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Tome neuvième.
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4°. Si on referme ensuite les yeux , onrevoir les apparences du n°. i , & en ou-vrant de nouveau les yeux , on voit aussirevenir celles des n°. 2 6 c 3. Mais les cou-leurs cependant ne restent pas tout-à-faitles mêmes , elles s’alterent continuelle-ment & de plus en plus ; & si on faitattention à ces changemens , on ■ remar-que qu’après la premiere minute à-peu-près ,

ç 9 . Le champ paroît aux yeux fermésd’un beau verd , & que le bord, quoi-qu’il continue de paroître rouge , a chan-gé cependant sensiblement ; ce rougedifférant déja affêz de celui du n q . 1.

6 9 . Qu’on rouvre les yeux , on voitsur le tond blanc fespace intérieur de latache plus rouge , & Panneau d’un bleu-céleste plus gai.

7 2 . Environ après la seconde minute,si on a les yeux fermés , le champ paroît,à la vérité , encore verd , mais tirantcependant astbz fur le bleu-céleste ; quantau bord il est rouge , mais encore diffé-rent des n 9 . x & 5.

8 9 . Si ensuite on rouvre les yeux , lechamp paroît encore rouge sur le fondblanc , & le bord bleu-céleste ; mais cescouleurs n’ont pas tout-à-fait les mêmesnuances qu’auparavant.

9 8 . Enfin , au bout de quatre ou cinqminutes , on apperçoit , ayant les yeux'fermés , le champ entièrement bleu-cé-leste , & l’anneau d’un beau rouge ; &en rouvrant les yeux > le champ se voitrouge , &c le bord d’un bleu-céleste vif.

xo 9 . Cette derniere sensation se con-serve pendant un certain espace de temps,& jusqu’a ce que^ s’étant affoiblie de plusen plus , elle s’évanouisse tout-à-fait ;mais il ne faut pas croire que pendant cetintervalle les couleurs dont nous avonsparlé restent toujours les mêmes : il estcertain au contraire que , quoique l’eípecereste la même , elles changent conti-nuellement de modifications,

J’avoue que j’ai plutôt évité les occa-sions de faire cette expérience , que jene les ai recherchées , parce que je doutequ’on puisse fans danger faire éprouversouvent aux yeux une si forte impression/Mais „ quoique je n’aie donc pas répété

COU 66§

fréquemment ces essais , je ne laístè pasde pouvoir asturer que les phénomènesqu’ils présentent , observent presque cons-tamment l’ordre que nous avons décrit.Je n’ose pas les donner tout-à-fait pourconstants , parce qu’il m’est arrivé un petitnombre de fois de remarquer dans lescouleurs une succession un peu différente.

On peut , au reste , tirer de ces obser-vations , diverses conclusions remarqua-bles que je vais joindre ici en peu demots.

II est hors de doute que les rayonsdu soleil reçus directement au fend del’ceil , n’agiílênt fur les nerfs & y cau-sent une certaine altération dont notreame est affectée. Or , nous voyons parles observations que nous avons détaillées,que cette altération ou cette impressioncausée aux nerfs , ne cesse pas en mêmetemps que faction de la lumière , &qu’au contraire elle continue encore pen-dant un temps assez long , & que l amefe trouve affectée comme s’il y avoit réel-lement hors de l’œil un objet , & quedes rayons de lumière réfléchis par cetobjet , exerçassent une action fur les nerfs.Si donc nous admettons cette supposi-tion , ainsi qu’on peut évidemment íefaire , nous devons conclure naturelle-ment de nos observations :

i 9 . Que l’impression excitée par lesrayons de lumière les plus forts , paste.après la cessation de faction même enune autre impression qui est celle desrayons jaunes ; que celle-ci devient l’im-pression des rayons verds , & que cettederniere enfin se change en celle queproduisestt ordinairement les rayons bleus-célestes j c’est-à-dire, qu’après que l’ac-t-on des rayons blancs a cessé , les nerfsfe trouvent successivement dans les diffé-rons états que produisent ordinairementles rayons jaunes , verds & bleus-célestes.

2°. Que fimpression causée par la cou-leur blanche d’un mur ou d’une tableblanchie , si elle se mêle à celle que pro-duit la couleur jaune , verte & bleue-cé-leste , devient la même impression qu’àcoutume de produite une couleur brune,qui tire plus ou moins fur le rouge.

3°. Que fimpression causée par fimaZe