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Tome neuvième.
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cou

iîon. La tête est un peu plus brune que lereste de Pinsecte : on voit une tache bruneà l’endroit de chaque œil, & autour de labouche des barbillons qui servent à dirigerles alimens qui nagent dans Peau. 11 y a en-core fur la tête deux antennes différentes decelles des insectes ailés ; elles font courbéesen arc , & n’ontqu’une articulation qui està la base.

Le ver du cousin change trois fois de peauen quinze jours ou trois semaines. Avantque de se transformer à la quatrième fois,il perd fa premiere forme , il se raccour-cit & s’arrondit ; le corps est contourné defaçon que la queue est appliquée contre ledessous de la tête , & que le tout a une for-me lenticulaire : une partie de fa circonfé-rence est plus épaisse que P autre ; celle-làest à la surface de Peau , 6c P autre en bas :on distingue fur la premiere deux sortes decornes, ou plutôt deux cornets qui ressem-blent à des oreilles d’âne. Lorsque Pinsectenage , il déplie la partie du corps qui étoitrecourbée en-desious jufqu’auprès de la tête.Dans ce second état il peut être appellénymphe ou chrysalide , parce qu’il a desqualités propres à I’une & à P autre : alors ilne mange plus, mais il respire comme aupa-ravant , quoique la situation des organes soitdifférente ; Pair entre par les cornets quis’élevent fur le corcelet , & qui se trouventà la surface de Peau. L’état de nymphe dureplus ou moins , selon le degre de chaleur.Quelquefois la seconde transformation sefait onze ou douze jours après la naistancedu ver ; & d’autres fois ce n’est qu’aprèsquatre semaines.

Par cette transformation Pinsecte passe del’état de nymphe à celui d’insecte ailé , danslequel nous lui donnons le nom de cousin.Pour y parvenir , il étend la partie posté-rieure du corps à la surface de Peau,au-deflùsde laquelle le corcelet paroi t ; alors Penve-loppe extérieure de la nymphe se fend assezprès des deux cornets , ou même entre cesdeux cornets ; le corcelet se découvre , lafente s’aggrandit, & bientôt la tête du cou-sin s’éleve au-dessus des bords ; le corps fuir,& à mesure que Pinsecte sort de son enve-loppe , il se redresse , & parvient enfin àmettre son corps dans une direction presque.verticale, s’appuyant fur fa partie posté-Tome IX.

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rieurs, qui porte dans le milieu 3e fa dé-pouille comme un mât dans le milieu d’unbateau. En effet, la dépouille lui sert debarque ; & si par quelqu’accident Pinsecteperd Péquilibre au point que Peau passe par-dessus les bords de Pouverture qu’il a faitedans fa dépouille lorsqu’il en est sorti , &qu’elle entre dans la cavité qui est restéevuide par le déplacement du corps de Pin-secte , la barque est submergée , & il tombedans Peau où il périt à Pinstant;ce qui arriveà une grande quantité de ces infectes lors-qu’il fait du vent dans le temps de leur trans-formation. Cependant pour P ordinaire labarque se soutient, & en une minute lamanœuvre la plus difficile est achevée. Lecoufin tire d’abord ses deux premieres jam-bes du fourreau , ensuite les deux suivan-tes , & les appuie fur Peau en penchant soncorps ; enfin il déplie ses ailes ; dans uninstant elles se scchent, & Pinsecte prendPestor.

On ne sait pas comment, ni en quellieu , ni en quel temps se fait l’accouple-ment de ces insectes ; ce qu’il y a de certain,c’est qu’ils sont très-féconds ; une seule fe-melle produit deux cents cinquante ou troiscents, & même jusqu’à trois cents cinquanteœufs d’une seule ponte ; & s’il ne faut quetrois semaines ou un mois pour chaque géné-ration , il pourroit y avoir six ou sept géné-rations chaque année, puifqu’on trouve desœufs dans les mares depuis le mois de Maijusqu’à l’hyver. Dès que l’on a vu des nym-phes se transformer en cousins , dans un vaseque l’on a rempli d’eau & exposé à Pair ,comme il a déjà été dit, peu de jours aprèsil se trouve dans le même vase de nouveauxœufs qui nagent fur la surface de Peau ; ilsfont oblongs , & plus gros à un bout qu’âPautre : tous ceux qui viennent d’une mêmefemelle sont rassemblés en un tas, situé ver-ticalement,le gros bout en bas, & Pautre enhaut à la surface de Peau. Ces œufs sont col-les les uns aux autres , & disposés de façonqu’ils forment une sorte de radeau dont lafigure approche de celle d’un bateau platqui sc soutient sur Peau; car si elle y entroit,les œufs n’éclorroient pas. Lorfqu’on les re-garde à la loupe , on voit que leur gros boutest terminé par une sorte de cou : d’abordils sont blancs ; bientôt ils deviennent verds^