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Tome quatorzième.
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foi du peuple fur le mystère de l’eucharistìe.Cette fête se célébré à Angers avec une ma-gnificence extraordinaire ; & la procession ,qu’on y nomme le sacre , sacrum , est célé-bré par le concours des peuples & des étran-

f ers. On prétend qu’tlle y fut instituée dèsan 1019 , pour faire amende honorable àJesus-Christ des erreurs de Berenger , archi-diacre de cette ville , Sc chef des lacramen-taires. Voyc{ Berengariens. (G)

Fêtes des Morts ou Festin des Morts ,( Hifi. mod. ) cérémonie de religion très-solemnelle en Fh mineur des morts, usitéeparmi les sauvages d’Amérique , qui se re-nouvelle tous les hait ans parmi quelquesnations, Sc tous les dix ans chez les FluronsSc les Iroquois.

Voici la description qu’en donne le P.de Charlevoix, dans son journal d'un voyaged’Amérique , page 377. « On commence ,dit cet auteur , par convenir du lieu où sefera l’assemblée ; puis on choisit le roi de lafête , dont le devoir est de tout ordonner,Sc de faire les invitations aux villages voisins.Le jour marqué étant venu, les sauvagess’asiemblent, & vont processionnellementdeux à deux au cimetière. Là chacun tra-vaille à découvrir les corps , ensuite on de-meure quelque temps à considérer en silenceun spectacle si capable de fournir les plusíerieuses réflexions. Les femmes interrom-pent les premieres ce religieux silence , enjetant des cris lamentables qui augmententencore l’horreur dont tout le monde est pé-nétré. »

“Ce premier acte fini, on prend ces ca-davres , on ramasse les ossemens secs Scdétachés, on les met en paquets ; & ceuxqui font marqués pour les porter , les char-gent fur les épaules. S’il y a des corps quine soient pas entièrement corrompus, onen détache les chairs pourries & toutes lesordures ; on les lave , & on les enveloppedans des robes de castors toutes neuves.Ensuite on s’en retourne dans le même ordrequ’on avoit gardé en venant ; Sc quand laprocession est rentrée dans le village , cha-cun dépose dans fa cabane le dépôt dont ilétoit chargé. Pendant la marche , les femmescontinuent leurs éjaculations, & les hommesdonnent les mêmes marques de douleur qu’aujour de la mort de ceux dont ils viennent de

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lever les tristes restes : & ce second acte estsuivi d’un festin dans chaque cabane , tul’honneur des morts de fa famille. »

“ Les jours íuivans on en frit de pu-blics , accompagnés de danses, de jeux,de combats, pour lesquels il y a des prixproposés. De temps en temps on jette decertains cris , qui s’appellent les cris desâmes. On fait des prélens aux étrangers,parmi lelqutls il y en a quelquefois qui fontenvoyés à iyo lieues, & on en reçoit d’eux.On profite même de ces occasions pour trai-ter des affaires communes , ou de sélec-tion d’un chef.. .Tout, jusqu’aux danses,y respire je ne sais quoi de lugubre , Sc ony sent des cœurs percés de la plus vivedouleur.. ... Au bout de quelques jours onse rend encore processionnellement dansune grande salle du conseil, dresiee ex-près ; on y suspend contre les parois, lesoflemens Sc les cadavres, dans le mêmeétat où on les a tirés du cìmetiere ; on yétale les prélens destinés pour les morts. Siparmi ces tristes restes il se trouve ceuxd’un chef, son successeur donne un grandrepas en ion nom, & chante fa chanson.En plusieurs endroits les corps font pro-menés de bourgade en bourgade, & reçuspar-tout avec de grandes démonstrations dedouleur & de tendresse. Par-tout on leutfait des prélens, Sc on les porte enfin àl’endroit où ils doivent être déposés pourtoujours.... Toutes ces marches se fontau Ion des instrumens accompagnés dssplus belles voix, Sc chacun y marche encadence.

„ La derniere Sc commune sépulture estune grande folle qu’on tapisse des plus bel-les pelleteries & de ce qu’on a de plus pré-cieux. Les prélens destinés pour les morts,font placés á part. A mesure que la proces-sion arrive, chaque famille s’arrange fuides eípeces d’échafkuds dresiés autour de lafosse ; & au moment que les corps font dé-poses , les femmes recommencent à crier Scà pleurer ; ensuite tous les assistans descen-dent dans la fosse, Sc il n’est personne quin’en prenne un peu de terre , qui íè con-serve précieusement. Ils s’imaginent que cetteterre porte bonheur au jeu. Les corps Sc lesosièmens font arrangés par ordre ; couvertsde fourrures toutes neuves, & par-dessus d’e-