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Tome quatorzième.
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pont-neuf ; elles fembloient percer l’illumì-- nation dont les trois façades étoient revê-tues , & dont les yeux pouvoient à peinesoutenir f éclat. Dans le même temps un com-bat de plusieurs dragons commença fur laSeine , & le feu d’eau couvrit presque toutela surface de la riviere.

Au combat des dragons succédèrent lesartifices dont les huit bateaux de lumièresétoient chargés. Au même endroit, dans unordre différent, étoient trente - six cascadesou fontaines d’artifice d’environ trente piésde haut, dans de petits bateaux , mais quiparoistoient sortir de la riviere.

Ce spectacle des cascades , dont le signalavoit été donné par un soleil tournant ,avoit été précédé d’un berceau d'étoiles pro-duit par cent soixante pots à aigrettes, placésau bas de la terrasse de l’éperon.

Quatre grands bateaux servant de ma-gasin à l’artifice d'cau, étoient amarrés prèsdes arches du pont-neuf, au courant de lariviere , & quatre autres pareils du côtédu pont-royal. L’artifice qu’on tiroit de cesbateaux, consistoit dans un grand nombrede gros & petits barils chargés de gerbesÔC de pots, qui rempliíToient l’air de serpen-teaux , d'étoiles & de grenouillères. Il yavoit auílî un nombre considérable de gerbesà jeter à la main , & de soleils tournant furl’eau.

La fin des cascades fut le signal de lagrande girande fur l'attique du temple, quiétoit composée de près de six mille fusées.On y mit le feu par les deux extrémités aumême instant ; & au moment qu’elle parut,les deux petites girandes d’accompagne-ment, placées fur le milieu des trotoirs dupont-neuf, de chaque côté composées cha-cune d'environ cinq cens fusées , partirent,& une derniere salve de canon termina cettemagnifique fête.

Tout l’artifice étoit de la composition deM. Elric, saxon , capitaine d’artillerie dansles troupes du roi de fruste.

Le lendemain, 30 août, M. Turgot vou-lut encore donner un nouveau témoignagede zele au roi, à madame Infante, & àla famile royale. Il étoit un de ces hommesrares qui ont l’arc de rajeunir les objets; ilsles mettent dans un jour dont on ne s’étoit pasK visé avant eux ; ils ne font plus reconnoista- ,

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blés. Telle fut la magie dont se servit alors fêuM.Turgot. Il trouva le secret de donner un balmagnifique qui amusa la cour & Paris toutela nuit, dans le local le moins disposé peut-êtrepour une pareille entreprise. M. le maréchalde Richelieu parut en r 745 avoir hérité dusecret de ce magistrat célébré. Voye^ Fetes

DE LA COUR DE FRANCE.

Bal de la ville de Paris , donné dans fiahôtel la Ruit du 30 août

Trois grandes salles dans lesquelles ondansa , avoier.t été préparées avec le plus defoin , 8c décorées avec autant d'adrtílè qued’élégance. L’architecture noble de la pre-mière , qu’on avoit placée dans la cour ,étoit composée d’arcades & d’une doublecolonnade à deux étages, qui contribuoientà l’ingénieufe & riche décoration dont cettesalle fut ornée. Pour la rendre plus magni-fique & plus brillante par la variété des cou-leurs , toute l’architecture fut peinte en mar-bre de différentes especes ; on y préféra ceuxdont les couleurs étoient les plus vives , lesmieux assorties , &C les plus convenables à laclarté des lumières & aux divers ornemensde relief rehaussés d’or, qui repréfentoientles sujets les plus agréables de la fable , em-bellis encore par des positions & des attri-buts relatifs à l’objet de la fête.

Au fond de cette cour changée en sallede bal, on avoit construit un magnifiquebalcon en amphithéâtre, qui étoit rempli d’ungrand nombre de symphonistes. L’intérieurde toutes ces arcades étoit en gradins, cou-verts de tapis en forme de loges, d’une très-belle disposition, & d’une grande commo-dité pour les masques, auxquels on pouvoirservir des rafraîchiflemens par les derrières.Elle étoit couverte d’un plafond de niveau ,& éclairée d’un très-grand nombre de lustres,de girandoles & de bras â plusieurs bran-ches , dont l’ordonnance déceloit le goûtexquis qui ordonnoit tous ces arrangemens.

La grand’-falle de l’hôtel-de-ville , quis’étend fur toute la façade , servoit de se-conde salle ; elle étoit décorée de damas jau-ne , enrichi de fleurs en argent : on y avoitélevé un grand amphithéâtre pour la sym-phonie. Les embrasures & les croisées étoientdisposées en estrades & en gradins, la sallet étoit éclairée par un grand nombre de bougies.