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Tome quatorzième.
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FIE

y étoìent d’ancienneté. C’est ainsi que Taf-sillon postedoit le duché de Bavière, à con-dition d’un hommage; & ce duché eût appar-tenu à ses defcendans, si Charlemagne ayantvaincu ce prince n eût dépouillé le pere 8cles enfans.

Il y a auílî des historiens qui rappor-tent l’établistement des fiefs en France au roiRaoul j lequel, pour gagner l’affiction desgrands, fut obligé de leur donner plusieursdomaines,

D’autres enfin fixent cette époque au tempsde Hugues Laper.

Mais nonobstant ces diverses opinions ,il paroît constant que l’ufage des fiefs estvenu en France du nord ; qu’il y fut apportépar les Francs lorfqu’ils firent la conquêtedes Gaules.

M. Schilter, en ses notes fur le traité desfiefs de Struvius , remarque que ce n’estpoint aux seuls Lombards qu’on doit l’ori-gine des fiefs ; qu ils étoient en usage enAllemagne, avant que le droit des Lombardsy eût été reçu ; que les François ont beau-coup plus contribué que les Lombards à in-troduire l’ufage des fiefs; que c’est par euxque les fiefs ont paífé en Allemagne.

Il observe encore que les fiefs font incon-nus en Espagne , quoique les Visigoths s’ysoient établis : doit il inféré que cet usagen’étoit pas commun à tous les peuples deGermanie ; qu’il s’est introduit peu aprèschez les François Sc les Lombards, depuisque les uns & les autres furent sortis de Ger-manie : il y a lieu de croire que les Francsavoient emprunté cet usage des Saxons.

Il est vrai que le terme de fief étoit tota-lement inconnu fous la premiere race denos rois : aussi n’en est-il rien dit dans laloi falique ni dans celle des ripuariens : iln’y est parlé que des terres faliques & desaïeux. Les aïeux étoient les biens libres quiétoient demeurés aux anciens propriétaires :les terres faliques étoient celles qui étoientdonnées aux officiers 8c soldats, jure bene-ficiì , c’est-à-dire, à titre de bienfait Sc derécompense , 8c à la charge du service mi-litaire. Ce fut à ce titre que Clovis donnaMelun à Aurélien , jure beneficii conceffit :ainsi ces bénéfices qui font les premiers fon-demens des fiefs , font aussi anciens que lamonarchie.

Dumoulin ne doute point que ces dis-tributions de terres appellées bénéfices , dontl’ufage avoir commencé chez les Romains,ne soient la premiere origine de nos fiefs ;c’est pourquoi il fe sert indifféremment desmots bénéfice Sc fief, quoiqu’il y ait une dif-férence essentielle entre bénéfice Sc fief. Est-ceque ces bénéfices n’obligeoient point à la foi8c hommage, ni aux autres devoirs féodaux ?d’ailleurs ces bénéfices n’étoient point héré-ditaires.

L’ufage que l’on obfervoit, par rapportà ces bénéfices, éprouva plusieurs chan-gemens.

Dans le premier état, le seigneur en pou-voir dépouiller arbitrairement le vassal. Ilsfurent ensuite annals, comme étoient tou-tes les commissions, puis on les concédapour la vie du vassal. Les seigneurs accor-dèrent après, que le ^ze/’passeroit à celui desfils du vassal qu’ils voudroient choisir ; Sccomme on choiûssoit ordinairement l'ainé ,c’est peut-être de-li que viennent les préro-gatives que les ainés mâles ont conservéesdans \es fiefs : les autres fils obtinrent, parsuccession de temps, le droit de partageravec l’ainé. Ce droit de succéder fur étenduaux petits-fils, 8c même à défaut de defcen-dans , au frere, si c’étoit un fief ancien.

Les femmes ne fuccédoient pas d’abordaux fiefs , ni les collatéraux au-delà des cou-sins-germains ; dans la fuite les collatérauxsuccédèrent jufqu’au feptieme degré , 8c pré-sentement ils succèdent à l’infini. En FranCeles femelles concourent avec les mâles endirecte , 8c succèdent en collatérale à dé-faut de mâles; mais en Allemagne 8c enItalie, elles font encore exclufes des fiefs.

On ne peut pas fixer précisément le tempsauquel ces changemens arrivèrent, car lesfiefs n’ont pas été établis tous à la fois fur lepié qu’ils font présentement : ces change-mens s’introduiíirent peu à peu en diverslieux 8c en divers temps, 8c d’une maniérédifférente.

Les ducs 8c les comtes , établis d’abordpar les Romains 8c conservés ensuite par lesFrançois , de simples officiers qu’ils étoient ,fe rendirent peu à peu seigneurs de leurgouvernement : les comtes étoient vassauxdes ducs, 8c ces comtes fe firent eux-mêmes| des vassaux : de-là vinrent les arriere-fiefs {