mémoirede M. de Buffon , ( Hifi. de l’Acad. R.des Sc. 1743. ) ne P eut qu’avoir excitéla curiosité de ceux qui auront lu cetarticle ; & toutes ces raisons nous enga-gent à entrer ici dans de nouveaux dé-tails fur les couleurs accidentelles. Noussuivrons presque pas à pas le petit ou-vrage du P. ScherfFer : nous tâcheronsd’éviter que cet article ne se ressente dcl’obscurité qui dépare astèz souvent l’ori-ginal ; & quoique nous soyons obligés depalier fous silence plusieurs détails , nousespérons de mettre le lecteur en état defe rendre raison de la plupart des phé-nomènes qu’il trouve rapportés , dansF Encyclopédie , concernant les couleursaccidentelles.

Comme ce font les expériences deM. de Buffon qui ont occasionné celles duP. ScherfFer, c’est auflì par les rapporter ,& par en attester la conformité avec lessiennes dans les points principaux , queee dernier entre en matière. M. de Buffondécrit deux suites d’expériences , & nousles avons déja tirées de son mémoire ,•ainsi nous ne ferons ici qn’une courterécapitulation , d’abord de la premiere.

Lorsqu’on regarde fixement &c long-temps une tache , ou une figure rouge ,fur un fond blanc , comme un petit quartéde papier rouge fur un papier blanc , onvoit naître autour du petit quarté rougeW?e efpece'de couronne d’unverd foible :en restant de regarder le quarté rouge,fi on porte l’eeil fur le papier blanc , onvoit très - distinctement un quarté d’unverd tendre , tirant un peu fur le bleu :cette apparence subsiste plus ou moinslong-temps , selon que l’impreíïìon de lacouleur rouge a été plus ou moins forte.La grandeur du quarté verd imaginaireest la méme que celle du quarté réelrouge ; & ce verd ne s'évanouit qu’aprèsque l’ail s’est rassuréôc s’est porté fuc-

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ceíïxvement fur plusieurs autres objets ,dont les images détruisent l’impreslìontrop forte causée par le rouge. M. deBuffon a remarqué , comme nous savonsdit, des apparences semblables , en met-tant à la même épreuve les autres cou-leurs primitives ; & voici le tableau desrésultats de cette fuite d’expériertces.

Le rouge naturel produit le verd acci-dentel.

Le jaune ...... bleu.

Le verd . pourpre.

Le bleu . rouge.

Le noir . blanc.

Le blanc .. noir.

La derniere expérience suppose qu’onait considéré le quarté blanc sur un fondnoir , & qu’on ait porté J’œil sur un au-tre endroit du fond noir ; & nous ajou-terons que le P. ScherfFer trouve qu’onfait ces expériences en général avec plusde succès , en considérant les couleursnaturelles fur un fond noir. Outre qu’onménage par-là fa vue , il a observé queles couleurs accidentelles , que M. deBuffon a toujours vu très-pâles, étoientalors bien marquées , lorsqu’on transpor-toit l’œil du fond noir sur le blanc.

L’explication de cette suite d’expérien-ces exige quelques demandes préliminai-res que nous allons indiquer , fans entrercependant dans le détail des raisonne-mens qui leur fervent de preuves , d’au-tant qu’elles font fondées principalementfur !’expérience & fur la doctrine très-connue de Newton fur les couleurs.

i 9 . La couleur blanche consiste en unmélange de toutes les couleurs des rayonsde la lumière , tel que toutes , pour ainsidire , font en équilibre , & qu’aucune neprévaut fur l’autre : de forte qu’en vertude ce tempérament, l’imprestion que cha-que espece de rayons fait fur l’œil , cor-respond aux autres ; de façon que lalumière étant réfléchie d’un corps blanc,il n’est aucune de ces especes qui fasteplus de sensation que les autres.

2.°. Dans les corps colorés , Parrange-ment des particules infiniment petites quiagissent fur la lumière, est tel que l’eí—pece de rayons qui donne son nom à lacouleur à corps, est rffléthie plus aboa-