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Les biens physiques & réels, je veux dire 1les fruits de la terre & toutes les productionssensibles de la nature 6c de fart, en un motles biens nécessaires pour notre subsistance6c notre entretien , ne se produisent pointd'eux- mêmes, fur-tout dans ces climats; laprovidence les a comme attachés & mêmeproportionnés au travail effectif des hommes.
Il est visible que si nous travaillons davan-tage , nous augmenterons par cela même laquantité de nos biens ; 6c cette augmenta-tion sira plus sensible encore , si nous faisonsbeaucoup moins de dépense. Or je trouvequ en diminuant le nombre des fêtes , onrempliroit tout à la fois ces deux objets; puis-que multipliant par- là les jours ouvrables,&par conséquent les produits ordinaires dutravail, on multiplieroit à proportion toutesles efpeces de biens , & de plus on sauveroitdes dépenses considérables , qui font unefuite naturelle de nos fêtes ; fur quoi je faisles observations suivantes.
On compte environ trente-sept fêtes àí’aris, mais il y en a beaucoup moins en plu-sieurs provinces. Après une suppression quis'est faite dans quelques diocèses , il s’y entrouve encore vingt-quatre : partons de cepoint-là, &i supposons vingt-quatre fêtes ac-tuellement chommées dans tout le royaume.Maintenant je suppose qu on ne réserve quele lundi de pâque, l’ascenlion , la notre-dame d’août, la toulsaint , & le jour denoel ; je suppose, dis-je , qu on laisse cescinq fêtes telles à peu près quelles íont àprésent, & qu on transporte les autres au di-manche.
On fait qu’il est consacré par-tout aux plusgrandes fêtes de saunée , telles que pâque,la pcrltecôte , la trinité : les autres fêtes lesplus folemnelles, comme noel, la circonci-sion , sépiphanie, saísomption , la tous-saint, se chomment également le dimanche,quand elles tombent ce jour-là, fans qu'ony trouve aucun inconvénient.
Je m'imagine donc que les plus religieuxne désapprouveront pas l’arrangement pro-posé, fur-tout si son sè rappelle que la loid'un travail habituel & pénible fut la pre-mière & presque la seule imposée à shommeprévaricateur , Sc qu’elle entre ainsi beau-coup mieux que les fêtes dans le système deLr vraie piété. Maledicla terra in opéré tuo j in
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laboribus comedes ex ea cunclis diebus visastuas, , . , in fudore vultus tui vefeeris pane.Genese, j , r/, tg. En ( effet, 1 établisse-ment arbitraire de nos fêtes isest-il pas uneviolation de la loi divine qui nous allùjettità travailler durant six jours, sex diebus ope-raberis ? Exod. 10 , 9 . Et peut-il être permisà shomme de renverser un ordre que Dieua prescrit lui-même, ordre d'ailleurs qui tientessentiellement à l’économie nationale ? cequi est au reste si notoire 6c si constant, quefi les supérieurs ecclésiastiques instituoient denos jours de nouvelles fêtes , de même quedes jeûnes, des abstinences, bc. le ministèrepublic , plus éclairé qu'autrefois, ne man-querait pas d'arrêter ces entreprises, qui nepeuvent avoir lieu qu'après une discussionpolitique , 6c de saveu du gouvernement ;6c qui ne se sont formées pour la plupart quedans les premiers accès d'une ferveur sou-vent mal ordonnée, ou dans ces siécles d'ig-norance 6c de babarie, qui n'avoient pas dejustes notions de la piété.
A u surplus , il est certain qu’en considé-rant les abus inséparables des fêtes , la transp-osition que je propose est à desirer pour leien de la religion ; attendu que ces saintsjours consacrés par séglise à la piété, de-viennent dans la pratique des occasions decrapule & de libertinage, souvent même debatteries 6c de meurtres ; excès déplorablesqui font dire à Dieu par Isaïe, & cela sur lemême sujet : “ A quoi bon tant de victimes ?» Que sert de répandre pour moi le sang» des animaux ì Ce n’est point-là ce que» j’exige de vous ; j'“abhorre vos sacrifices ,» vos cérémonies, vos fêtes , le sabbat rnê-» me tel que vous sobfervez ; je ne vois dans» tout cela que de sabus 6c du désordre ca-» pable d'exciter mon indignation. En vain» vous éleverez les mains vers moi , ces» mains font fouillées de sang, je isécoute-» rai point vos prières ; mais purifiez votre» cœur ; ne méditez plus de projets iniques ,» ceflez (serre méchans 6c pervers, obstr-» vez la justice , pratiquez la bienfaisance,» secourez les opprimés, défendez la veuve» 6c l’orphelin ; après cela venez à moi, ve-» nez en toute assurance, 6c quand vous fe-» riez tout noircis de crimes, je vous ren-» drai plus blancs que la neige». Quomihimultitudinem viçlimarum yejii arum , dìcit Do-