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Tome quatorzième.
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éclat, sous le régne florissant de Louis XIV.Voye ^ Fetes des Princes de la Courde France , ùc .

Elle s’est ainsi soutenue dans toutes les cir-constances pareilles ; mais celles où elle offritce que la connoifsance & l’amour des artspeuvent faire imaginer de plus utile & deplus agréable, semblent avoir été réservéesau successeur du nom & des qualités bril-lantes du cardinal de Richelieu, En lui milletraits annonçoient à la cour l’homme aima-ble du siecle, aux arts un protecteur, à laFrance un général. En attendant ces tempsde trouble, où l'ordre & la paix le suivirentdans Gènes, & ces jours de vengeance , oùune forteresse qu on croyoit imprenable de-voir céder à les efforts, son génie s’embel-listoit fans s’amollir, par les jeux rians desmuses & des grâces.

Il éleva dans le grand manège la plus belle,la plus élég inte, la plus commode salle despectacle, dont la France eût encore joui.Le théâtre étoit vaste; le cadre qui le bor-doit, de la plus élégante richesse, 8c la dé-coupure de la salle, d’une adresse assez sin-gulière, pour que le roi & toute la courpussent voir d'un coup d'œil le nombre in-croyable de spectateurs qui s’empreflerentd’accourir aux divers spectacles qu’on y don-na pendant tout l’hiver.

C'est-là qu’on pouvoir sure voir successi-vement 8c avec dignité les chefs-d’œuvreimmortels qui ont illustré la France, au-tant que l'étendue de son pouvoir, & plus,peut-être, que ses victoires. C’étoit fans doutele projet honorable de M. le maréchal deRichelieu. Une salle de théâtre une sois éle-vée le suppose. La fête du moment n’étoitqu’un prétexte respectable, pour procurerà jamais aux beaux-arts un asyle dignedeux , dans une cour qui les connoît 8c quiles aime.

Une impulsion de goût 8c de génie déter-mina d’abor d l'illustre ordonnateur de cettefête , à rassembler, par un enchaînementthéâtral, tous les genres dramatiques.

Il est beau d’avoir imaginé un ensemblecomposé de différentes parties, qui, sépa-rées les unes des autres, forment pour l’or-dinaire toutes les especes connues. L’idéevaste d’un pareil spectacle, ne pouvoir naî-tre que dans l’esprit d’un homme capable

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des plus grandes choses : Le si, à quelqueségards, l’exécution ne fut pas aussi admira-ble qu’on pouvoir l’attendre, si les effortsredoublés des deux plus beaux génies denotre siecle, qui furent employés à cet ou-vrage , ont épuisé leurs ressources fans pou-voir porter ce grand projet jusqu’à la der-niere perfection, cet événement a du moinscet avantage pour les arts, qu’il leur annoncel’imposlibilité d’une pareille entreprise pourl’avenir.

La nouvelle salle de spectacle, construiteavec la rapidité la plus surprenante, par unessor inattendu de méchanique, se métamor-phosent à la volonté en une salle étendue 8cmagnifique de bal. Peu de momens aprèsy avoir vu la représentation pompeuse &c tou-chante d’Armide, on y trouvoit un bal leplus nombreux Sc le mieux ordonné. Lesamusemens variés & choisis se succédoientainsi tous les jours; 8c la lumière éclatantedes illuminations, imaginées avec goût,embellies par mille nouveaux dessins , rela-tifs à la circonstance, 8c dont la riche &cprompte exécution paroifloit être un enchan-tement, prêtoit aux nuits les plus sombrestous les charmes des plus beaux jours. V.Salle de Spectacle , Illumination ,Feu d’artifice , ùc .

Le ton de magnificence étoit pris, &c lessuccesseurs de M. le maréchal de Richelieuavoient dans leur cœur le même désir deplaire, dans leur esprit un fonds de connoiC-lances capables de le bien soutenir, 8c cetteportion rare de goût, qui dans ces occa-sions devient toujours comme une especede mine abondante de moyens & de res-sources.

M. le duc d’Aumont, premier gentil-homme de la chambre , qui succéda à M.le maréchal de Richelieu, tenta une grandepartie de ce que celui-ci avoit courageuse-ment imaginé ; mais il eut l’adresse de recou-rir au seul moyen qui pouvoit lui procurerle succès, 8c il fut éviter l’obstacle qui de-voir le faire échouer. Dans un grand théâtre,avec d’excellens artistes, des acteurs pleinsde zele & de talens, que ne peut-on pas es-pérer du secours du merveilleux, pourvuqu’on sache s’abstenir de le gâter par le mé-lange burlesque du comique ? Sur ce principeM. le duc d'Aumont fit travailler à un pu-