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le temps de recharger leurs armes avant de fse retrouver en face de l'ennemi. Nos filesserrées ne permettent point cette manœuvre ;cependant lorsque l’on fait tirer les troupesdans des circonstances où elles ne peuventpas s’aborder, on pourroit peut-être encorese servir de cette méthode sans inconvénient,,sur-tout en faisant faire à droite aux rangsqui font derriere celui qui est en face à l’en-nemi ; & cela afin d’avoir plus d’espace entreles files pour le passage des soldats qui vontse reformer à la queue du bataillon.
On faisoit ausïì quelquefois passer à droite& à gauche par les ailes du bataillon, les rangsqui avoient tiré, pour les faire regagner laqueue; mais cette pratique étoit défectueuse,en ce que les soldats du second rang ne pou-voient tirer que lorsque le premier avoirquitté le front du bataillon ; ce qui interrom-poit la continuité du feu de la troupe, & leralentissoir.
Il y avoir encore plusieurs autres maniérésde tirer, qu’on peut voir dans /e maréchal deBataille de Lostelneau , dans la pratique dela guerre du chevalier de la Valiere, ùc.mais qui seroient toutes de peu d’uíage au-jourd’hui , parce quelles exigent ditférensmouvemens devant l'ennemi, dont l’exécu-tion seroit très-dangereuse. En effet, ceuxqui ont le plus d’expérience dans cette ma-tière , prétendent que tout mouvement quel’on fait à portée de l’ennemi, qui changel’ordre 8c l’union des différentes parties dubataillon, l’expofe presque toujours à se rom-pre lui-même, & à faire volte-face.
On a toujours cherché le moyen de fairefaire aux troupes un feu réglé, de maniéréque les soldats bien exercés pustent l’exécu-ter fans confusion. Cette régularité peut pro-duire de grands avantages. Car par elle onlie se défait que de telle partie de son feuque l’on veut, 8c quand on le veut ; aulieu qu en laissant tirer les soldats à leur vo-lonté, on peut se trouver dégarni de feu dansle temps qu’il est le plus nécessaire.
Il y a cependant quelques circonstancesparticulières, où le feu fans ordre peut l’em-porter fur le régulier ; comme lorsque destroupes font derriere des lignes ou des re-tranchemens. M. de Turenne l'ordonnadans un cas pareil au siège d’Etampes enl6pr.
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Les troupes qui défendoient cette villecontre l’armée du roi, ayant résolu de re-prendre un ouvrage dont elle s’étoit empa-rée le matin, 8c d’insulter en même tempsles lignes ; elles sortirent en force de la placepour cet effet. Les lignes des aíïìégeansétoient presque entièrement dégarnies desoldats, parce que les troupes qui les gar-doient avoient été se repoler dans un desfauxbourgs de la ville assez éloigné du camp,à cause de faction du matin, qui avoir étéfort vive , laquelle avoir fait présumer parcette raison, que les assiégés n’entrepreu-droient rien de considérable pendant la jour-née.
On se trouvoit tout prêt d’être attaquélorsqu’il “ arriva dans le même moment zoomousquetaires du régiment aux gardes. C’é-toit tout ce qu’on avoir pu ramasser au camp.M. de Turenne leur recommanda, fans s’a-muser à tirer tous ensemble, de bien ajujìerleurs coups ; ce qu’ils firent si à propos , quejamais un si petit nombre de soldats n'afait tant d’exécution ». Mém. du duc d’Yorck,p. z 7 ; II, vol. de L’ Ils. de M. de Turenne ,par M. de Ramsay.
Dans des cas de cette espece les soldatss’animent les uns 8c les autres à chargerpromptement 8c à tirer à coup fur. L’atten-tion n’est point distraite ou partagée parl’observation des commandemens pour ti-rer. Chacun le fait de son mieux , 8c ne lefait guere alors inutilement. Aussi M. Bot-tée dit-il que les Allemands craignent plusnotre fiu confus que notre feu ordonné. La, raison qu’il en donne , c est que le défautd’exercice rend ce dernier défectueux , aulieu que dans l’autre un nombre de bons soldatstirent avec dessein & avec attention.
Il tire de-là cette conséquence, que si nossoldats étoient bien disciplinés à cet égard ,ils apporteraient en tirant avec ordre, lamême attention que lorsqu’ils le font fansordre. Alors le feu régulier seroit sans diffi-culté dans toute occasion préférable au feuconfus ou irrégulier ; ce qui paroit évident.
Mais pour çet effet, il faut que le feu ré-gulier soit si simple , que les soldats puissent,pour ainsi dire , l’exécuter d’eux-mêmes , &avec très-peu de formalités; c’est ce quin’ôstpas facile à trouver. Ce point si importantde fait militaire exige encore bien des tenta-tives