-2.2.6 FEU
tacle lugubre n’avoit aucun rapport avéc desfeux de joie. D’un autre côté, quoique lapompe de la marche des triomphes se ter-minât toujours par un sacrifice au capitule,où un feu allumé pour la consécration de la\ictime l’attendoit ; ce feu ne peut pointpalier pour un fau de joie : enfin par rapportaux fiux d’artifices qui étoient en usage par-mi les anciens, 8 c qu’on pourroit présumeravoir fait partie des réjouissances publiques,M. Mahudel préten d qu on n’en voit d'au-tre emploi que dans les seules machines deguerre , propres à porter i’incendie dans lesvilles 8 c dans les bâtimens ennemis.
Mais toutes ces raisons ne prouvent pointque les anciens n’allumaísent auísi des feuxde joie en signe de réjouissances publiques.En effet, il est difficile de se persuader quedans toutes les fêtes des Grecs 8 c des Ro-mains , & dans toutes, les célébrations deleurs jeux, les feux 8c les illuminations pu-bliques se rapportassent toujours uniquementL la religion , fans que le peuple n’y prît partà peu près : comme parmi nous.
Dans les lampadophories des Grecs, oùl'on se servoit de lampes pour les sacrifices ,on y célébrois pour le peuple différons jeuxà la lueur des lampes, 8 c comme ces jeuxétoient accompagnés de danses 8 c de diver-.tslfemens, on voit que ces sortes d’illumi-nations étoient en même temps profanes& sacrées. L’appareil d'une autre fête nom-mée lamptéries t, qui se faisoit à Pallene , &qui étoitdédiée à Bacchus, consistoit en unegrande illumination nocturne 8 c dans uneprofusion dç vin qu’on versoit aux pasiàns.
Il faut dire la même chose des- illumina-tions qui entrqient dans la solemnité de plu-sieurs fêtes des Romains. j 8 c entr’autresdanscelle des jeux séculaires qui duroient troisnuits, pendant lesquelles il semblok que lesempereurs 8 c les édiles qui en fai soient ladépense, voulussent, par un excès cseíòmp-tuosité, dédommager íe peuple de la rareté deleur célebratioij-, Çapitohn observe que l’illu-minarion que yionna Philippe , dans- Jpf. jeuxquîl célébra à-KO-sujet,fut si magnifique,queces tr^is nuiss u’eurent point d’obseutité. ,
On n’a pas dl exemple de feu de joie plusremarquable que celui que Paul Emile, apjrèsla conquête de, la Macédoine alsurqa lui-même, à Amphjpolis, çn présence? de tousles princes de là Çrece qu il y^avoit invtïps.
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La décoration lui coûta une année entierede préparatifs ; 8c quoique l’appareil en eûtété composé pour rendre hommage auxdieux qui préfidoient à la victoire , cettefête fut accompagnée de. tous les spectaclesauxquels le peuple est sensible.
Enfin depuis les derniers fiecles du paga-nisme , on pourroit citer plusieurs exemplesd t feux allumés pour d’autres sujets que pourdes cérémonies sacrées. St. Bernard remarqueqntìefcu de la veille deS. Jean-Baptiste con-tinué jusqu a nos jours , se pratiquoit déj.ichez les Sarrasins 8c chez les Turcs. Il sem-ble résulter de ce détail, qu’on peut daterl’u sage des feux dc joie de la premiere anti-quité , 8c par conséquent long temps avantla découverte de la poudre , qui seulementy a joint les agrémens des feux d’artifice ,qu’on y emploie avec grand succès dans nosfeux de joie , malgré le vent, la pluie, leseaux courantes 8c profondes.
Au surplus , quel que soit le mérite denos illuminations modernes, il ne s’en estpoint sait dans le monde qui ait procuré deplaisir pareil à celui du simple feu d’Adrien.Ce prince ordonna qu’on le préparât dansla place de Trajan , 8c que le peuple romainfût invité de s’y rendre. Là , dit Sparticndans la vie d’Adrien , ( liv. LXIX. J l’em-pereur, en présence de la ville entiere, an-nula toutes les créances fur les provinces ,en brûla , dans le feu qu’il avoir comman-dé , les obligations 8c les mémoires, afinqu’on ne pût craindre d’en être un jour re-cherché , & ensuite il se retira pour laisserle peuple libre de célébrer ses bienfaits. Ilsmpntoient à une somme immense , que despersonnes habiles à réduire la valeur desmonnoies de ce temps-là, évaluent à en-viron i ; ; millions joo mille livres argentde France (1778.) Aussi la mémoire decette belle act-pn ne périra jamais, puis-qu’èlle s’est conservée dans les historiens ,les inscriptions, 8c les médailles. Vjoye^ SVse-billon, ? aualtcl. tom. iy , pag. 484 & 48$ 1Oquphre , in f astis , pag. zio ; Spanheim ,de numïfmat. pag. 811 , 8cc. Mais commecette libéralité n’avoit point eu d’exemplejusqu’alors dans aucun souverain, il fautajourer à la honte des souverains de la terre ,qu’elle n’a point eu depuis d’imitatenrs.( M. le chevalier de Jaucourt. )
Feu sacré, ( Littéral. J brasier qu’ow