' 60 V
du Soleil par un corps intermédiaire ;mais ce corps propre à produire cet effet,ne doit pas toucher la tête afin de ne luipas communiquer par le contact la chaleurqu’il recevroit des rayons du Soleil : on enpeut concevoir la raison par ce qui arriveà ceux qui ayant eu le crâne ouvert, se ser-vent pour la sûreté de leur cerveau d’unecalotte d’argent ; bientôt ils se trouventobligés, à cause de la grande chaleur quecontracte cette calotte,'de hti en substituerd’autres faites de carton ou de quelquematière moins dense & moins solide qu’unmétal. La méthode curative consiste àdésemplir & détendre les vaisseaux par lasaignée , les lavemens , les bains tièdes,le repos des muscles & de l'esprit, l’airfrais & renouvellé , les fomentations, lesvapeurs d’eau, les humectants , les boissonsacides, & les sucs gélatineux. Article deM. le Chevalier DE JauCOURT.
Coup FOUDROYANT , expérience de'Leyde ou de la commotion ( Physique ) ,est le nom d’une expérience de l’électrici-té, dans laquelle la personne ou les person-nes qui la font se sentent comme frappéesvivement Lc tout à la fois dans plusieursparties du corps. La maniéré qrdinaire dela faire est fort simple, & consiste en ceci.Ayant empli d’eau à moitié ou un peu plusune bouteille ou un vase de verre médio-crement épais, bien net & bien sec audeslus de l’eau, tant en dedans qu’en de-hors ; prenez - le d’une main , en l’em-poignant de façon que vous le touchiezdans la partie qui répond à celle où setrouve l’eau intérieurement , & faitesqu’un lil de métal partant du conducteur,voye\ Conducteur , y trempe fanstoucher les bords du vase. Si après quel’on aura électrisé le globe pendant quel-que temps , vous tirez avec la jointuredu milieu d’un des doigts de l’autremain une étincelle du conducteur, vousferez ? expérience du coup foudroyant ,ou plutôt vous recevrez le coup foudro-yant, c’est-à-dire, que dans l’instant quevous tirerez l’étincelle , st l’électricité estd’une certaine force, vous vous sentirezfrappé violemment & en même tempsdans les poignets, dans les coudes, lesépaules , & même dans la poitrine. LaTome IX.
cou 689
maniéré dont cette expérience se faitsentir & affecte telles ou telles parties ,varie beaucoup selon la force de l’électri-cité , la constitution & le tempéramentdes personnes qui la font.. Dans les unes,& c’est ordinairement celles qui font d’uneconstitution fòible , elle affecte un plusgrand nombre de parties , & produit unsentiment de douleur plus vif ; dans lesautres elle occasionne une si grande sur-prise , qu’elles font tentées de croire quequelqu’un des assistants les a frappées , ne.pouvant s’imaginer que ce qu’elles vien-nent d’éprouver n’eli dû qu’à l’expériencequ’elles ont faites. Mais en général ellesconviennent toutes de la rapidité &z de laviolence du coup qu’elles ont ressenti ;coup qui est toujours suivi, ou plutôtaccompagné , d’une secousse ou convulsionsi vive dans les parties qui en ont étéaffectées , qu’elle a souvent été cause queles personnes ont jetté le vase par terre ; c’eítcette convulsion qui a fait donner à cetteexpérience , comme nous savons déjadit, le nom d’expérience de la commo-tion ou du choc.
Nous pourrions pousser plus loin ce dé-tail , fur ce que l’on ressent en la fai-sant ; mais comme c’est une affaire desensation , nous ne pourrions espérer, pattout ce que nous ajouterions , d’en donnerune idée précise au lecteur ; ce n’estqu’en la faisant lui - même qu’il pourral’acquérir.
Cependant comme la nouveauté dessensations les rend plus frappantes, & nousrend par-là plus éloquents & plus vraisdans les descriptions que nous en faisons,notre imagination n’ayant pu être séduitepar les discours des autres , je crois de-voir ajouter ici ce que dit M. Muííchen-broeck de cette expérience , dans unelettre qu’il écrivit à M. de Reaumur aprèssavoir faite pour la premiere fois , & parlaquelle nous en eûmes la premiere nou-velle. Ayant donné une idée de sonappareil , qui ressembloit à-peu-près ìcelui que je viens de décrire, il conti-nue ainsi : " tenant de ma main droite" le vase de verre, tandis que j’essayois» de l’autre à tirer des étincelles, touc» d’un coup ma main droite fut frappé*