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Et c'est ici qu’il faut commencer à mettre enœuvre ia théorie des fibres sensibles. Leurtempérament est f unique source des modifi-cations qu’éprouve faction des objets endifférons individus. Ainsi , quand on suppo-serait une parfaite ressemblance entre lesâmes humaines, il suffirait qu’il y eut de ladifférence entre les corps , Sc spécialemententre 1 es fibres, pour qu’il y en eût aussi dansles sensations.
Le tempérament d’une fibre peut être dé-fini , l'aptitude plus ou moins grande decette fibre à céder à l’impreífion de l’objet.Cette aptitude tient en général aux propor-tions de la fibre & à la facilité qu'ont ses mo-lécules de glisser les unes fur les autres , oude s’écarter les unes des autres. Ainsi , ensupposant que faction d’un objet sur deuxindividus soit précisément la même, celui-làsera le plus sensible à cette action , dont lesfibres seront les plus mobiles ; si cette mobi-lité est excessive , f individu aura une sensa-tion désagréable, les molécules tendront à sedésunir. Si les fibres au contraire n’ont quepeu de mobilité, fíndividu ne fera affectéque très-foiblement. Il le fera dans la pro-portion qui fait le plaisir, si les fibres ont unemobilité tempérée. La même sensation peutdonc être agréable à f un 8c désagréable à f au-tre , dans un rapport déterminé au tempé-rament des fibres de chaque sujet. Enfin ,entre deux sensations agréables qu éprouvéun individu', celle dont les vibrations sentiesplus accélérées , fans f être trop , f affecte leplus agréablement. On rend plus aisémentraison de cette variété de modifications parles fibres que par les esprits animaux , parceque f imagination a plus de prise sur celles-làque sur ceux-ci. D'ailleurs f existence desnerfs n'est point douteuse ; ils tombent seusles sens ; nous suivons à f œil leurs princi-pales ramifications. Ils concourent certaine-ment à la production des sensations, quoiquenous ne puissions pas dire précisément quelleest la part qu ils ont à cette production , niComment ils s’affocient aux esprits.
Quant à faction de famé , on conçoitbien qu elle ne saurait mouvoir à la façon ducorps, puisqu'elle ri est pas corps , maisfeffet de fia force motrice a un certain rap-port à feffet de la force motrice du corps :c'est-à-dire qu’elle produit fur les fibres sen-Tome XIV.
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sîbîes des impressions analogues à celles qu’yproduirait f activité des objets, ou des cor-puscules qui en émanent. Agir, cestpro-duire un certain effet : quand lame agit , ilfaut que feffet existe hors d'elle , ou mr soncorps. Ce n’est pas fur la sensation même quefamé agit, certe sensation n'étant que faméelle-même modifiée d une certaine maniéré.C’est donc sur les fibres dont le mouvementproduit la sensation, que famé exerce sonactivité.
Mais quel effet famé produit elle fur cesfibres ? Pour parvenir à le connoître en gé-néral , il faut observer ce qui résulte del’attention qu’on donne à un objet préféra-blement à d'autres objets placés en mêmetemps seus les yeux , & supposes faire uneimpression à peu près égale. Déterminé parquelque motif à donner son attention à l’unde ces objets, on fixe ses yeux fur lui. Aussi-tôt la perception de cet objet devient plusvive : íes perceptions des objets voisins s’af-soiblissent. Bientôt on vient à découvrir danscet objet des particularités qui avoient d’a-bord échappé. A mesure que l’attention re-double, les impressions de fobjec se fortifient& se multiplient. Enfin , tout cela peutcroître à un tel point, qu’on ne soit presqueplus affecté que de cet objet. Voilà des faitsqui nous apprennent que f attention augmentefintensité des mouvemens imprimés par lesobjets.
Lorsqu'il existe un motif propre à exciterl’attention pour un objet, famé réagit sur lesfibres que l’objet tient en mouvement ; &par certe réaction elle augmente fintensitédu mouvement. Quand on dit que pourvoir , il faut regarder, que pour entendre ilfaut écouter, on exprime cette réaction defamé sur les fibres qu’un objet tient en mou-vement. Il y a distraction par rapport à cetobjet , routes les fois que la réaction estnulle : ce qui arrive toutes les sois que faméoccupée d’autres objets, concentre toute sonactivité sor les fibres appropriées à ces objets.Comme les fibres sensibles Sc mobiles ontsoin d’esprit pour s’acquitter de leurs fonc-tions , tout ce qui tend à augmenter ou àdiminuer la quantité du fluide nerveux, aug-mente ou diminue f activité des fibres. Leîuide nerveux se distribue donc aux fibresdans un certain rapport à la somme d'aiction
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