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conserVoit toujours allumé dans les temples,Sc dont le foin étoit confié aux prêtres ouaux prêtresses de la religion.
Il n’est pas surprenant que des hommes,qui ne consultoient que les effets qui Supè-rent dans la nature, aient adoré le soleilcomme'le créateur & le maître de l’univers.Le culte du feu suivit de près celui qu onrendit au soleil ; vive image de cet astre lu-mineux Sc le plus pur des élémens, il s’attirades efpeces d’adorations de tous les peuplesdu monde , & devint pour eux un grandobjet de respect , ou pour mieux dire, uninstrument de terreur. L'écriture nous en-seigne que Dieu s’en est servi de ces deuxmaniérés. Tantôt le Seigneur se compare àun feu ardent pour déíigner sa sainteté ; tan-tôt il so rend visible sous l’apparence d'unbuisson enflammé, ou formidable par desmenaces d'un feu dévorant, & par des pluiesde soufre ; quelquefois avant que de parlerLUX juifs , il saisit leur atter.t on par deséclairs ; Sc d'autres fois marchant , pourainsi dire, avec son peuple , il se fait précé-der d’une colonne de feu.
Les rois d’Asie, au rapport d’Hérodote ,f ai soient toujours porter da fi u devant eux :Ammien Marcellin , parlant de cette cou-tume , la tire d'une tradition qu'avoient cesrois , que 1 c feu qu'ils conservoient pour cetusage, étoit descendu du ciel : Quinte-Curceajoute que ce fiu sacré Sc éternel étoit auílîporté dans la marche de leurs armées à latête des troupes fur de petits autels d’argent,*u milieu des mages qui chantoient les can-tiques de leur pays.
Ainsi la vénération pour le feu se répanditchez toutes les nations , qui toutes l'envisa-gerent comme une chose sacrée , parce quele même esprit de la nature regnoit dansleurs rites Sc leur culte extérieur. On nevoyoit alors aucun sacrifice , aucune céré-monie religieuse où il n'cntrât du feu ; Sccelui qui servoit à parer les autels & à consu-mer les victimes , étoit fur-tout regardé avecle plus grand respect. C’est par cette raisonque l'on gardoit du f u perpétuellement allu-mé dans les temples des Perses , des Chal-déens , des Grecs , des Romains Sc desEgyptiens. Moyse, établi dfc -Dieu le con-ducteur des Hébreux, en fit de la part duSeigneur une loi pour ce peuple. " Le fiu ,dit-il, brûlera sans cesse íur l'autel, Sc le
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prêtre aura foin de l'entretenir , en y met-tant le matin de chaque jour du bois, sorlequel ayant posé ['holocauste , il sera brûlerpar-deífus la graisse d s hosties pacifiques,Sc c est-là le f u qui bnilera toujours fansqu’on puifle l'éteindre ». Lévitiq. ch. vj.
U semble toutefois que lelieudumonde oùl'on révéra davantage cet élément, étoit laPerse : on y trouvoit par tout des enclosfermés de murailles & fans toits, où l'onfaisoit astìduement du fiu , Sc où le peupledévot venoit en foule à certaines heures pourprier. Les grands seigneurs sc ruinoient ày jeter des essences précieuses Sc des fl ursodoriférantes ; privilège qu'ils regardoientcomme un des plus beaux droits de la no-blesse. Ces enclos ou ces temples décou-verts , ont été connus des Grecs fous le nomde mgiSîíit , Sc ce sont les plus anciens mo-numents qui nous restent de l'idolâtrie dufeu. Strabon qui avoit eu la curiosité de lesexaminer , raconte qu'il y avoit un autel aumilieu de ces sortes de temples, avec beau-coup de cendres , sor lesquelles les magesentretenoient un feu perpétuel.
Quand les rois de Perle étoient à l'ago-nie , on éteignoit le fu dans les villes prin-cipales du royaume ; Sc pour le r.dlumer,il falloir que son successeur fût couronné.Ces peuples s'imaginoient que ìc f u avoitété apporté du ciel, Sc mis sor l'aute! dupremier temple que Zoroistre avoit fait bâ-tir dans la ville de Xis en Médie. Il étoitdéfendu d’y jeter rien de gras ni dômpur ;on n’osoit pas même le regarder fixement.Enfin pour en imposer davantage, les prêtresentretenoient ce feu secrètement, &Eaifoientaccroire au peuple qu'il étoit inaltérable , Scse nourrissent de lui-même. Voyefïh.Hydc,de relig. Perfarum.
Cette folie du culte du feu passa chez lesGrecs ; un feu sacré brûloit dans le temple 'd'Apollon à Athènes , Sc dans celui de'Del-phes , où des veuves chargées de ce soin ,dévoient avoir une attention vigilante pourque le brasier sot toujours ardent. Un feusemblable brûloit dans le temple de Cérèsà Mantinée , ville de Péloponnese : Setenuscommit un nombre de filles à la garde dufeu sacré , Sc du simulacre de Pallas dans letemple de Minerve. Piutarque parle d unelampe qui brûloit continuellement drns lelien-qlc dc Jupiter Ammon, xtser.» <Gc ír ,,,