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Tome quatorzième.
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corces, fur lesquelles on jette des pierres, 1du bois & de la terre. Chacun se retire en-suite chez soi, &c. ->.

Fête de lO ou des O, (Thêol.) quel’on appelle autrement la fête de Vattentedes couches de la Vierge, Elle fut etablie enEspagne au dixieme concile de Tolede,tenu en 636 sous le régné de Recesuinde,roi des Viíìgoths alors maîtres de l’Espa-gne , Sc du temps de S. Eugene III, évê-que de Tolede. On y ordonna que la fêtede l’annonciation de N. D. & de incar-nation du Verbe divin, se célébreroit huitjours avant noël; parce que le z5 de mars,auquel ces mystères ont été accomplis, ar-rive ordinairement en carême, Sc astez sou-vent dans la semaine de la passion 6 c dansla solemnité de pâque, où l’église est oc-cupée d'autres objets Sc de cérémonies diffé-rentes. Saint Ildephonfe, successeur d’Eu-gene , confirma cet établissement , Sc or-donna que cette fête seroit aussi appelléede l’attente des couches de N. D, On luidonna encore le nom de fête des O ou del’O, parce que durant cette octave on chanteaprès le cantique Magnificat , chaque jour,une antienne solemnelle qui commence par

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qui étoient rangées des deux côtes pourmarquer les juifs Sc les gentils, auxquelsles chantres disoient quelques paroles ; puisils appelloient les prophètes l'un après l'au-tre , qui prononçoient chacun un passagetouchant le Messie. Ceux qui faisoient lesautres personnages , s’avançoient en leurrang , les chantres leur faisant la deman-de , Sc chantant ensuite les versets qui serapportoient aux juifs & aux gentils ; Scaprès avoir représenté le miracle de lafournaise, & fait parler Nabuchodonosor,la sybille paroifloit la derniere , puis tousles prophètes Sc les chœurs chantoient unmotet qui terminoit la cérémonie. Ducange ,glojs. ( G )

Fête des Fous, (Hifi, mod.) réjouis-sance pleine de désordres, de grossièretésSc d'impiétés, que les sous-diacres, les dia-cres Sc les prêtres mêmes faisoient dans laplupart des églises durant l’office divin, prin-cipalement depuis les fêtes de noël jusqu’àl’épiphanie.

Ducange , dans son glossaire , en parle aumot kalendœ , 6 c remarque qu’on la nom-moit encore la fête des fous-diacres ; nonpas qu’il n’y eût queux qui la fêtassent ,

O , qui est une exclamation de joie Sc de ; mais par un mauvais jeu de mots tombantdésir , comme O Adonaï ! O rex gentium ! j fur la débauche des diacres, & cette pointe

O radix Jejfe ! O clavis David ! Sec,

Dans l’église de Rome Sc dans celle deFrance , il n’y a point de fête particulière

signifioit la fête des diacres saouls & ivres.

Cette fête étoit réellement d’une telleextravagance , que le lecteur auroit peine à

sous ce nom ; mais depuis le 1 $ décembre y ajouter foi, s’il n’étoit instruit de l’igno-jusqu’au z 3 inclusivement, on y chante ! rance Sc de la barbarie des siécles quitous les jours à vêpres, au son des cloches, * ont précédé la renaissance des lettres enune de ces antiennes. ] Europe.

Fête des Anes , ( Hifl . mod. ) cérémo- J Nos dévots ancêtres ne croyoient pas dés-iste qu’on faisoit anciennement dans l’église honorer Dieu par les cérémonies bouffon-nes Sc grossières que je vais décrire , déri-vées presque toutes du paganisme , intro-duites en des tsmps peu éclairés, Sc contrelesquelles l’église a souvent lancé ses foudresfans aucun succès.

Par la connoiflance des saturnales onpeut se former une idée de la fête dessous ,elle en étoit une imitation ; Sc les puérilitésqui règnent encore dans quelques-unesde nos églises le jour des innocens , nesont que des vestiges de la fête dont il s’a-git ici.

Comme dans les saturnales les valets fai-soient les fonctions de leurs maîtres, de

cathédrale de Rouen le jour de noël. C’é-toit une procession où certains ecclésiasti-ques choisis représentoient les prophètes de1 ancien testament qui avoient prédit lanaissance du Messie. Balaam y paroissoitmonté sur une ânejfe , Sc c’est ce qui avoitdonné le nom à la fête. On y voyoit aussiZacharie , sainte Elisabeth , saint Jean-Baptiste , Siméon, la sybille Erythrée, Vir-gile , à cause de son églogue, Sicelides Mufce,Sec. Nabuchodonosor , Sc les trois enfansdans la fournaise. La procession, qui for-koit du cloître , étant entrée dans l’église,s’arrêtoit entre un nombre de personnes