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vrage, dont il n'y avoir point de models.Un combat continuel de l’art & de la natureen étoit le fond, l’amour en étoit l J ame,& le triomphe de la nature en sut le dé-nouement.
On n’a point vu à la fois fur les théâtresde l’Europe un pareil assemblage de mouve-mens & de machines, si capables de répan-dre une aimable illusion , ni des décorationsd’un dessin plus brillant , plus agréable &plus susceptible d’expression. Les meilleurschanteurs de l’opéra ; les acteurs de notrethéâtre les plus furs de plaire ; tous ceux quibrilloient dans la danse françoise, la seuleque le génie ait inventée, & que le goûtpuille adopter, furent entre-mêlés avec choixdans le‘.cours de ce superbe spectacle. Aussivit-on Zulisca amuser le roi, plaire à la cour,mériter les suffrages de tous les amateurs desarts, & captiver ceux de nos meilleurs ar-tistes.
Le zele de M. le duc de Gesvres fut éclai-ré , ardent, & soutenu, comme lavoir étécelui de ses prédécesseurs ; il sembloit quele roi ne se servît que de la même main pourfaire éclater aux yeux de l’Europe son amourpour les arts, & fa magnificence.
Le second mariage de M. le dauphin en1747 ouvrit une carrière nouvelle à M. le ducde Gesvres, & il la remplit de la maniéré laplus glorieuse. Les bals parés & masquésdonnés avec l’ordre le plus désirable , debrillantes illuminations, voye\ Illumina-tion ; les feux d’artifice embellis par desdessins nouveaux, voyet^ Feu d'artifice ;tout cela préparé fans embarras, fans con-fusion, conservant dans l’exécution cet airenchanteur d'aisance , qui fait toujours lecharme de ces pompeux amuíemcns , nefurent pas les seuls plaisirs qui animèrent lecours de ces feces. Le théâtre du manègeencore a M. le duc de Gesvres desressources dignes de son goût & de celuid'une cour éclairée.
Outre les cssifs-d'œuvre du théâtre fran-çois, qu’on vit se succéder sur un autre théâ-tre moins vaste d’une maniéré capable derendre leurs beautés encore plus séduisantes,les opéra de la plus grande réputation firentrevivre fur le théâtre du manège l'ancienncgloire de Quinault , créateur de ce beaugenre, & de Lulli, qui lui prêta tous ces
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embelliffemens nobles & simples qui annon-cent le génie & la supériorité qu’il avoiracquise sur tous les musiciens de son temps.
M. le duc de Gesvres fit plus ; il voulutmontrer combien il desiroit d’encourager lesbeaux arts modernes, 8c il fit représenterdeux grands ballets nouveaux, relatifs' à lasite auguste qu’on célébroit, avec toute ladépense, l’habileté, & le goût dont ces deuxouvrages étoient susceptibles. Vannée galantefit l’ouverture des fêtes 8c du théâtre ; lesfêtes de l’hymen 8c de l’amour surent choisiespour en faire la clôture.
Ainsi ce théâtre , superbe édifice du goûtde M. le maréchal de Richelieu, étoit devenul’objet des efforts 8c du zele de nos diverstalens ; on y jouit tour-à-tour des charmesvariés du beau chant françois, de la pompede son opéra, de toutes les grâces de la danse,du feu, de l’harmonieux accord de ses sym-phonies , des prodiges des machines, del’imitation habile de la nature dans toutes lesdécorations.
O 11 ne s’en tint point aux ouvrages choisispour annoncer par de nobles allégories lesjetés qu’on vouloir célébrer ; on prit tousceux qu’on crut capables de varier les plai-sirs. M. le maréchal de Richelieu avoir faitsuccéder à la princesse de Navarre , le Temple■de la Gloire, 8c Jupiter vainqueur des Titans,spectacle magnifique, digne en tout de sau-teur ingénieux & modeste (M. de Bonneval,pour lors intendant des menus-plaisirs duroi ), qui avoir eu la plus grande part à l’exé-cution des belles idées de M. le maréchal deRichelieu. Il est honorable pour les gens dumonde , qu’il se trouve quelquefois parmieux , des hommes aussi éclairés fur les arts.
On vit avec la satisfaction la plus viveZelindor , petit opéra donc les paroles &C lamusique ont été inspirées par les grâces, 8cdont toutes les parties forment une foulede jolis tableaux de la plus douce volupté.
C’est-là que parut pour la premiers foisPlatée , ce composé extraordinaire de la plusnoble & de la plus puissante musique, assem-blage nouveau en France de grandes images& de tableaux ridicules, ouvrage produitpar la gaieté , enfont de la saillie, 8c notre; chef-d’œuvre de génie musical qui 11 ’eut pasi alors tout le succès qu’il méritoit.
| Lc ballet de la Félicité , allégorie ingé-