FEU
sacrilège , les empoisonneurs, les incen-diaires, &c. Voye^ Peines. (A)
Feu ou défunr, sato funâus.
Feu signifie auss quelquefois les chandellesou bougies dont on se sert pour certaines ad-judications. On compte le premier feu , lesecond feu , le troisième feu , c’est-à-dire lapremiers , seconde, troisième bougie , ùc.On adjuge à l'extinction des feux. Foye%_Chandelle éteinte. (A)
Feu , (Couvre-) voye[ Couvre-Feu.Feu croissant & vacant , en Bresse , signi-fie la vie d’un homme. Il est dû chaque an-née au seigneur d’Artemare par ses hom-mes de main-morte ou affranchis une gerbede froment pour ìcféu croisant & vacant ,ou une bicherée de froment mesure de Châ-teauneuf. Collet, fur les statuts de Savoie ,livre III, titre j , des droits seigneuriaux , p.37 , est d’avis que ces termes , feu croissant& vacant , signifient la vie d’un homme ,parce qu’il est sujet à ce devoir dès fa nais-sance jusqu’à sa mort ; ou dès qu’il fait sonhabitation à part , & qu’il devient chef defamille , jusqu’à ce qu’il cesse de demeurerdans cet état. Collet pense aulsi que ces ter-mes , feu croisant ù vacant , veulent direque ceux qui vont s’établir dans cette terred’Artemare, Sc foncez; croissant & aug-mentant le nombre des feux du lieu, devien-nent sujets à la redevance dom on a parlé ;& que ceux qui quittent ce lieu pour allerdemeurer ailleurs , Sc par-là font feu vacant ,n’en font pas pour cela exempts. Voye[Main-morte & fuite. (A)
Feu , dans l’art militaire , exprime lescoups qu’on tire avec les armes à feu , com-me les canons, les mortiers, les fusils, lesmousquetons, &c.
Ain Ci faire feu fur une troupe , ctest tirerfur elle avec des armes à feu.
Le terme de feu s’emploie plus ordinai-rement pour exprimer les coups qu’on tireavec le fuhl qu avec les autres armes à feu.
i-t feu de 1 infanterie ne consiste que dansles décharges successives du fusil ; Sc celui dela cavalerie , dans celles du mousqueton &du pistolet, dont les cavaliers font armés.
Le feu, d’une place est formé des déchar-ges que 1 on fait de la place, avec les ar-m-S a feu dont on la défend ; mais on entendnéanmoins ordinairement par ce jeu , celui
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' du canon de la place : c’est pourquoi on ditqu’on a fait taire le feu d’une place , lorsqu’onen a démonté les batteries.
On distingue plusieurs fortes de feux dansl’infanterie , suivant l’ordre dans lequel onfait tirer les soldats.
L’orcîonnance du 6 mai 175 j , surl’exer-cice de l’infanterie , en établit cinq ; savoirle feu par section , par peloton , par deux pilo-tons , par demi-rang Sc par bataillon.
Il saut observer que , suivant cette ordon-nance , la section est formée d’une compa-gnie , 6 c le peloton de deux ; ainsi les deuxpelotons font quatre compagnies, c’est-à-dire le tiers du bataillon , lorsqu’il est dedouze, non compris celle des grenadiers.
On voir par-là que 1 c feu de section con-siste à tirer par compagnie ; celui de pelo-ton, par deux; celui de deux pelotons, parquatre ; & celui de trois pelotons, par sixcompagnies. A legard du feu par bataillon,c’est celui qui est exécuté par toutes les com-pagnies du bataillon qui tirent ensemble dausle même temps,
A ces différons feux il faut encore ajouterle feu par rangs, qui s’exécute successive-ment par chacun des rangs du bataillon ;6 c le feu roulant ou de rempart , qui le faitordinairement dans les salves Sc les réjouis-sances.
Pour exécuter ce dernier feu , si les trou-pes sont fur plusieurs rangs, l’aîle droite dupremier commence à tirer au signal qui luien est donné ; le feu va jusqu’à l’autre aile,ensuite il commence par la gauche du se-cond rang, Sc il vient à la droite ; puis dela droite du troisième il va à la gauche dece même rang, & ainsi de fuite des autresrangs fans interruption.
Ces différeras feux peuvent être appellesréguliers , parce qu’ils s’exécutent avec réglé.Il y en a un autre qu’on nomme feu de bille-baude ou fans ordre , que les soldats exécu-tent en tirant ensemble ou séparément, àleur volonté.
Le feu de peloton, que l’ordonnance du6 mai 1775 établit en France , est en usagedepuis long-temps parmi les Hollandois : ily a quelqu’apparence que l’invention leur enest due, Sc que ce sont eux qui en ont fournile modele aux autres nations de l’Europequi l’ont adoptée. Quoi qu’il en soit, obscr-