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Tome quatorzième.
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Les qualités de certe fibre ou de ses élémensconviennent parfaitement à la vraie terre , àJa terre pure , qui est un corps simple , so-lide , formé de parties similaires , le seulque nous puissions saisir, fixer ; mais les par-ties terrestres , telles qu’elles tombent fousnos sens , n'ont guere de force de cohésion,fans quelqu’autre moyen que le contact , quin’est vraisemblablement suffisant que pourformer des aggrégés des plus simples, c'est-à-dire des amas de parties élémentaires figu-rées de maniéré à pouvoir se toucher Sc s'unirpar des surfaces. Les cendres des animaux ,comme des végétaux , se séparent aisémentcntr'elles par l'agitation du moindre souffle.Donc les aggrégés primitifs de corpusculessimples ont presque tous besoin pour formerdes solides, de quelque moyen intermé-diaire , de quelque espece de glu , de colle ,qui les retienne dans l’état de cohésion , enétendant leur surface conriguë , en multi-pliant par conséquent les points de contact.Dès que ce moyen , quel qu’il íoit, est en-levé , les petites parties qui composent les so-lides se dissipent aisément en poussière. Inex-périence nous engage à penser que ce quiconstitue cette colle est de nature aqueuse ouhuileuse ; la chose peut être rendue sensiblepar un exemple.

Que l'on prenne des cendres bien lavées,pour les dépouiller de tout sel , que l'on enfaste un creuset ; il faut pour cet effet paîrrirces cendres avec de l'eau : la pâte étant for-mée Sc séchée , elles restent unies en uncorps solide , mais qui est percé comme unfiltre. Si on paîtrit les mêmes cendresavec de l'huile , encore fous forme de vase ,& que l’on les faste sécher dans un four afinque l'huile le cuise , c’est-à-dire que les par-ties aqueuses s'en séparent, alors ces cendresauront une très-grande force de cohésion ,Sc ce vase ainsi formé sera très-ferme. Sicependant à force de feu , on vient à expul-ser de sa substance toute l’huile qui y étoitincorporée , les cendres retourneront enpoussière comme auparavant. C'est ainsiqu'une sécheresse de temps de longue durée ,fait que la terre qui formoit de la boue , tantqu’elle étoit mêlée avec de l'eau , se réduiten poudre volatile que le vent agite , enlevesous forme de nuée. Si- tôt qu’il vient à pleu-voir , cette même poudre venant à être dé-

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trempée de nouveau , retourne en boue Scforme une pâte si tenace, si gluante, qu’ellepeut par son adhérence aux roues des voitu-res en arrêter le mouvement, en les retenantavec plus de force qu’elles ne font tirées.

Il fuit de ces raisonnemens appuyés furdes comparaisons de faits, qu’il doit entrerquelque substance glutineuse dans la com-position des fibres animales ; mais ce quisemble prouver invinciblement que la choseest ainsi, c’est 1 expérience faite sur les fibresmême, c’est-à-dire fur des parties qui en fontcomposées. r°. Si l’on prend de ces parties ,comme quelque portion charnue, bien lavéepour en séparer le sang , ensorte qu’elle soitdevenue bien blanche , & que l’on la fasteensuite bouillir dans de l’eau pendant long-temps, elle se change en une matière in-forme , qui n’est que gélatineuse ; ce quesavent bien ceux qui sont la colle forte, pourlaquelle ils réemploient que des morceauxde peaux , de tendons , de membranes car-tilagineuses de differens animaux , dont ilsfont de sortes décoctions ; la dissipation desparties aqueuses laisse un résidu fous formede gelée , qui , étant desséchée , devientextrêmement ferme Sc compacte comme dela corne. i°. Les parties les plus dures, lezos peuvent être réduits par la coction ensubstance de gelée , comme on le prouve parles effets de la machine de Lapin , Sc par['expérience de Clopton Havtrs rapportéedans son ouvrage intitulé nova ofieotogia.V°y e í Digesteur. }°. La partie mucilagi-neuse du sang séparée de la partie rouge parl’agitation , la conquassation , étendue enforme de lame , & ainsi séchée , paroît êtreune membrane fibreuse , qui imite celles qutfont véritablement organisées ; de maniéréqu’on peut la conserver long - temps danscet état , félon ce qui est rapporté dans létrésor anatomique de Ruysch, 4 °. Cettemême partie gélatineuse séparée du sang , delaquelle il vient d’être fait mention , étantfraîche Sc mise en masse, comprimée parquelque moyen que ce soit, Sc rendue unpeu compacte, a souvent été prise pour de lavraie chair fibreuse , comme il arrive sur-tout àl’égard des concrétions qui se formentdans le cœur , dans la matrice , que l’onprend pour des polybes, pour des môles,Sc qui en ont souyent imposé , même à desM m z