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Tome quatorzième.
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rives Sc des expériences des officiers les plusconsommés dans la pratique de la guerre.

Quel que soit le feu qu'on adopte, commeil est une des principales défenses de ^infan-terie , elle ne sautoir trop y être exercée ,non seulement pour tirer avec vîteíîe, maisencore en ajustant, fans quoi lester n'en estpas fort important. Inexpérience des bataillesde la guerre de 1733 & de 1741 > dit M. deRostaing , dans un mémoire manuscrit surl’ejsai de la légion , ne nous a pas convaincu ,que le feu des Autrichiens & des Ho/landoisfut excessivement formidable (a); 6 * j’ai ouidire, ajoute cet habile officier (que nousvenons de perdre) à un de nos générauxde la plus grande distinction , dont je supprimele nom par respect, q u'après la bataille deCçajlau gagnée par le roi de Prusse en 174%,la ligne d’infanterie des Prussiens étoit marquéepar un tas prodigieux de cartouches , lequelauroit fait présumer la defìruction totale del’infanterie autrichienne , de laquelle cependantil y eut à peine deux mille hommes de tués oublessés.

C’est que les soldats prussiens n’avoìentpoint encore acquis alors cette justesse dansleur feu , qu on assure qu’ils ont aujourd’hui,Sc qui égale la promptitude avec laquelle ilsl'exécutent. On fait qu ils peuvent tirer aité-ment six coups par minute , même en sui-vant les temps de leur exercice.

C’est un fait constant, dit M. le maré-chal de Puysegur, que le plus grand feu faittaire celui qui l’est moins; que si, par exem-ple , “ huit mille hommes font feu contresix mille, qui tirent aussi vite les uns que lesautres , Sc qu’ils soient à bonne portée , &également à découvert, les huit mille en peude temps détruiront les six mille. Mais si leshuit mille sont plus long-temps à chargerleurs armes , qu’ils ne soient pas exercés àtirer bien juste, comme on voie des batail-lons faire des décharges de toutes leurs armescontre d’autres , fans pourtant voir tomberpersonne , je jugerai pour lors que les sixmille hommes pourroient l’emporter fur leshuit mille. -- Art de ta guerre.

Un problème asièz intéreffimt qu’on pour-roït proposer sur cette matière » seroit dedéterminer lequel est le plus avantageux decombattre de loin à coup de fusil, ou de

(aJ Ces troupes exéeu;eizt Isur feu par pelotûO»

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près à l’arme blanche; c’est-à-dire la hayon-nette an bout du fusil.

Sans vouloir entrer dans tout le détaildont cette question est susceptible, nous ob-serverons seulement que les anciens avoientleurs armes de jet, qui répondraient à peuprès à l’cffet de 110s fusils ; mais qu’ils ne s’eitfervoient qué pour offenser l’ennemi d’aussiloin qu’ils le pouvoient, en avançant pourle combattre de près. Lorsqu’on étoit par-venu à sç joindre , ce qu’on faisoit toujours,on’ combattrait uniquement avec les armesblanches, c’est-à-dire avec l’épée & les au-tres armes en usage alors. Voye^ Armes.Cette méthode est en ester celle qui paroitla plus naturelle. Car , comme le dit Monte-cuculi, " la fin des armes offensives est dét-raquer l’ennemi Sc de le battre inceflam-ment depuis qu’on le découvre jufqu’à cequ’on l’ait entièrement défait : à mesurequ’on s’en approcha , la tempête des coupsdoit redoubler ; d’abord de loin avec le ca-non ; ensuite de plus près avec le mousquet,6 c successivement avecles carabines, les pis-tolets , les lances, les piques, les épées, fi*par le choc même des troupes. »

Cetoit l’ancienne pratique des troupes deFrance , Sc suivant M. de Folard , “ cellequi convient le mieux au caractère de knation , dont tout Vavantage confise dans fitpremiere ardeur. Vouloir la retenir, dit cetauteur , par une prudence mal entendue , c’efiune vraie poltronnerie ; Acfl tromper les soldats6 * leur couper les bras & les jambes. Ceuxqui la font combattre de loin dans les aclionsde rase campagne, ne la connaissent pas , Ùs’ils font battus , ils méritent de Pitre. II faut ,continue ce même auteur , laisser aux Hol-landais , comme plus flegmatiques, leurs pe-lotons , & prendre toute maniéré de combattrequi nous porte à l’aBion 6 * à joindre Venne-mi, » Traité de la colonne, par M. le cheva-lier de Folard.

Quoique l’expérience Sc le sentiment desplus habiles militaires concourent à démon-trer le principe de M. de Folard à cet égard ,il ne s'ensuit pas de-là qu’on doive négliger1 1 feu. " Tant que la situation des lieux oùvous combattez , dit M. le maréchal dePuysegur, peut vous permettre d'en veniraux mains, il faut le faire, & préférer cette... . -- . *