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Tome quatorzième.
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212. FEU

rein uni, prouve au moins l’imprestion qUe 1tait fur les troupes le feu qui précede le mo-ment où elles peuvent fc joindre ou sabor-der ; car à l’égard de celles qui font derrieredes lignes ou des retranchemens, personnen’ignore quelles doivent faire le plus grandfeu qu il est possible , lorsque l’ennemi est•une fois parvenu à la portée du fusil; c'estmême pour l’y exposer plus long-temps qu’onfait des avant-sosies, des puits, &c. Voye £Lignes.

En supposant les troupes d’infanterie à'quatre de hauteur, comme elles l’étoientdans la guerre de 1701 , & dans les deuxdernieres guerres, M. de Santa-Crux pro-pose de les faire tirer par rang, mais enfaisant une eípece de feu roulant par de-mi rang de compagnie. Le premier demirang de la premiere compagnie à droite ouà gauche , doit d’abord commencer à fairefeu; les premiers demi-rangs de chaquecompagnie en font successivement de même,en suivant tout le front de k ligne ; le secondrang fait ensuite la même manœuvre , puisle troisième Sc le quatrième.

Cet auteur pense aussi , comme beaucoupd’autres habiles militaires, qu'il faut dans uncombat placer les meilleurs tireurs au pre-mier rang, Se leur ordonner de tirer fur lesofficiers ; parce que lorsqu’une troupe estune sois privée de ses commandans , il estordinairement fort aisé de la rompre.

Lorfqu’il s'agit de faire feu, “ les officiersdoivent s’incorporer dans le premier rang ,êc mettre un genou à terre lorsque ce rangle met ; autrement dans peu de minutes , iln’y aura plus d'officiers, soit par leurs pro-pres soldats qui involontairement tirerontfur eux , soit par les ennemis qui ajusterontleurs coups contre ceux qu’ils distingueroientainsi pour officiers ». Réflex. militaires deiM. de Santa-Crux.

C'est pour éviter cet inconvénient, que lesrangs pour tirer doivent s'emboîter, pourainsi dire , les uns dans les autres. Vaye^Emboîtement.

Le savant militaire que nous venons deciter j propose pour rendre 1 q feu des ennemismoins dangereux , de faire mettre genou àterre à toute la troupe qui est à portée del'estùyer , Sc cela lorfqu'on volt qu'ils met-tent en joue. Cet expédient peut rendre

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inutile un grand nombre de leurs coups,parce qu'il n'y a plus guere que la moitié ducorps qui y soit exposée , & que d’ailleurs ledéfaut des soldats est de tirer presque tou-jours trop haut. Il est clair que pour fe placerainsi, il faut que les ennemis soient assezéloignés , pour qu'on ait le temps de fe rele-ver avant de pouvoir en être joint. Cet au-teur rapporte à ce sujet, que le chevalierd'Alsfeld ayant attaqué auprès de Saint-Etienne de Liter « un détachement d'infan-terie angloife, qui mit genou à terre au mo-ment qu’elle vit les François en posture defaire leur décharge , elle fe releva aussi tôtfans en avoir reçu aucun mal ».

Ce même expédient a été pratiqué dansplusieurs autres occasions , avec le mêmesuccès.

Au lieu de faire mettre genou en terre auxtroupes , on pourroit les garantir encoredavantage du feu de l’ennemi, en leur faisantmettre ventre à terre : mais il ne feroit passurdel’ordonner à celles dont la bravoure neferoit pas parfaitement reconnue ; parce qu’ilpourroit arriver qu'on eût ensuite quelquedifficulté à les faire relever.

Lorfqu'un bataillonTait usage de son feufur un bataillon ennemi, & que les deuxtroupes ne font au plus qu’à la demi-portéedu fusil, les soldats doivent s’appliquer à tirerau ventre de ceux qui leur sont opposés ; Scsi on les fait tirer fur une troupe de cava-lerie , au poitral des chevaux.

M. de Santa-Crux prétend que les Hol-landois, pour tirer, appuient la crosse dufusil au milieu de l’estomac, afin d’être for-cés par cette posture à tirer bas ; Sc il observeque cette maniéré de tirer , qui ne doit pointêtre imitée parce qu’elle est très-incommode ,Sc qu'elle ne permet guere d'ajuster le coup »fait voir au moins que cette nation a parfaite-ment compris que le défaut ordinaire des soldatsest de tirer trop haut , & qu'elle a cherché lemoyen d’y remédier. Sì elle ne l’a point faitavec succès , les autres nations peuvent lefaire plus heureusement. Cette découverteparoît mériter l’attention des militaires lesplus appliqués à leur métier.

Juíqu’ici nous n’avons parlé que du feu de^infanterie, il s’agit de dire à présent un motde celui de la cavalerie.

Suivant M. de Folard, le feu de la cava -