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çut de madame de Guise un arion avec cesparoles : populi Juperat prudentia fiuâus ,
Le peuple en vain s’émeut, ta prudence Vapaise.
Madame d’Aumale en donna une à M.de Chaulïin, fur laquelle étoit gravée unebaleine avec cette belle maxime: cui fat,ail ultra ;
Avoir ajsc {, c est avoir tout.
Un phyíìte, qui est une eípece d’orqueou de baleine, étoit représenté sur la mé-daille que madame de Joyeuse offrit aumarquis de Pons; ces mots lui servoient dedevise : fie famam jungere famee ;
Si vous voule^pour vous fixer 1a. r enommée ,Occupes toujours fis cent voix.
Le duc d'Aumale reçut un triton tenantun trident, & voguant sur les flots-irrités ;ces trois mots étoient gravés fur les revers :commevet & cédât /
II les trouble & les calme.
Une branche de corail íortant de Peau,étoit gravée iur la médaille que madamede l'Archant présenta au duc de Joyeuse ;elle avoir ces mots pour devise : cadem na-zura remanfit. ;
11 change en vain, il es te mémt.
Ainsi la cour de France, troublée parlamauvaise politique de la reine, divisée parPintrigue , déchirée par le fanatisme, nece-floit point cependant d etre enjouée, po-lie & galante. Trait singulier 8c de carac-tère , qui seroit fans doute une forte de mé-rite , fi le goût des plaisirs , fous un roi effé-miné , n'y avoir été pouffe jusqu'à la licencela plus effrénée ; ce qui est toujours une ta-che pour le souverain, une flétrissure pourles courtisans, 8c une contagion funestepour le peuple.
On ne s’est point refuse à ce récit , peut- :être trop long, parce qu on a cru qusil se-roit suffisant pour faire connoître le goûtde ce temps, & que moyennant cet avan-tage iï cíispenítroit de bien dùutres détails.Les regnes suivans prirent le ton de celui-ci.HenriIV aimoit les plaisirs, k danse, &les fêtes. Malgré ['agitation de son- administration pénible, il • se livra à cet aimablepenchant; mais par une impulsion de ce bonesprit, qui régloit presque toutes les opéra-
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dons de son régné , ce fut Sully, !e grave ;le sévere, l'exact Sully, qui eut l’intendancedes ballets, des bals, des mascarades, detoutes les fêtes , en un mot, d'un roi auílìaimable que grand , 8c qui méritoit à tantde titres de pareils ministres.
Il est singulier que le régné de Louis XIII,
> & le ministère du plus grand génie qui aitjamais gouverné la France , n'offrent rien furcet article, qui mérite d'être rapporté. Lacour pendant tout ce temps ne cessa d'êtretriste, que pour descendre jusqu'à une sortede joie baffe, pire cent fois que la tristesse.Presque tous les grands spectacles de cetemps, qui étoient les seuls amusemens duroi & des courtisans François, ne furent quede froides allusions, des compositions tri-viales , des fonds misérables. La plaisante-rie-la moins noble, & du plus mauvais goût,s'empara pour lors fans contradiction du pa-lais de nos rois. On croyoit s’y être bien ré-joui , lorsqu'on y avoir exécuté le ballet demaître Galimathias , pour le grand bal de ladouairière de Billebahaut , & de son fanfan deSottevilk\
On applaudiffoit au duc de Nemours, quiimaginent de pareils sujets ; & les courtisans,toujours persuadés que le lieu qu'ils habi-tent , est le seul lieu de la terre où le bongoût réside, regardoient en pitié toutes lesnations qui ne partageoient point avec euxdes divertilfemens auiîì délicats.
La reine avoir proposé au cardinal deSavoie, qui étoit pour lors chargé en Francedes négociations de íà cour , de donner auroi une fête de ce genre. La nouvelle s'en-répandit, & les courtisans en rirent. Ils trou-voient du dernier ridicule, qií’on s’adrdlàtà de plats montagnards, pour divertir unecour aussi polie que letoit la cour de France,
On dit au cardinal de Savoie les proposcour ans. Il étoit magnifique, & il avoir au-près de lui le comte Philippe d*Agliê . Voy*Ballet. Il accepta avec respect: la proposi-tion de la reine, 8c il donna à Monceauxun grand ballet, fous le titre de gli habitatoridi monti , ou les montagnards,
Ce spectacle eut toutes Les grâces de lanouveauté; {'exécution en fut vive & rapide,& k variété, les contrastes, k galanteriedont if étoit rempli, arrachèrent les applau-dtiìemens & les- suffrages de toute la cour,