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Tome neuvième.
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la plus chargée fans crainte , lorfqu’en latenant d’une main au lieu de tirer del’autre avec la jointure du doigt ou uncorps obtus , P étincelle du conducteur ,on en approche une pointe de métal ,cette pointe tirant successivement l’élec-tricité de la bouteille , & par-là la dé-chargeant insensiblement.

Après avoir fait voir que d’après lespropriétés connues des corps électriques& non électriques par eux-mêmes , onpouvoit satisfaire aux trois premieresquestions cjue nous nous étions proposées,nous tâcherons de montrer de même parrapport à la quatrième, & la plus intéres-lânte sur l’étendue du circuit ou cerclefaisant la communication de la surfaceextérieure de la bouteille avec le con-ducteur , que si cette étendue va beau-coup au delà de ce que l’on pourroitcroire d’abord , ce n’est encore qu’unesuite de ces mêmes propriétés.

Nous avons dit qu’en même tempsque l’on tire l’étincelle du conducteur,ou ce qui revient au même , du crochetde la bouteille, elle pompe le fluide élec-trique des corps qui la touchent , cesdeux effets étant instuntanés, ils doiventdonc se faire sentir dans le même tempsaux deux extrémités de la chaîne, quelleque soit son étendue ; c’est-à-dire qu’enla supposant formée par plusieurs person-nes se tenant toutes par la main, & dontla premiere tienne la. bouteille , & laderniere tire l’étincelle , elles ressenti-ront l’une& l’autre une secouíïe en mêmetemps , l’une dans la partie qui tient labouteille , & l’autre dans celle qui tire1 etincelle, soit que le nombre des per-sonnes entre deux soit grand ou petit.Or comme on a vu que lorsqu’une per-sonne tire une étincelle en pressant lé-gèrement la main d’une autre, elles res-sentent l’une & l’autre une douleur dansl’endroit où elles se touchent , produitepar î’électricité qui passe de la premiereà la seconde , &c. lors donc que la der-niere personne de la chaîne tire l’étin-celle , dans l’instant même le fluide élec-trique qu'elle a acquis , passe dans lapersonne dont elle tient la main : il enest de même de celle - ci à la troisie-

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me jusqu à celle qui tient la bouteille ;de même celle-ci tire Eu fluide électri-que de celle qui la touche , celle-ci d$la troisième , Ùc. jusqu’à celle qui tirel’étincelle. Ce double effet doit donc sefaire sentir dans un instant d’un bout àl’autre de la chaîne ; les personnes qui lacomposent doivent donc être toutes frap-pées , & en même temps quel que soitleur nombre. Ainsi l’on voit que par lanature des choses cet effet semble devoirse transmettre à des distances infinies , &instantanément tant que la continuité n’estpas interrompue.

M. l’abbé Nolet est le premier qui aitpensé à faire faire cet expérience à plu-sieurs personnes tout à la fois ; dans fanouveauté , il la fit, le Roi étant pré-sent , dans la grande galerie de Versailles ,avec 240 personnes auxquels se joignirenttous les seigneurs qui vinrent avec faMajesté. Comme cette expérience est dugenre des choses, ainsi que nous l avonsdit au commencement de cet article ,dont on ne peut avoir d’idée qu’autancqu’on les éprouve soi-même , peu de tempsaprès le Roi curieux de savoir ce qui euétoit par lui-même , vint dans le cabinetdes médailles où étoient les instrumensde cet académicien , & là fit Pexpérienceplusieurs fois avec des personnes de facour. Quelque temps après M. le Mon-nier le médecin la fit dans le clos desChartreux , en faisant partie d’un cercleformé par deux fils de fer chacun de 95toises de long ; & il remarqua qu’elleétoit instantanée. M. Watson & quelques,membres de la société royale de Londres ront fait aussi des expériences très-curieu-ses à ce sujet, qui seroient trop longues àrapporter, mais par lesquelles il paroi tque l’étendue du cercle électrique ayantquatre milles , Pexpérience a encore par-faitement réussi, & s’est fait sentir ins-tantanément dans tous les points de cettevaste étendue. Ce qu’il y a de plus fin-»gulier dans cette expérience , c’est quequoiqu’à dessein ils eustênt interrompu 1*chaîne pendant l’espace de deux milles yen forte que la commotion ne pouvoisse transmettre de l’observateur qui étoità l’extrêmité d’un fil de fer à un autre