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Tome quatorzième.
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L'eau, ni les sels, ni la terre pure, ne peu- ;vent nourrir le feu. Lorsque 1 t feu sépare dureste de la maíle les autres parties les plusgrossières de cette nourriture, savoir les par-ties aqueuses, salines Sc terrestres, Sc mêmequelques parties oléagineuses, elles s’éclnp-pent fous la forme de fumée; & cette fu-mée attachée aux parois des cheminées ,prend le nom de suie. Mais si les parties oléa-gineuses abondent dans la fumée Sc fe trou-vent imprégnées de beaucoup d efeu , alors lafumée le change en flamme. V. Flamme6> Fumée, Nous renvoyons à ces articles,Sc fur tout au premier, pour ne pas rendrecelui-ci trop long.

Outre cette nourriture, pour ainsi dire ter-restre , dont le feu a besoin pour se conser-ver , il est encore nécessaire que l'air y ait unaccès libre, Sc que les parties grossières del’aliment, comme la fumée, soient détour-nées du feu. En effet, Inexpérience prouveque le feu s'éteint très-promptement dans lamachine du vuide ; Sc d’autantplusvîte qu’onpompera l'air plus vite, Sc que le récipientfera plus petit Sc mieux fermé. On voit aussiqu un corps reste d’autant plus long-tempsallumé,qu'ii jette moins de fumée , commecela fe voit dans la meche Sc les charbonsde tourbes. Le feu s'éteint aussi très-prompte-ment dans de longs vaisseaux ouverts Scd'un diamètre peu considérable, quoiquel’on ne pompe pas l’air qu’ils renferment. Lefeu ordinaire brûle mieux en hiver qu’en été,parce que l’air étant plus condensé par le froid,retient plus long-temps dans les corps ignésles particules qui font l’aliment du feu : c’estaussi par cette raison que le soleil éteint uncharbon de tourbe quand il y darde sesrayons avec force, parce que la chaleur dusoleil raréfie l’air environnant. Au reste, ily a des corps qui n’ont pas besoin d’airpour brûler, comme le phosphore d’urinerenfermé dans une phiole vuide d’air, l’ef-prit de nitre verse dans le vuide fur l’huilede carvi, le minium brûlé dans le vuideavec un verre ardent.

Voilà l’extrait des principaux frits que M.Muffchenbroek a rassemblés furie feu, dansson Ejfai de physiq. Sc auquel nous avonsajouté quelques réflexions. Il termine cesfaits par l’explication de plusieurs questionsfur les effets du feu) mais ces explications

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nous ayant paru purement conjecturales, Scpour la plupart peu satisfaisantes Sc assez va-gues , nous prenons le parti d'y renvoyer lelecteur, s’il en est curieux. Voye £ aussi lesarticles Froid , Chaleur , &c.

Ceux qui voudront s’instruire plus à fondfur cette matière , pourront lire ce que M.Boerhaave a écrit fur 1 efeu dans fa Chy mie ,Sc les dissertations couronnées ou approu-vées par l’académie des sciences de Paris,en 1738 , fur la nature du feu Sc fa propa-gation. Parmi les dissertations couronnées ,il y en a une du célébré M. Euler, danslaquelle il explique d’une maniéré ingénieusela propagation du feu ; 011 peut voir l’extraitde cette dissertation dans les leçons de phy-fique de M. l’abbé Nollet, tome IV, p. tgo& fuìv. Aux trois dissertations couronnéesl’académie en a joint deux autres qu’elle ajugées dignes de l’impression , parce quellessupposent ( ce font les termes des commis-saires du prix ) la lecture de plusieurs bonslivres de physique , & qu’elles'íònt rempliesde vues Sc de faits très-bien exposés. Unede ces dissertations est de feues madame kmarquise du Châtelet, Sc l’autre est du cé-lébré M, de Voltaire ; il a mis à fa piececette belle devise , qui contient Sc rap-pelle en deux vers toutes les propriétés dufeu ,

Tgnìs ubìque latet,naturam ampleclitur omnem;Cuncla parit , rénovât , dividìt , urit , alit. ( O)

Avant que de passer à l’examen du feuenvisagé chymiquement, donnons le détailde la pompe ci feu.

* Feu (Pompe à) Hydraul. & Arts mé-chant que s -. la premiere a été construite en An-gleterre ; plusieurs auteurs fe font occupéssuccessivement à la perfectionner & à la sim-plifier. On en peut regarder Papin commel’inventeur : car que fait celui qui construitune pompe à feu ? il adapte un corps de pom-pe ordinaire à la machine de Papin. Voye^son ouvrage , Y article Digesteur , Sc sur-tout Yarticle précédent.

Tout ce que nous allons dire de cettepompe , est tiré d’un mémoire qui nous aété communiqué avec les figures qui y fontrelatives , par M. P... homme d’un méritedistingué , qui a bien voulu s’intéreffèr à, la perfection de notre ouvrage,

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