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lerie efi moins que rien , Vavantage du cavalierne confinant que dans son épée de bonne lon-gueur.
Cette décision de shabile commentateurde Polybe est sans doute trop rigoureuse : caril y a beaucoup d’occasions où le feu de lacavalerie est très-utile. Il est vrai que les coupstirés à cheval ne s’ajustent pas avec la mêmefacilité que ceux que l’on tire à pié ; maisdans des marches où la cavalerie se trouvequelquefois fans infanterie , elle peut se ser-vir très-avantageusement de son feu , soitpour franchir un passage défendu par despaysans, ou pour éloigner des troupes légeresqui veulent la harceler dans fa marche. Ellepeut encore se servir de son feu très-avanta-geusement dans les fourrages & dans beau-coup d’autres occasions. Mais la cavaleriedoit-elle se servir de son feu dans une ba-taille rangée î M. de Santa-Crux prétend quenon , sur-tout si, comme la cavalerie espa-gnole, elle est montée sur des chevaux d’Es-pagne , qui par leur vivacité & leur ardeur ,mettent le désordre dans les escadrons au bruitdes coups de fusil de ceux qui les montent.
M. le maréchal de Puysegur pense sur cesujet autrement que le savant auteur espa-gnol : " Mon opinion , dit-il ( dans son livrede l'art de la guerre ) , est que les escadronsqui marchent su n à sature pour chargersépée à la main , peuvent avant de se servirde sépée, tirer de fort près , & ce au moin-dre signal ou parole au commandant del’escadron, & charger auílì-tôt sépée à lamain ».
A1 égard de la maniéré de charger, voici,dit cet illustre auteur , ce que j’ai vu & ceque j’ai reconnu être très-facile à pratiquer.
" La ligne des escadrons de l’ennemivoyoit notre ligne de cavalerie marcher aupas , pour la charger sépée à la main , sansse servir d’aucune arme à feu , soit officiersou cavaliers. Quand notre ligne fut environ àhuit toises de distance ( cette cavalerie avoirson épée pendue au poignet, officiers & ca-valiers avoient leurs mousquetons pendans àla bandoulière ), les officiers & cavaliersprirent les mousquetons de la main droite, Scde cette feule main couchèrent en joue, cha-cun choisissant celui qu il vouloit tirer : dèsque le coup fut parti, ils laissèrent tomber lemousqueton qui étoit attaché à la bandou-
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liere ; Sc empoignant leur épée , ils reçurentnotre cavalerie sépée à la main, & com-battirent très-bien. Par ce feu tué de près,il tomba bien de nos gens ; néanmoins mal-gré cela , comme notre corps de cavalerieétoit tout ce que nous avions de meilleur ,celle de sennemi, quoiqu’elle fut encore plusnombreuse que la nôtre , fut battue. Maisce ne fut pas les armes à feu dont ils fi servi-rent qui en surent cause ; car s’ils n’avoientpas tiré & tué des hommes de notre premierrang, ils en auroient été plutôt renversés. J’aìreconnu même, continue M. de Puysegur,que si notre cavalerie qui renversa cette lignedes ennemis, avoit tiré, celle-ci n’auroit pastiré avec la même asiùrance qu’elle a pu faire ;ôc comme nos troupes étoient un corps dis-tingué , il auroit commencé par mettre biendes hommes hors de combat. Ainsi quandon dit que des escadrons pour avoir tiré ontété battus, je réponds que quand ils n’au-roient pas tiré, ils ne l’eustent pas été moins.De pareilles raisons font souvent un prétextepour ne pas avouer qu’on a mal combattu. Celapeut encore venir de ce que les officiers Scles cavaliers ne font ni instruits ni exercés.Or l’on doit avoir pour principe de ne jamaisrien demander à des troupes dans l’aclion , iquoi elles n’auront pas été exercées d’ avan.ee».C’est pourquoi lorsqu’on est sûr des troupesde cavalerie qu’on fiait combattre , il n’y apas a balancer de les faire tirer , & mime lesautres , dit- il , quand on les aura instruits.i Art de la guerre de M. le maréchal de Puy-segtir, tome I , page X£g.
' Quant à l’inconvénient qu’on prétend qu!résulte du bruit des armes à feu , par rapportau mouvement qu’il cause parmi îes chevauxde l’escadron , M. de Puysegur y répond ,en faisant observer “ qu’il n’est point prouvéque si votre ennemi tire sar vous, & quevous ne tiriez pas , vos chevaux aient moinsde peur que les siens , puisque le feu vadroit aux yeux des vôtres , Sc qu’ils enten-dent aussi le sifflement de la balle qui leurfait peur ».
De toutes ces raisons, il s’ensuit que con-formément à ce qui a dé j a été remarqué sorle feu de sinfanterie , toutes les fois qu’onapproche de l’ennemi pour 1g combattre , ilfaut toujours lui faire tout le mal possible, avant de le joindre > comme lorsque la cava-