Band 
Tome quatorzième.
Seite
274
JPEG-Download
 

274 F I B

toujours sous forme fluide, devient un corpssolide par une grande diminution de cetteaction, Glace,

Il est cependant à propos d’observer iciqu’il y a quelque distérence dans la signifi-cation des termes de solide 8c de fluide , parrapport à l’économie animale. Les phylìo-logistes ne les adoptent pas dans le sensabsolu qui vient d’être établi ; ainsi , seloneux , pour qu’une partie du corps humainsoit regardée comme solide, il suffit quelleait aflez de force de cohésion pour éprouverlans solution de continuité, les alongemens,les dissensions , les efforts répétés qui résul-tent des différons mouvemens , tant ordi-naires qu’extraordinaires, en quoi consistentles actions de la vie faine , & même lésée ,proportionnées à la constitution naturelle dusujet dans lequel tilts s’extrcent, ensorte quecette cohésion soit supérieure à tout ce quitend à la détruire par un effet nécessaire deces actions. Les parties fluides propres aucorps animal, font composées de moléculesqui n’ont presque point d’adhérence en-tr'elles , qui font séparables 8c mobiles entous sens , mais seulement par accident,c’est-à-dire entant qu’ellts font suffisammentagitées par les mouvemens des organes qui lescontiennent ; fans quoi elles ceíleroient d’a-voir ces qualités.

Il fuit de ces principes posés , que dansl’embryon ( qui , aux yeux du physiciendans les premiers temps après la génération,ne paroît être pour ainsi dire qu une gouttede liquide, qui en a les caractères , selonlui, par le peu de cohésion de ses parties, lepeu de résistance qu’elles opposent à leurdivision), le physiologiste conçoit, parleraisonnement Sc par analogie, des partiesastez solides pour contenir des fluides, pourles mettre en mouvement, & résister auxefforts de ce mouvement ; astez liées enir'ellespour former dès-iors une véritable machinehydraulique , un corps organisé , par unassemblage de diíférens instrumens dont leseffets font aulli parfaits à proportion &c plusadmirables encore que ceux qui font produitsdans le corps d’un adulte. De même le sangSc plusieurs autres humeurs du corps hu-main , que le médecin regarde comme flui-des , laissés à eux-mêmes hors de leurs con-‘duits j perdent entièrement, pour la plus

F í B

‘ grande partie , la propriété en quoi consistela fluidité , c’est-à-dire la disposition à ceque les particules qui les composent fe sépa-rent entr’elles par le moindre effort. Ces hu-meurs animales forment bientôt une mallecoagulée, qui oppose une résistance marquéeà la division de íès parues ; cependant tantqu’elles écoient contenues dans le corps del'animal, elles étoient susceptibles de couler,& couloienc en effet fous forme liquide dansles plus petits canaux du corps. La soliditédes rudimens de l’animal, contenus dansl’œuf, Lc la fluidité de la plupart des hu-meurs , ne font donc que des propriétés feu-lement respectives, accidentelles , entantqu’elles font considérées fous le point de vuequi vient d'être présenté. L'observation desmédecins à cet égard est donc nécessaire, 8cn'est pas déplacée ici, lorsqu’ii s'agit desprincipes qui constituent les parties solides; du corps humain.

Formation des fibres. Un élément séparépeur être considéré comme un point mathé-matique , qui n’a ni longueur , ni largeur,ni profondeur ; mais dès qu’il est uni à d’au-rres, selon la direction d'une ligne , avecquelque sorte de résistance à la division desparties du tout qui en est formé , il en résulteune des trois sortes de dimension , qui est lalongueur ; c’est un corps compose , étenduseulementselon cette direction ; c’est un corpsdivisible feulement en ce sens-là : c’est ainsique peut être conçue la formation de la fibresimple , qui , par rapport à la divisibilité ,est censée n’avoir ni longueur , ni épaisseur;puifqu’elle n'est susceptible de séparation deses parties, dans aucune de ces deux dimen-sions , mais seulement dans fa longueur,parce qu’elie n’est formée que de parties élé-mentaires disposées selon cette dimension.Cette fibre est donc très-simple , puiíqu’au-cune partie divisible en soi, aucune partiecomposée n’entre dans fa formation ; ellen’a rien d’organisé, quoiqu’d!e puisse entrerdans la composition des organes , ou qu’elleen ait fait partie. Ses principes font tels, queni l’eau, ni i’air , ni le feu, ne peuvent les pé-nétrer , diviser leur substance ; ils ne sont sus-ceptibles d’altération que relativement à leurunion extrinsèque entr’eux, qui forme la pro-duction que nous avons appellée fibre; unionqui peut par conséquent cesser d’avoir lieu.