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Tome quatorzième.
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que l’on peut regarder comme Aesfiançailles ,dont la forme a changé dans la fuite sselonle génie des peuples ; en effet, l’écriture re-marque dans le chap. xxiv de la Genèse,que " Laban 5c Batuel ayant consenti au ma-riage de Rebecca avec Isaac, le serviteurd’Abraham se prosterna contre terre, 5cadora le Seigneur ; il tira ensuite des vasesd’or & d’argent, Sc de riches vêtemens,dont il fit présent à Rebecca; & il donnaauíìî des présens à ses frétés, & à fa mere ;ils firent ensuite le festin ; ils mangèrent &burent ce jour-là. » N'est-ce pas là ce quenous appelions fiançailles ?

Le mariage du jeune Tobie est encore unepreuve de l’ancienneté des fiançailles ; on litdans le chap. vij, que “ Raguel prit la maindroite de fa fille, la mit dans la main droitede Tobie, 5c lui dit : que le Dieu d’Abra-ham, le Dieu d’Ifaac, Sc le Dieu de Jacobsoit avec vous ; que lui-même vous unisse,ôc qu’il accomplisse se bénédiction en vous ;&c ayant pris du papier, ils dressèrent le con-trat de mariage ; après cela ils firent le festinen bénissent Dieu. »

Nous pratiquons encore aujourd’hui lamême chose ; l’on s’engage l’un à l’autre,en se donnant la main ; on écrit les conven-tions, 5c souvent la cérémonie finit par unfestin : les successeurs des premiers hommesdont il est parlé, ont suivi leur exemple,par une tradition subsistante encore parmiceux qui professent le judaïsme.

Selden en a recueilli les preuves, 5c amême rapporté dans le ch. du deuxieme livrede son traité, intitulé uxor hebraïca, la for-mule du contrat de fiançailles des juifs; l’onne peut guere douter que les autres nationsn’aient fait précéder la íòlemnité du mariagepar des fiançailles ; plusieurs auteurs en ontpublie des traites exprès, où l’on trouvera undétail historique des particularités observéesdans cette premiere fête nuptiale.

Mais nous allons laisser les cérémoniesdes fiançailles du paganisme 3c du judaïsme,pour dire un mot de leur usege parmi leschrétiens.

L église grecque Sc leglise latine ont eudes sentimens diffárens fur la nature desfiançailles , 5c fur les effets quelles doiventproduire. L'empereur Alexis Comnene fit«ne loi, par laquelle il donnoit m\fiançail-

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les la même force qu’au mariage effectif,enserre que fur ce principe, les peres du si-,xieme concile tenu in Trullo, can. 98 , décla-rèrent que celui qui épouserait une fille fian-cée à un autre, serait puni comme adultéré,si le fiancé vivoit dans le temps du mariage.

Cette décision du concile parut injuste àplusieurs personnes; lesains diseient ( au rap-port de Balsemon ) que la fille fiancée n’étantpoint fous la puiísence de son fiancé, celuiqui l’épouseit ne pouvoit être accusé ni d’a-dultere, ni même de fornication : les autrestrouvoient injuste de punir le mari, qui pou-voit même être dans la bonne foi, 5c igno-rer les fiançailles de fa femme, 5c de ne pro-noncer aucune peine contre cette femme,dont la faute ne pouvoit être justifiée par au-cune raison : mais pour éviter cet inconvé-nient , les Grecs ne mirent point d’intervalleentre les fiançailles Sc le mariage ; ils accom-plifseient l’un 5c l’autre dans le même jour.

L église latine a toujours regardé \esfian-çailles comme de simples promesses de s’u-nir par le mariage contracté selon les loix del’église; & quoiqu’ellts aient été autoriséespar la présence d'un prêtre, elles ne sont pasindissolubles. C’estdonc une maxime certainedans tous les tribunaux, que fille fiancée n’ejlpas mariée , Sc que par conséquent elle peutdisposer de sa personne & de son bien, pen-dant les fiançailles , sens blesser la foi conju-gale , 5c sens avoir besoin de l’autorité de sonfiancé, parce qu'enfin elle n’est point se fem-me , & il n’est point son mari. Elle est si peuse femme, que s’il vient à décéder avant lacélébration du mariage, Sc qu’elle se trouvegrosse du fait de son fiancé, elle ne peut pren-dre la qualité de veuve, ni l’ensent être censélégitime, 5c habile à succéder. Dicl. de Ri -chelet, édition de Lyon, enrichie des notesde M. Aubert.

Auíîi la donation faite par un fiancé à fifiancée entre le contrat de mariage 5c la con-sommation , est nulle, & la répétition desprésens a lieu, lorsque les noces ne s’ensui-vent point. Il y a, ce me semble, beaucoupd’équité dans un passage de l'alcoran fur cesujet ; il dit que si le fiancé répudie se fian-cée avant la consommation du mariage,elle peut garder la moitié des présens qu’il luiavoir faits, si le fiancé ne veut pas les luilaisser tous entiers.

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