zza FIE
de droits réels à prendre fur des immeublestels que le cens, rentes foncières, dixmes,champarts, &c. les propriétaires de ces droitsfont obligés d'en faire la foi au seigneur dontils les tiennent.
Les justices seigneuriales íont austì toutestenues en fief du roi, 6 c attachées à quelquefief corporel dont elles ne peuvent être sé-parées par le postèstèur.
L origine des fiefs est un des points lesplus obscurs & les plus embrouillés de notrehistoire ; elle paroît venir de l’ancienne cou-tume de toutes les nations, d’imposer unhommage & un tribut au plus foible.
Plusieurs tiennent que les fiefs étoientabsolument inconnus aux Romains; parcequ'en effet il n’en est point parlé dans leursloix : il est néanmoins certain que les empe-reurs romains donnerent à leurs capitaines& à leurs soldats des terres conquises fur lesennemis, avec des esclaves & des animauxpour les cultiver ; ces concessions surent faitesà la charge de l’hommage ou reconnoissanceenvers celui dont ils tenoient ces bienfaits,& à condition de ne passer aux enfans mâlesqu’au cas qu’ils portassent les armes. S'iln’y avoir que des filles, ou que les garçonsne portassent pas les armes, l’empereur don-noit les terres à d'autres officiers ou sol-dats; ce qu il faisoit, dit Lampride en lavie de Sévere, pour les engager à mieuxdéfendre les frontières qui étoient devenuesleur propre bien. On trouve plusieurs exem-ples de ces concessions fous les empereursAlexandre Sévere & Probus, l’un mort l’anLii ; Pautre, en 2.82..
On trouve donc dès le temps des Romainsle premier modele des fiefs , &c l’obligationdu service militaire imposée aux posièsseurs ;& comme c’étoient principalement les terresdes frontières que l’on accordoit ainsi auxofficiers , on peut rapporter à cette époquela premiere origine de nos marquis , qui,dans leur institution, étoient destinés à gar-der les marches ou frontières du royaume.
Comme les empereurs faisoient ces sortesde concessions dans les pays qu’ils avoientconquis, on conçoit qu’ils ne manquèrent pasd’en faire dans les Gaules, que Jules Césaravoir réduites en province romaine.
Quelques auteurs croient entrevoir destraces des devoirs réciproques du seigneur
FIE
& du vassal, dans l’ancienne relation qu’ily avoir entre le patron & le client.
Il faut néanmoins convenir que les Ro-mains n’avoient point dans leurs états defiefs tels qu’ils ont été pratiqués en France,fur- tout depuis le temps de la seconde racede nos rois.
Mezeray prétend que la donation des fiefsa la noblesse de France commença fous Char-les Martel.
D’autres tiennent que Pu sage des fiefsnous est venu des Lombards, & que Char-lemagne l’emprunta d’eux. Il est certain eneffet que les Lombards furent les premiersqui érigèrent des duchés, pour relever enfief de leur état.
Ces peuples voyant en 584 que l’empe-reur Maurice vouloir faire les derniers effortspour les exterminer, remirent leur état enroyaume : néanmoins les trente - six ducsqui gouvernoient leurs villes, les gardèrenten propre & à titre héréditaire ; mais ils de-meurèrent obligés envers le roi à certains de-voirs , particulièrement de lui obéir & le sui-vre en guerre. Spolette & Benevent surentsous les Lombards des duchés héréditairesavant Charlemagne.
Ce qui a pu accréditer cette opinion, estque les livres des fiefs que l’on a joints aucorps de droit, font principalement l’ouvra-ge de deux jurisconsultes Lombards nom-més Gérard le Noir & Oeert de Horto , quiétoient consuls de Milan en 1158; ce fontles jurisconsultes Lombards qui ont em-brouillé le droit des fiefs des subtilités dudigeste ; celui de France étoit auparavant fortsimple.
D’autres encore pensent que Charlema-gne prit l’idée des fiefs chez les peuples dunord : en effet, comme on l’a déja observé,le mot fief paroît venir du mot saxon feod ,qui signifie la jouissance ou la pojsefjìon dela solde ; & de feod on a fait feodum , & enfrarçois/íWtf/.
Quelques-uns pour concilier ces deux der-nieres opinions , disent que Charlemagne ,après avoir pris l’idée des fiefs chez les peu-ples du nord , s’y confirma par l’exempledes Lombards ; & qu’après en avoir fait l’ex-périence en Italie, il estima tant cette po-lice , qu’il l’introduisit dans tous les pays oùil le put faire fans détruire les loix qui