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à la curiosité des Anglois. Outre les feuxd’artifices donnés fur la Tamise, on eutl’habileté de faire partir des quartiers lesplus éloignés de Londres, & d’une ma-niéré auíïi élégante qu ingénieuse , les ac-teurs qui dévoient amuser la cour. Ondon-noit ainsi à tous les citoyens la part raisonna-ble qui leur étoit due des plaisirs qu’alloientprendre leurs maîtres.
Le peuple , qu’on croit faussement neservir que de nombre , nos numerus fu-mas , 8cc. n est pas moins cependant levrai trésor des rois : il est, par son indus-trie 8c fa fidélité , cette mine féconde quifournit fans cesse à leur magnificence; la né-cessité le ranime , l’habitude le soutient, &cl’opiniâtreté de ses travaux devient la sourceintarissable de leurs forces, de leur pouvoir,de leur grandeur. Ils doivent donc lui don-ïier une grande part aux réjouissances solem-neHes, puisqu’il a été l'instrument secret desavantages glorieux qui les causent. V. Fêtesde la Cour, de la Ville, des Princesde France, &c. Festins royaux, Illu-minations , 6’c. Feu d’Artifice. (B)
Fêtes de la Cour de France. Lestournois & les carrousels, ces fêtes guerrières8c magnifiques, avoient produit à la courde France en l’année 1559 un événementtrop tragique pour qu’on pût songer à lesy faire servir souvent dans les réjouissancessolemntlles. Ainsi les bals, les mascarades ,&c sur-tout les ballets qui n’entraînoientaprès eux aucun danger , &c que la reineCatherine de Médicis avoit connus à Flo-rence, furent pendant plus de yo ans laressource de la galanterie 8c de la magni-ficence françoise,
L’ainé des enfans de Henri II, ne régnaque dix-sept mois; il en coûta peu de soinsà fa mere pour le distraire du gouvernement,que son imbécillité le mettok hors d’état delui disputer; mais le caractère de Charles IX,prince fougueux , qui joignoit à quelque es-prit un penchant naturel pourlesbeaux-arts,tint dans un mouvement continuel l’adresse,les ressources, la politique de la reine : elleimagina fèces fur fêtes pour lui foire perdrede vue lans cesse le seul objet dont elle au-roit dû toujours l’occuper. Henri III devoirtout à fa mere, il n’étoit point naturelle-ment ingrat ; il avoit la pente la plus forte
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au libertinage, un goût excessif pour le plai-sir, l’esprit léger, le cœur gâté, Famé foi-ble. Catherine profita de cette vertu & deces vices pour arriver à ses fins : elle mit enjeu les festins, les bals, les mascarades, lesballets, les femmes les plus belles, les cour-tisans les plus libertins. Elle endormit ainsice prince malheureux fur un trône entouréde précipices : fa vie ne fut qu’un long som-meil embelli quelquefois par des images rian-tes , 8 c troublé plus souvent par des songesfunestes.
Pour remplir Fobjet que je me propose ici,je crois devoir choisir parmi le grand nom-bre de fêtes qui forent imaginées durant cerégné, celles qu’on donna en 1581 pour lcmariage du duc de Joyeuse 8 c de Margue-rite de Lorraine, belle-soeur du roi. Je ncfais au reste que copier d’un historien con-temporain les détails que je vais écrire.
" Le lundi 18 septembre 1581, le ducde Joyeuse 8 c Marguerite de Lorraine, fillede Nicolas de Vaudemont, soeur de la rei-ne , forent fiancés en la chambre de la rei-ne , 8 c le dimanche suivant furent mariés àtrois heures après midi en la paroisse de S.Germain de l’Auxerrois.
Le roi mena la mariée au Moûtier, sui-vie de la reine, princesses, 8 c dames tantrichement vêtues, qu’il n’est mémoire enFrance d’avoir vu chose si somptueuse. Leshabillemens du roi & du marié étoient sem-blables, tant couverts de broderie, de per-les, pierreries, qu’il n’étoit possible de lesestimer; car tel accoûtrement y avoit quicoûtoit dix mille écus de façon : 8 c toutefois,aux dix-sept festins qui de rang 8 c de jourà autre, par ordonnance du roi, forent faitsdepuis les noces, par les princes, seigneurs,parens de la mariée, & autres des plus grandsde la cour, tous les seigneurs & dames chan-gèrent d’accoûtremens, dont la plupart étoientde toile & drap d’or 8 c d’argent, enrichis debroderies & de pierreries en grand nombre& de grand prix.
La dépense y fut si grande, y comprisles tournois , mascarades, présens, devises ,musique, livrées, que le bruit étoit que leroi n’en seroit pas quitte pour cent milleécus.
Le mardi 18 octobre , le cardinal deBourbon fit son festin de noces à l’hótel de