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Tome quatorzième.
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appuyés fur la balustrade, masqués en domi-no ou autre habit de bal, dont les couleursétoient très-éclatantes ; ce qui formoit letableau en même temps le plus surprenant& le plus agréable.

Chaque boutique étoit éclairée par quan-tité de bras à plusieurs branches 8c par deuxlustres à huit bougies , qui se répétoient dansles glaces. A celles qui étoient destinées pourla bouche , il y avoir de plus des buffets r an.gés avec art 8c garnis de girandoles. Toutesles boutiques avoient pour couronnementun cartouche qui contentât en lettres d'orle nom du marchand le plus connu de lacour, par rapport à la marchandise de laboutique. Les supports des cartouches étoientornés des attributs qui pouvoient caractéri-ser chaque négoce dans un goût noble. Lesmusiciens 8c musiciennes, danseurs 8c dan-seuses de fopéra , vêtus d’habits galans faitsd’étoffes brillantes , 8c cependant convena-bles aux marchands qu'ils représentoient,y distribuoient généreusement & à tous ve-nans leur marchandise. La premiere bouti-que étoit celle du pâtissier , sous le nom deGodart ; elle étoit meublée d’un cuir argen-té : le fond séparé au milieu par un trumeaude glace , laisioit voir dans ses côtés le lieudestiné au travail du métier , avec tous lesustensiles nécessaires ; la Thierry , danseuse,représentoit la pâtissière ; elle avoit pour gar-çons Malterre 8c Javilliers , qui habillés detoile d'argent, & portant des clayons char-i

Í 'és de ratons tout chauds, couraient vuees débiter dans la foire. Cette boutiqueétoit garnie de toute sorte de pâtisserie fine.

La boutique suivante avoit pour inscrip-tion Perdrigeon ; elle étoit meublée d'unetenture de brocatelle de Venise, & de gla-ces j êe garnie de dragonnes brodées en or8c en argent, nœuds d'épée 8c de cannes ,ceinturons & bonnets brodés richement ylesrubans de toutes fortes de couleurs & d J or& d'argent, les plus à la mode 8c du meil-leur goût, y pendaient en festons de touscôtés : le maître 8c la maîtresse de la bouti-que étoient représentés par Dumoulin , dan-seur , 8c par la Rcy , danseuse.

La troisième boutique étoit un café ; onlisoit dans le cartouche le nom de Benachi.Elle étoit tendue d’un beau cuir doré avecdes buffets chargés de taises, soucoupes, Sc

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cabarets du Japon & des Indes, 8c de gi-randoles de lumières qui se répétoient dansles trumeaux. Cor hic & Julie , chanteur &chanteuse , déguisés en turc 8c turquesse ,ainsi que Deshayes , chanteur , qui leur ser-volt de garçon , distribuoient le café , lethé 8c le chocolat.

La quatrième boutique élevée en théâtred’opérateur , étoit inscrite, le docteur Barry.La forme de ce théâtre représentoit une placepublique 8c les rues adjacentes. Scapin enopérateur , Trivelin son garçon , Paqueti enaveugle , & Flaminia femme de l’opérateur,remplistbient ce théâtre, 8c contrefàisoienrparfaitement le manège 8c l'éloquence desarracheurs de dents.

La cinquième boutique représentoit u»rìdotto de Venise. Le meuble étoit de ve-lours ; les trumeaux 8c les bougies y étoientrépandus avec profusion. On voyoit plu-sieurs tables de bassette 8c de pharaon , te-nues par des banquiers bien en fonds, &tous masqués à la vénitienne ; c'étoient descourtisans , qui se démasquèrent d'abord quele roi parut.

La sixième , intitulée Ducreux & Bar ail.Ion , avoit pour marchande la Duval , dan-seuse ; & pour marchandise , des masques,des habits de bal, & des dominos de tou-tes les couleurs & de toutes les tailles.

Dans la septième , où étoient Saint-Mar-tin 8c la Souris la cadette, habillés àl’alle-mande, on montrait un tableau changeant »d'une invention 8c d’une variété très-ingé-nieuse ; 8c un veau vivant ayant huit jam-bes. Cette loge étoit meublée de damas, &s'appelloit cadet.

On se trouvoit, en tournant, en face dela cour opposee à celle que remplisseit lethéâtre de la comédie italienne. Elle étoitdécorée de la même ordonnance dans lesdehors ; le dedans figurait une superbe bou-tique de faïencier, meublée de damas cra-moisi , & remplie de tablettes chargées decrystaux rares & singuliers , 8c de porcelai-nes fines, des plus belles formes, de la Chine,du Japon & des Indes, qui fuioient partiedes lots que le roi devoir tirer. Javilliers pere8c la Mangot , en hollandois 8c hollandoise,occupoient cette riche boutique , qui avoitpour inscription , Mejfager.

La premiere boutique après le maga-