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Tome neuvième.
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Pordinaire que deux matières métalliques.Le fer dissous fournit le jaune , l’orangé ,le rouge, le violet , le bleu & le noir.Le cuivre diílòus colorie les objets enbleu , en verd & en noir. Les autres mé-taux n’entrent pas auílî fréquemment dansla compétition des corps. L'or ou les mé-langes qu’il contient, donnent le pourpredans les couleurs en émail. Le plomb dis-sous ou calciné fournit le blanc , le gris,le minium, la licharge d’or, la litharged’argent & le noir. L’étain dissous sert àdonner à l’écarlate une partie de fa beauté.Le cobalt donne à l’émail une couleurbleue. Le mercure & l’antimoine formentune couleur rouge nommée cinnabre. Enun mot, toutes les terres, les sels , lesmarbres, les diamans, les fleurs, les fruits,le sang, qui ne font pas mélangés dequelques-uns des métaux dont nous venonsde parler, font ou blancs, ou diaphanes&: fans couleur.

On distingue les métaux par la couleurqu’ils laissent imprimée fur la pierre de tou-che. La couleur est essentielle pour fairel’analyfe des eaux minérales, & pour con-noître le dégré de cuistòn ou de perfectionde toutes les préparations métallurgiques,pharmaceutiques ou chymiques.

Les laboureurs savent par expérience queles terres blanches s’éçhauffent difficile-ment , & que les terres noires s’échaussent& fe dessèchent très-aisément : en consé-quence de ces observations, les habilesagriculteurs , convaincus que la fertilitéde la terre est proportionnelle au dégréde chaleur & de l’humidité du fol , saventprofiter de la couleur naturelle de la terre,& lorfqu’il est nécessaire ils savent l’ahérçrà peu de fiais au dégré qu’ils la délirent.

Les botanistes n’ignorçnt pas que la cou-leur des fleurs, des fruits , &c. annonceleur maturité ou leur dépérissement. M,Linné observe que la couleur rouge , dansles fleurs, indique lucide : & que les cou-leurs sales & livides annoncent que laplante est suspecte de poison.

L’art de découvrir le caractère des hom-mes par la physionomie est en partie fondéfur ('observation des couleurs. Inexpériencedémontra que Jules César étoit physio-nomiste , lorfqu’il dit en montrant Marc

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Antoine, « je ne crains point ces teints" rouges & vermeils ; mais je crains ces» teints livides de Brutus & de Cassius ».Non timeo hos rubicundos , fed timeo hosfuscos.

Pline le naturaliste nous apprend queles anciens tiraient des augures & des pré-sages de la couleur des rayons du soleil,de la lune , des planètes, de I air,

Le chancelier Bacon a fait un traité de sen-tis , qui sert de guide aux marins d’Anglc-terre , depuis plus de cent ans. II feroit àsouhaiter que l’on traduisît cet ouvrageavec des notes ; les marins fe perfectionne-roient dans fart de prévoir le beau & lemauvais temps en observant la couleur del’eau de la mer , celle de I’horifon , &c.

La rhétorique emprunte des couleurs laplupart de ses comparaisons, similitudes,emblèmes , exemples, métaphores & hié-roglyphes. De tout temps les moralistesont fu tirer un parti avantageux des cou-leurs. On peut, fur cette matière, consulterles écrits d’Horus Appollo & de Plutarque,prêtres Egyptiens, & les hiéroglyphes quePierius Vaîerien a renfermés dans un vo-lume in-folio. Ces auteurs nous apprennentque le blanc a toujours été employé pourdésigner la pureté de l’ame & l’abondan-ce de lumière : tous les ornemens d’Oflrisétoient blancs, & ses prêtres étoient tou-jours habillés de blanc. Les prêtres deJupiter, le Flamen dialis de Rome,étoient toujours habillés de blanc : ils por-toient un chapeau blanc. Les Perses di-foient que les divinités n’étoient habilléesque de blanc. Salomon mème recommandeau peuple de tenir ses habits , c’est-à-dire,son cœur blanc. On pourroit encore citerles paraboles de la robe nuptiale, &c.

Les anciens Romains notoient au capituleles jours heureux avec de la craie blanche ,& les jours malheureux avec de la craienoire. Les personnes qui briguoient les di-gnités s’habilloient de blanc , candidati.L’on portoit l’habit bh.nc aux funéraillesdes Césars. L’habit blanc étoit consacrépour la paix. On désignoit les calomnia-teurs , les hommes infâmes, par la cou-leur noire ; hic niger efl , hune tu , Roma-ne , caveto. Les premiers chrétiens nom-moient dies atros , les jours d’abstinence,