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Tome neuvième.
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damment vers l’œil que ne le font lesautres espèces; & que par-là l’impreílìonque font les rayons des autres couleursdevient, en quelque façon , insensibleen comparaison de celle - là.

3°. Lorsqu’un de nos sens éprouve deuximpressions, dont Tune est vive & forte,mais dont I’autre est foible , nous ne sen-tons point celle-ci. Cela doit avoir lieu,principalement quand elles font toutesdeux d’une même espece , ou quand uneaction forte d’un objet sur quelque sens,est suivie d’un autre de même nature ,mais beaucoup moins violente ; que celavienne , eu de ce que l’organe de cesens est fatigué , & en quelque maniérérelâché , & qu’il lui faut un certaintemps pour se remettre en état de trans-mettre aux nerfs des impressions mêmefoibles ; ou bien de ce que ce mouve-ment & l’ébranlement violent des moin-dres parties de cet organe , ne ceste pasausti-tôt avec faction de l’objet extérieur.

Cette troisième remarque préliminairesuffit seule pour expliquer les phénomè-nes que présentent les taches blanches &noires. Si l’on considéré fixement pen-dant quelque temps un quarté blanc furun fond noir , la partie du fond de l’œilfur laquelle se peint la figure blanche ,sera , pour ainsi dire , fatiguée par l’a-bondante réflexion des rayons , tandisque le reste de la rétine souffre très-peude la foible lumière que renvoie la sur-face noire. Qu’on ceste ensuite de re-garder le quarté blanc , & qu’on jettel’œil à côté sur quelqu’autre endroit dufond noir , l’impreífion de la lumièrerenvoyée par cet endroit , agira avecbeaucoup moins de force fur la partie quiavoit été occupée par la figure blanche ,& dans laquelle les moindres nerfs fontaffoiblis , qu’elle réagira fur le reste del’œil , qui éprouvera par conséquent unplus haut dégré de sensation. C’est cetteinégalité qui fait que nous trouvons latache que nous croyons voir , beaucoupplus noire que le fond fur lequel nosyeux font fixés , & que tant fa grandeurque fa configuration nous paroiífent lesmêmes que précédemment , pourvu queVendroit où nous la voyons soit à la

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même distance de l’œil qu’étoit la figureblanche. Cette tache nous paroîtra bienplus noire encore & plus nette , si , aprèsavoir considéré la figure blanche , nousjettons l’œil , non fur une surface noire ,mais fur un fond blanc ; la lumière plusforte de ce fond frappera (fautant plusvivement les fibres qui font encore fraî-ches , & la sensation de celles qui fontfatiguées en deviendra d’autant moinssensible.

On remarquera au contraire sur un fondblanc , ou même noir , une tache bienplus claire & plus luisante , après avoirconsidéré fixement une figure noire furune surface blanche : car , dans ce cas,la forte réflexion de cette surface affectel’œil vivement ; & il n’y en a que lapartie qui a reçu l’image de la figure noi-re , qui ne s’affoiblit pas : cette partieest donc la feule gui soit en état de res-sentir ensuite vivement la blancheur dupapier , tandis que l’impreísion que lesautres parties reçoivent est insensible.Que si l’on jette l’œil sur un fond noir,il arrivera de même que les parties quine font point affaiblies seront affectéesdavantage ; & l’effet de cette lumière ,quelque foible qu’elle soit , ne. laisserapas d’être une sensation plus forte quecelle qu’éprouve la partie affaiblie.

Le docteur Jurin , qui Je premier aparlé ( à la fin du traité de la Visiondiftincle & indiftincte. , joint à Y Optiquede Smith ) des illusions que causent destaches blanches ou noires qu’on regardeattentivement pendant quelque temps ,n’avoit plus qu’un pas à faire pour endonner la même explication : il ne fallokque rédiger ses idées & ses raisonnemensfur les différentes dispositions de l’œilquand il éprouve les mêmes sensationsdans des circonstances différentes ; & c’estce que le Pere Scherffer a fait.

On peut assigner encore une autre rai-son de conclure que le phénomène de lafigure imaginaire dépend d’une certainedurée de l’impreffon que la figure vraiefait sur l’œíl , & qui le dispose à uneplus grande ou moindre faculté de res-sentir faction d’un nouvel objet : cetteraison est , que si la surface blanche sur