Band 
Tome quatorzième.
Seite
157
JPEG-Download
 

F E T

íìn de porcelaine , en tournant toujoursà droite , étoitla loge des joueurs degobe-. lets, habitée par eux-mêmes, Sc meubléede drap d or, avec des glaces. Dans le cartou-che étoient les noms de Baptise Sc de Diman-che , fameux alors par leurs tours d’adreíse.

La seconde , intitulée Lcsgu fy la Fre-naye , Sc dont les officiers de M. le ducd’Orléans faisoient les honneurs , étoit labijouterie ; elle étoit meublée de moire d’or,-avec une pente autour relevée en broderied or & ornée de glaces. Cette boutique étóitremplie de tout ce que l’on peut imagineren bijoux précieux , exposés fur des tablet-tes ; d’autres étoient renfermés dans des cof-fres de vernis de la Chine, mêlés de curio-htés indiennes.

La troisième, portant le nom de Fre-doc , étoit l’académie des jeux de dés , dubiribi Sc duhoca, meublée d’un gros damasgalonné d’or.

La quatrième , faisant face au théâtre del’opérateur, étoit un jeu de marionnettesqui avoit pour titre , Brioché.

La cinquième , nommée Procope , étoitmeublée d’un cuir argenté , & ornée de buf-fets , de trumeaux , de glaces Sc de girando-les ; elle étoit destinée pour la distributionde toutes les liqueurs fraîches , <Sc des glacés.Bureau en arménien, 'ôc la Pérignon en ar-ménienne , présidoient à cette distribution.

La sixième , tendue de brocatelle , s’ap-pelloit Bréard ; Dumìrail, danseur, en étoitle maître , Sc y débitoit les ratafia , rotToli,Sc liqueurs chaudes de toutes les fortes..

La derniere , qui fe trouvoit dans l’en-coignure , près du théâtre italien , étoit en-fin intitulée, M. Blanche , Sc occupée parla Souris i’ainée , Sc la du Coudray , mar-chandes de dragées Sc de toutes fortes deconfitures fines.

Un grand amphithéâtre paré de tapis Scbien illuminé , régnoit tout le long Sc au-destus du théâtre de la comédie italienne : ilétoit rempli par une quantité prodigieused’excellens symphonistes.

Le dessus de la loge intitulée Messager,située eu face , étoit auffi couronné par unsemblable amphithéâtre , où étoient placésles musiciens Sc musiciennes , danseurs Scdanseuses qui n’avoient point d’emploi dansles boutiques de la foire, déguisés en diste-,

F E T ,57

rens caractères sérieux gai ans 5c comiques.

La galerie ornée d’orangers & de giran-doles , qui avoit bien plus de profondeur auxfaces qu’aux aîles, servoit comme de baseSc d accompagnement à ces deux amphi-théâtres , Sc rendoit le point de vue d’unebeauté Sc d’une singularité inexprimables.Tel est toujours 1 ester des beaux contrastes.

Le roi suivi de fa cour, entrant dans ce< lieu enchanté , s’arrêta d'abord au théâtrede la comédie italienne , où Arlequin , Pan-talon & Silvia ne firent pas des efforts inu-tiles pour divertir Sa Majesté. : elle fe renditde-là aux marionnettes, Lc ensuite aux jeux ;s’y amusa quelque temps, Lc joua au hocaôeaubiribi. Après le jeu, le roi alla au théâ-tre du docteur Barry : Scapin commença íaharangue , que Trivelin explíquoit en fran-| çois , pendant que Flaminia présentoir auroi, dans un mouchoir de foie , les raretésque lui offrait l’opérateur. Des tablettes gar-nies d’or , & d’un travail fini, furent le pre-mier bijou qui lui fut offert ; Scapin Raccom-pagna de ce discours qu’il adresiá au roi :

Voilà des tablettes qui renferment le trésorde tous les trésors , Sa Majeflé y trouveraVabrégé de tous mes secrets , le papier quiles contient ejì incorruptible , fy les secretsimpayables.

Flaminia eut encore l’honneur de présen-ter deux autres bijoux au roi ; un cachetprécieux Sc d’une gravure parfaite , compo-se d’une grosse perle j & d’une antique, avecun petit vase d’une pierre rare Sc garni d’or.Scapin fit à chaque présent un commentaire,à la maniéré des vendeurs d orviétan. Ondistribua ainsi aux princes & aux seigneursde la cour, des bijoux d’or de toute eípece..

Sa Majesté continua fa promenade & fitplusieurs tours dans la foire , pour jouir desdivers tours & propos dont les marchandsSc les marchandes se fervent à Paris pourattirer les chalans dans leurs boutiques. Leurscris , en effet, Sc leurs empreísemens à éta-ler & à faire accepter leurs marchandises,imitoient parfaitement, quoiqu’en beau , letumulte, le bruit Lc 1 'espe.ee de confusionqu’on trouve dans les foires 8. Germain ScS. Laurent , dans les temps où elles sentbelles. Enfin le roi, après avoir été long-temps diverti par la variété des spectacles Sc, des axnusemens de la foire, entra dans la.