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prochoît un peu d’eux sur la discipline, íls
{ >ourroient bien se rapprocher de nous fure dogme.
Premiere objection. Le grand avantageque vous envisagez dans la suppression desfetes , c’est l’épargne des dépenses superfluesqui se fonrces jours-là, 8c que l'on évi-terait , dires-vous, en rejetant les fêtes audimanche : mais cette épargne prétendue estindifférente à la société , d’autant quel’ar-gent déboursé par les uns , va nécessaire-ment au profit des autres, je veux dire à tousceux qui travaillent pour la bonne chere Scla parure, pour les amusemens , les jeux,8c les plaisirs; L un gagne ce que l’autre estcensé perdre , &c par-sà tout rentre dans lamasse. Ainsi le dommage que vous imagi-nez dans certaines dépenses, 8c le gain quevous croyez appercevoir dans certaines épar-gnes, sont absolument chimériques.
Réponse , La grande utilité que j'en-visage dans l’exécntion de mon projet, n'estpoint !'épargne qu'on gagne par la fuppresijîon des fêta , puisque je ne là porte qu'autiers du gain total que je démontre. En esterj'estime à dix fous par jour de Me la perteque fait chaque travailleur par la cessationdes travaux; Sc je ne mets qu'à cinq fousl’augmentation de dépense : ainsi l'épargnedont il s'agit n’est que la moindre partiedes avantages qu’on trouverait dans la di-minution des fetes. La principale utilité d'unrel retranchement, consiste dansl’augmen-tation des travaux , 8c conséquemment desfruits qu'un travail continu ne peut man-quer de produire. Mais indépendimmentde ce défaut dans l’objection , je soutiensquant au fond, que le raisonnement qu'onoppose.là-dessus est frivole 8c mal sondé :car enfin la question dont il s’agit m roulepoint surl’argent qui se dépense duranles/A.tes , & que je veuille épargner en iàveurdu public. Il est bien. certain que hrgenrcircule 3c qu’il passe d’une main à'autredans le commerce des amusemens <c desplaisirs ; mais tout cela ne produit rin dephysique , 3c n’empêche point la pert gé-nérale 3ç particulière qu’en traîne touoursle divertissement 8c l’oisiveté. Si cheunpouvoir se réjouir & dépenser à son pé ,sans que la masse des biens diminuât, cesttrojt une pratique des plus commods :
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malheureusement cela n’est pas possible ; onvoir au contraire que des dépenses inutiles& mal placées , loin de soutenir le com-merce 8c l’opulence générale , ne produisentau vrai que des anéantissemens 8c de la rui-ne : le tout indépendamment de l'eípece ;qui ne sert en tout cela que de véhicule.
Et qu'on ne dise point, comme c'est l’or-dinaire , que les amusemens , les jeux , lesfestins, &c. occupent & font vivrehien dumonde , 8c qu'ils produisent par conséquentune heureuse circulation : car c’est une rai-son pitoyable. Avec ce raisonnement , onva montrer que la plupart des pertes 8c descalamités publiques & particulières , sont devrais biens politiques.
La guerre qu’on regarde comme un fléau,n'est plus un malheur pour l'état, puisqu’en-fin elle occupe 8c fait vivre bien du monde.Une maladie contagieuse qui désole uneville ou une province , n’est point encoreun grand mal, vu qu’elle occupe avec fruittous les suppôts de la médecine , &c. 8c sui-vant le même raisonnement , celui qui sèruine par les procès ou par la débauche ,se rend par-là fort utile au public, d’autantqu'il fait le profit de ceux qui servent sesexcès ou ses folies; que dis-je ? un incen-diaire en brûlant nos maisons mérite desré-compenfes , attendu qu’il nous met dansl’heureuse nécessité d’employer bien dumonde pour les rétablir ; & un machiniste ,au contraire , en produisant des facilitésnouvelles pour diminuer le travail & la peinedans les gros ouvrages, ne peut mériter quedu blâme pour une malheureuse découvertequi doit faire congédier plusieurs ouvriers.
Pour moi je pense que l’enrichissementd’une nation est de même nature que celuid’une famille. Comment devient-on richepour l’ordinaire ; Par le travail 8c par l’éco-nomie ; travail qui enfante de nouveauxbiens ; économie qui fait les conserver 8c lesemployer à propos. Ce n’est pas astez pourenrichir un peuple , de lui procurer de l’oc-cupation. La guerre , les procès, les ma-ladies , les jeux , & les festins occupent aussiréellement que les travaux de 1 agriculture,des fabriques , ou du commerce : mais deces occupations les unes. sont fructueuses 8cproduisent de nouveaux biens , les autresfont stériles 3í destructives.