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lieue, étoit décorée de la même maniéré.
Premier t journée, Après que fa majesté fefut reposée un peu de temps, elle parut farle balcon qui donne fur l’avant-cour du châ-teau.
Cette avant-cour est très-vaste, tous lesappartemens bas étoient autant de cuisines,offices Sc salles à manger : ainsi pour la dé-rober à la vue, & à trois toises de distance,on avoit élevé deux amphithéâtres longs deseize toises lur vingt piés de hauteur, distri-bués par arcades , fur un plan à pan coupéLc isolé, Les gradins couverts de tapis, étoientplacés dans ^intervalle des avant-corps ; lesparois des amphithéâtres étoient revêtus defeuillées, qui contournoient toutes les archi-tectures des arcades, ornées de festons &de guirlandes, & éclairées de lustres, char-
f ;és de longs flambeaux de cire blanche. Desumieres arrangées ingénieusement fous dif-férentes formes, terminoient ces amphi-théâtres.
Au milieu de l’avant-cour on avoit élevéentre les deux amphithéâtres une efpece dererraste fort vaste, qui devoir servir à plu-sieurs exercices, Sc on avoit ménagé toutautour des espaces très-larges pour le pastagedes carrosses, qui pouvoient y tourner partout avec une grande facilité. A six toisesdes quatre encognures, on avoit établi qua-tre tourniquets à courir la bague, peints Scdécorés d'une maniéré uniforme.
Pour former une liaison agréable entretoutes ces parties, on avoit posé des guéri-dons de feuillées chargés de lumières, quiconduifoient la vue d'un objet à l'autre pardes lignes droites & circulaires. Ces guéridonslumineux étoient placés dans un tel ordre,quils laistoient toute la liberté du pa stage.
Quand le roi fut lur son balcon, ayantauprès de ía personne une partie de ía cour,le reste alla occuper les fenêtres du corps duchateau , qui, auflì-bien que les ailes, étoitilluminé avec une grande quantité de lam-pions & de flambeaux de cire blanche : cesluçsieres rangées avec art fur les différentesparties de l’architecture, produifoient diver-ses formes agréables Sc une variété infinie.
L’arrivée de fa majesté fur son balcon ,fut célébrée par l'harmonie bruyante de toutela symphonie, placée fur les amphithéâtres,Sc composée des instrumens les plus cham-.Tome XIV.
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1 pitres 5c les plus éclatans : car dans cet or-chestre , qui réunistoit un très-grand nom-bre de violons, de haut-bois Sc de trompet-tes-marines, on comptoir plus de quarantecors-de-chaste. Les tourniquets à courir labague, occupés par des dames supposées descampagnes Sc des châteaux voisins, 8c patdes cavaliers du même ordre, divertirentd’abord le roi. Les danseurs de corde com-mencèrent ensuite leurs exercices, au son desviolons Sc des haut-bois ; dans les vuides dece spectacle, les trompettes-marines Sc lescors-de-chaste fe joignoient aux violons Scaux haut-bois, Sc jouoient des airs de la plusnoble gaieté. La joie régnoit souverainementdans toute f assemblée. Sc les sauteurs pen-dant ce temps l'entretenoient par leur fou-pleste Sc par les mouvemens variés de laplus surprenante agilité.
Après ce divertissement, le roi voulut voircourir la bague de plus près; alors les tour-niquets furent remplis de jeunes princes Seseigneurs, qui briguèrent Remploi d'amuferfa majesté, parmi lesquels le duc de Char-tres, le comte de Clermont, le grand-prieurSc le prince de Valdeik, le duc de Retz, lcmarquis d'Alincourt, le chevalier de Pesé ,fe distinguèrent.
Après avoir été témoin de leur adrestè, leroi remonta Sc fe mit au jeu. Dès que la par-tie du roi fut finie, les comédiens italiensdonnerent un impromptu comique, com-pose des plus plaisantes feenes de leur théâ-tre , que Lelio avoit rassemblées, Sc qui ré-jouirent fort fa majesté.
Tous les gens de goût font d’accord furla beauté de l’ordonnance du parc Sc de*jardins de Villers-Coterets : le parterre, lagrande allée du parc, Sc les deux qui fontà droite Sc à gauche du château, surent il-luminées par une quantité prodigieuse depots-à-feu. Tous les compartimens, dessinéspar les lumières, ne laistoient rien échapperde leurs agrémens particuliers.
Sa majesté descendit pour voir de plus prèsl’effec de cettemagnifiqueillumination. Toutd'un coup Inattention générale fut interrom-pue par le son des haut-bois Sc des musettes;les yeux fe porterent aussi-tôt où les oreillesavertisioient qu’il fe présentoir un plaisirnouveau. On apperçut au fond du parter-re , à k clarté de cent flambeaux, portés
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