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Tome neuvième.
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«jti’il y aít ici quelque substantif' masculinsous-entendu, tel que ruban , habitue.comme st l’on difoic un ruban couleur defeu, un habit couleur de rose car si l’ony veut faire attention , on verra que le motcouleur est toujours féminin par lui-même ;mais couleur de feu , couleur de rose, &c.font des expressions absolues, qui ne fontqu’un seul mot , comme rouge , jaune ,verd, & tous les autres noms abstraits decouleur, qui sont toujours masculins.

Sur quoi je remarque,

i°. Que tous ces mots composés expri-ment des teintes de couleurs primitivesabsolues , & que ces teintes ou ces nuacesn’ayant point de mot propre , sont expri-mées d’après les corps colorés qui en fontle sujet, par l’addition du mot couleur ,comme couleur de rose , couleur d’or, &c.ou plus brièvement, comme orangé,violet,gris-de-lin , feuille morte, d’après \z cou-leur des oranges , des violettes, de lafleur du lin , des feuilles mortes. Or ceux-ci étant visiblement masculins , mêmelorsque le sujet de comparaison est fémi-nin , comme dans feuille morte , ni plus nimoins que dans gris-de-lin, selon l’analogiegénérale des noms absolus de couleur, lamême analogie demande que les compo-sés , couleur de rose , couleur de chair, éjc.soient auísi masculins.

2 °. On dit le rouge , le jaune , le verd,le bleu ; & un rouge brun , un rouge tirantfur le jaune , un verd d’olive , & parmême raison Un couleur d’or, un couleurde rose. Et le mot de couleur n’est pasplus masculin dans ces derniers, que celuide feuille dans jeuille morte , quoiqu’ondise un beau jeuille morte. C’est le motcomposé pris en entier qui est masculin ,& non sa partie composante couleur oujeuille.

3°. Lorsque le mot générique de couleurest suivi en tant que tel , d’un autre quidésigne l’espece , il demeure substantifféminin , & cet autre devient son ad-jectif , comme la couleur verte } blanche ,notre , &c. C’est donc encore mal parlerde dire la couleur de cerise , la couleur dejeu , de roj'e , &c. par la raison que lemot substantif de couleur régit alors l'ar-ticle défini : il saudroit dire la couleur

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des cerises, ou de la cerise , la coulentdu feu , celle de la rose, &c. comme onie dit en effet en bien des occasions.

4 °. On voik par-là combien la remarquede ceux qui ne voudroient appliquerl’expreísion dont il s’ágit qu’aux habits& aux rubans , ou qui pensent que cesmots y sont toujours sous-entendus , estfutile & mal entendue. Les marchandsmerciers de Paris, dit Richelet, dans lapremiere édition de son dictionnaire im-primé à Geneve en i6%o,font souvent lemot de couleur masculin , en parlant déleurs rubans. Ils disent nous avons du beaucouleur de feu , voule\-vous du couleurde feu ? Les habiles gens que j’ai con*fuites là-defjus , condamnent ces saponsde parler. Ils croient qu’il faut dire &écrire , nous avons du beau ruban couleurde feu, voule\-vous du ruban couleur dsfeu , j'en ai du fort beau ? D’où je con-clus seulement, ou que l’usage a changé& s’est déclaré en faveur des marchands ,ou que Richelet, & les habiles gens qu’ilavoir consultés , fe trompoient, & ne pen-soient pas bien en cette occasion à l’ana-logie du langage. Ce seroit , si je ne metrompe , un scrupule vain & puérile , dene vouloir employer les mots de couleurde feu , couleur de rose au masculin ,qu'en parlant d’habits , ou de rubans , &de faire difficulté de dire par exemple , lecouleur de feu dominoit dans l’auroreboréale qui parut hier au soir ; le couleufde rose , le couleur de chair & le couleufd’eau , font du nombre des couleurs queles peintres appellent légeres pour les distin-guer de celles qu’ils nomment pesantes &tenejìres. ( Cet article , tiré des papiers deM. de Mai han , ayant été communiquépar l’auteur à VAcadémie Françoise yelle a souscrit à ces remarques d’unecommune voix. )

§• Couleur , ( Arts . ) Les couleurs̰,U P n °bjet estèntiel pour tous les arts.L écriture , la peinture , la teinture , &c*en sont des preuves incontestables. Decette observation générale descendons 4leur utilité particulière.

La chyroie nous démontre que pourcolorier les minéraux , les végétaux lesanimaux, la Providence n’a employé pouf