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La troisième salle étoit disposée dans cellequ’on nomme des gouverneurs ; on savoir dé-corée d’étosse bleue, ornée de galons ÔC gazedor, ainsi que l’amphithéatre pour la sym-phonie : elle étoit éclairée par une infinité delumières placées avec art.
On voyoit par les croisées de ces deuxsalles, tout ce qui se paíloit dans la premiere :c’étoit une perspective ingénieuse qu on avoitménagée pour multiplier les plaisirs. On com-muniquoit d’une salle à l'autre par un grandappartement éclairé avec un art extrême.
Auprès de ces trois salles on avoit dressédes buffets décorés avec beaucoup d’art, &munis de toutes sortes de rafraîchistemens,qui furent offerts ôc distribués avec autantd’ordre & d’abondance que de politesse.
On compte que le concours des masquesa monté à plus de i iooo depuis les huit heu-res du soir que le bal commença jusqu’à huitheures du matin. Toute cette fête se pasiaavec tout samusement, sordre & la tran-quillité qu on pouvoit delirer , ôc avec unesatisfaction ôc un applaudissement général,
Les ordres avoient été si bien donnés ,que rien de ce qu on auroit pu desirer n yavoit été oublié. Les précautions avoientété portées jusqu’à sextrême , & tous les ac-cidens quelconques avoient dans des endroitssecrets, lesremedes, les secours, les expédiensqui peuvent les prévenir ou les réparer. La pla-ce de Greve & toutes les avenues furent tou-jours libres, en sorte qu’on abordoità l’hôtel-de-ville commodément, fans accidens& fanstumulte.Des fallots fur des poteaux,éclairoientla place ôc le port de la Greve, jusque versle pont-Marie, où son avoit soin de fairedénier ôc ranger les carrosses; il y avoit des bar-rières furie rivage, pour prévenir lesaccidens.
Toutes les dispositions de cette grandefête ont été conservées dans leur état parfaitpendant huit jours, pour donner au peuplela liberté de les voir.
Les grands effets que produisit cette mer-veilleuse fête , fur plus de 600000 specta-teurs , sont restés gravés pour jamais dansle souvenir de tous les François. Aussi lenom desTurgots sera-t-il toujours cher à unenation senhble à la gloire, ôc qui mérite plusqu’une autre de voir éclore dans son sein lesgrandes idées des hommes. Voyei^ Illumi-nation , Feu x/A rtifice j &ç,
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Il y a eú depuis des occasions multipliées,où la ville de Paris a fait éclater son zeleôc fa magnificence ; ainsi la convalescencedu plus chéri de nos rois, son retour de Metz(yoyc^ Festins Royaux), nos victoires,les deux mariages de monseigneur le dau-phin , ont été célébrés par des fêtes , desilluminations, des bals , des feux d’artifice ;mais un trait éclatant, supérieur à tous ceuxque peuvent produire les arts , un trait quimit honneur à l'humanité, & digne en toutd’être éternisé dans les fastes de sEurope ,est faction généreuse qui tint lieu de fêteà la naissance de monseigneur le duc deBourgogne.
Six cens mariages faits ôc célébrés aux dé-pens de la ville, furent le témoignage de sonamour pour l’état, de son ardeur pour l’ac-croissement de ses forces, de l’humanité ten-dre qui guide ses opérations dans sadminisetration des biens publics.
Dans tous les temps cette action auroitmérité les louanges de tous les gens de bien ,ôc les transports de reconnoiflànce de la na-tion entiere. Une circonstance doit la rendreencore plus chere aux contemporains, ôcplus respectable à la postérité.
Au moment que le projet fut proposé àla ville, les préparatifs de la plus belle fêteétoient au point de l’exécution. C’est à l’hô-tel de Conty que devoit être donné le spec-tacle le plus ingénieux , le plus noble , lemoins ressemblant qu’on eût imaginé en-core. Presque toutes les dépenses étoient fai-tes. J’ai vu, j’ai admiré cent fois tous cesmagnifiques préparatifs. On avoit pris desprécautions infaillibles contre les caprices dutemps, l’événement auroit illustré pour ja-mais ôc l’ordonnateur, & nos meilleurs ar-tistes occupés à ce superbe ouvrage. Le suc-cès paroilíoit sûr. La gloire qui devoit le sui-vre fut sacrifiée , sans balancer, au bien plussolide de donner à la patrie de nouveauxcitoyens. Quel est le vrai François qui nesente la grandeur, futilité, la générosité no-ble de cette résolution glorieuse ? Quelle ad-mirable leçon pour ces hommes superficiels„qui croient se faire honneur de leurs richessesen se livrant à mille goûts frivoles 1 Quelexemple pour nos riches modernes, qui nerestituent au public les biens immenses qu’ils[ lui ont ravis, que par les dépenses superflues
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