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peut s’augmenter par la communication ,comme il arrive dans le choc des corps élas-tiques & dans les fluides. z°. Il ne seroitpas moins difficile d’expliquer, en regar-dant 1 e feu comme une matière particulière,comment une petite portion de cette ma-tière mise en mouvement , communiqueson mouvement avec tant de force Sc derapidité à un beaucoup plus grand nombred’autres parties de la même matière.
Quelques physiciens ont pensé que 1 e feuétoit plus approchant de la nature de l’es-prit que de celle du corps ; ils ont nié quéce fùt une matière. Cette opinion soutenueavec esprit dans une dissertation moderne ,est trop erronée pour mériter d être réfutée.D'autres ont cru que la nature du feu étoitde n’avoir point de pesanteur ; les expérien-ces dont nous venons de parler semblentprouver le contraire : & Boyle a , commel'on sait , écrit un livre de ponderabilitateflammae. Il est vrai ( car pourquoi ne le pasavouer ? ) que ces expériences ne font pasrigoureusement démonstratives. Car l’excèsde pesanteur qu'acquierent les corps calci-nés , pourroit venir à la rigueur, non dufeu qui est entré dans leurs pores , mais dequelque matière étrangère qu'il a entraînéeSc qui s’y est jointe ; mais comme on n’apoint non plus de preuves de la jonction decette matière étrangère au feu , il est plusnaturel de croire que l'augmentation de poidsvient du feu même.
Au reste, il n'est pas inutile d’observerque de grands physiciens font là-dellus peud'accord entr'eux : Lemery & Hombert tien-nent pour le poids, & Boerhaave le nie ; ilrétend qu’ayant pesé une barre de fer em-rasée, il ne l’a pas trouvée plus pesante;mais, comme on l’a déja inhnué, cette barreen augmentant de volume par \efiu, pour-roit avoir autant perdu de poids par cetteaugmentation, qu elle pouvoit en avoir ga-gné par la quantité de feu introduite dansses pores ; ainsi cette expérience bien enten-due seroit contre Boerhaave.
Le feu est-il un fluide, comme plusieursphysiciens le prétendent ; Il est certain qu’ila une des propriétés des fluides, la mobilité& la ténuité des parties ; mais les fluides ontd’autres propriétés qui ne les caractérisentpas moins, Sc qu’on n’a point encore recon-
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nues dans le feu, comme la propriété de pres-ser également en tous sens, celle de se met-tre de niveau, ùc. Voye^_ Fluide.
Au reste, après avoir examiné Sc comparéles différentes opinions des philosophes furla matière du f u , ce qu’il en résulte de pluscertain , ou du moins de plus vraisembla-ble, c est que le feu est une matière particu-lière Sc présente dans tous les corps. Les ex-périences de l’électricité ne laissent presqueaucun lieu d’en douter. V. Electricité ,6’ plus bas Feu électrique.
Divers phénomènes phyfijues du feu. L’eauchaude se refroidit bien plus vîte dans levuide que dans l’air; c’est le contraire du fer.M. Muflchenbroek tente d’expliquer ce fait,en disant que l’eau manquant d’huile, & lefer au contraire en ayant beaucoup , il doitnourrir le feu pluslong-temps que l’eau ; quede plus, le feu fort plus facilement de l’eaudans le vuide que dans l’air, au lieu qu’il fortplus difficilement du fer : explication quenous donnons pour ce qu’elle est.
Le bois luisant vermoulu, perd toute fa,lumière dans le vuide, Sc ne la reprend plus;au contraire les mouches luisantes la perdentdans le vuide, Sc la reprennent à l’air.
Si on met dans un lieu spacieux plusieurscorps, tant solides que fluides de différenteespece, & qu’on les y laisse pendant quel-ques heures fans donner aucune chaleur àl’endroit où ils font, on trouvera par l’appli—cation du thermomètre à ces corps, qu'ilsfont tous devenus également chauds.
On observe que dans les maisons à plu-sieurs étages, l’étage supérieur est le pluschaud pendant le jour, Sc le plus froid pen-dant la nuit; parce que ïe feu qui a pénétrél’étage supérieur pendant le jour, descendpendant la nuit aux étages inférieurs.
Les observations du thermomètre queM. Colfigny a faites dans son voyage auxIndes orientales, nous apprennent que la cha-leur n’avoit pas été plus grande en aucun en-droit pendant ce voyage, que celle qui futobservée en même temps à Paris. M. Muís-chenbroek paroît porté à conclure de-là ,que la chaleur de l’été est à peu près égaledans tous les pays ; on expliqueroit mêmece phénomène en cas de besoin, par la pluslongue ou la plus courte durée des jours quicompense le plus ou le moins d’obliquité