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Tome quatorzième.
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d’un luxe mal entendu, qui, en les déplaçant,les rend ridicules !

Toutes les villes considérables duroyaumeimitèrent un exemple aulli respectable; &lecat doit ainsi à l’hôtel-de-ville de fa capi-tale, une foule d'hommes nés pour l’aimer,le servir, & le défendre. (B)

Fêtes des grandes Villes du Royau-me de France. C’est ici qu’on doit crain-dre le danger d’unc matière trop vaste. Rienne seroit plus agréable pour nous, que denous livrer à décrire par des exemples auffihonorables que multipliés les resiources duzele de nos compatriotes, dans les circons-tances , où leur amour pour le sang de leursrois a la liberté d'éclater. On verroit dansle même tableau la magnificence constantede la ville de Lyon embellie par le goût deshommes choisis qui la gouvernent, toujoursmarquée au coin de cet amour national, quifait le caractère distinctif de ses citoyens. Acoté des fêtes brillantes, qui ont illustré cetteville opulente, on seroit frappé des ressourcesdes habitans de nos beaux ports de mer, dansles circonstances où le bonheur de nos rois, oùla gloire de la patrie, leur ont fourni les occa-sions de montrer leur adresse Sc leur amour.On trouveroit dans le cœur de la France,,fous les yeux toujours ouverts de nos par-lemens , des villes plus tranquilles , maismoins opulentes, suppléer dans ces momensde joie , à tous les moyens faciles qu’offre auxautres la fortune par l'activité, l'élégan.ce ,les nouveautés heureuses, les prodiges im-prévus que fournit à l'industrie & au bonesprit la fécondité des talens &c des arts.Telles seroient les fêtes de Toulouse , deRennes, de Rouen, de Dijon, de Metz,&c. que nous pourrions décrire ; mais ons’attaçhe ici au néceílaire. Les foins qu'on apris à Bordeaux , lors du passage de notrepremiere dauphine dans cette ville, font unprécis du tout ce qui s’est jamais pratiquéde plus riche, de plus élégant dans les dif-férentes villes du royaume : & les arts diffé-rais qui se sont unis pour embellir ccs joursde gloire , ont laissé dans cette occasionaux artistes plusieurs modelés à méditer &à suivre.

On çommence cette relation du jourque madame la dauphine arriva à Bayon-ne i parce que les moyens qu’on prit pour

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lui rendre son voyage agréable 5 c facile,méritent d’être connus des'lecteurs qui sa-vent apprécier les efforts 5 c les inventionsdes arts.

Madame la dauphine arriva le 15 janvier1745 ù Bayonne. Elle paíla fous un arc detriomphe de quarante piés de hauteur , au-dessus duquel étoient accostées les armes deFrance & celles d'Espagne, soutenues pardeux dauphins, avec cette inscription : Quambene perpetuis fociantur nexibus ambo ! Dechaque côté de l’arc de triomphe régnoientdeux galeries, dont la supérieure étoit rem-plie par les dames les plus distinguées de laville, l’autre l’étoit par cinquante-deux jeu-nes demoiselles habillées à l’espagnole. Tou-tes les rues par lesquelles madame la dau-phine passa , étoient jonchées de verdure ,tendues de tapisteries de haute-lisse, & bor-dées de troupes fous les armes.

Une compagnie de basques qui étoit alléeau-devant de cette princesse à une lieue de laville j l’accompagna en dansant au son des'flûtes & des tambours jusqu’au palais épis-copal , où este logea pendant ion séjour àBayonne.

Dès que le jour fut baissé , les placespubliques , l’hôtel-de- ville & toutes lesrues furent illuminées ; le 17 madame ladauphine partit de Bayonne, ôc continuafa route.

E11 venant de Bayonne , on entre dans lagénéralité de Bordeaux par les landes dcCaptìoux , qui contiennent une grande éten-due de pays plat, où 011 n’apperçoit que troisou quatre hab rations dispersées au loin »avec quelques arbres aux environs.

L’année précédente, l’intendant de (mien-ne prévoyant le passage de l’auguste prin-ce fie que la France attendoit, fit au travers,de ces landes aligner & mettre en état unchemin large de quarante-deux piés, bordéde sosies de six piés. ■

Vers le commencement du chemin, dansune partie tout à fait unie & horizontale,les pâtres du pays, huit jours avant l’arrivéede madame la dauphine, a voient fait plan-ter de chaque côté, à six piés des bords exté-rieurs des fossés, zoo pins espacés de 14 piésentr’eux ; ils formoientune allée de 1200 toi-ses de longueur, d’autant plus agréable à lavue, que tous ces pins étoient entièrement

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