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Tome quatorzième.
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son abbaie S. Germain després, 8c fie faireà grands frais fur la riviere de Seine, ungrand 8c superbe appareil d J un grand bacaccommodé en forme de char triomphant,dans lequel le roi, princes, princesses,8c lesmariés dévoient passer du louvre au pré-aux-clercs, en pompe moult folemnelle ; car cebeau char triomphant devoir être tiré par-dessus l J eau par d'autres bateaux déguisés enchevaux marins, tritons, dauphins, balei-nes , 8c autres monstres marins, en nombrede vingt-quatre, en aucun deíquels étoientportés à couvert au ventre desdits monstres,trompettes,clairons,cornets, violons, haut-bois, 8c plusieurs musiciens d’excelience,même quelques tireurs de feux artificiels,qui pendant le trajet dévoient donner maintspasse-temps, tant au roi qu à foooo person-nes qui étoient fur le rivage ; mais le mystèrene fut pas bas bien joué, 8c ne put-on fairemarcher les animaux, ainsi qu'on savoirprojeté ; de façon que le roi ayant attendudepuis quatre heures du soir jusqu à sept,aux tuileries, le mouvement & achemine-ment de ces animaux, fans en appercevoiraucun effet, dépité, dit, qu il voyoit bienque c etoient des bêtes qui commandoientà d'autres bêtes ; 8c étant monté en coche,s’en alla avec la reine, 6c toute la fuite, aufestin qui fut le plus magnifique de tous ,nommément en ce que ledit cardinal fit re-présenter un jardin artificiel garni de fleurs8c de fruits 1 comme si c’eût été en mai ouen juillet 8c août.

Le dimanche 15 octobre , festin de lareine dans le louvre ; 8c après le festin, leballet de Circé 8c de ses nymphes --.

Le triomphe de Jupiter 8c de Minerveétoit le sujet de ce ballet, qui fut donnésous le titre de ballet comique de la reine ; ilfut représenté dans la grand’-salle de Bour-bon par la reine , les prince stes, les prin-ces > 8c les plus grands seigneurs de la cour.

Balthazar de Boisjoyeux, qui étoit dansce temps un des meilleurs joueurs de violonde l’Europe, fut l’inventeur du sujet, & endisposa toute l’ordonnance. L’ouvrage estimprimé, 8c il est plein d’inventions d esprit;il en communiqua le plan à la reine, qui l’ap-prouva : enfin tout ce qui peut démontrer lapropriété d’une composition so trouve pourloi dans l'histoire. D'Aubigné cependant,

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dans fa vie qui est à la tête dû baron deFœneste, se prétend hardiment auteur dece ballet. Nous datons de loin pour les volslittéraires.

Le lundi 16 , en la belle 8c grande licçdressée 8c bâtie au jardin du louvre, se fitun combat de quatorze blancs contre qua-torze jaunes, à huit heures du soir, aux flam-beaux.

Le mardi 17, autre combat à la pique,à l’estoc, au tronçon de la lance, à pié Scà cheval; 8c le jeudi 19 , fut fait le Dalletdes chevaux, auquel les chevaux d’Eípagne,coursiers, Sc autres en combattant s’avan-çoient, se retournoient, contournoient auson 8c à la cadence des trompettes 8c clai-rons , y ayant été dressés cinq mois aupara-vant.

Tout cela sot beau 8c plaisant : mais lagrande excellence qui se vit les jours demardi 8c jeudi, sot la musique de voix 8cd’instrumens la plus harmonieuse Sc la plusdéliée qu’on ait jamais ouie (on la devoirau goût 8c aux soins dé Baïf ) ; furent auíTìles feux artificiels qui brillèrent avec effroya-ble épouvantement 8c contentement de tou-tes personnes, fans qu’aucun en sot offensé

La partie éclatante de cette fête , qui a étésaisie par l’historien que j’ai copié , n est pascélle qui méritoit le plus d’éloges: il y eneut une qui lui sot très-supérieure, 8c quine l’a pas frappé.

La reine 8c les princeflès qui représon-toient dans le ballet les nayades 8c les né-réides , terminerent ce spectacle par des pré-sens ingénieux qu’elles offrirent aux princes.8c seigneurs, qui, sous la figure de tritons,avoient dansé avec elles. C’étoient des mé-,dailles d’orgravées avec assez de finesse pour,le temps: peut-être ne sera-t-on pas fâchéd’en trouver ici quelques-unes. Celle que lareine offrit au roi représentoit un dauphinqui nageoir sur les flots ; ces mots étoientgravés fur les revers : delphinum , ut dclphi-num rependat , ce qui veut dire :

Je vous donne un. dauphin , & j*en attendsun autre.

Madame de Nevers en donna une auduc de Guise, fur laquelle étoit gravé uncheval marin avec ces mots : adverfus fem-ptr in hojlem , prêt à fondre sor l'ennemi.Il y ayoit fur celle que M. de Genevois re-

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